‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 61 sur 345 · VIII, p. 622, p · texte numérisé non relu

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peuvent se subordonner aux fins vraies de la nature humaine. (( Le sauvage, dit Kant, se tient au-dessous de la nature de l'homme; l'homme dans le luxe erre en dehors des hmites qu'elle a ; Thomme moralement façonné va audessus d'elle '. » Kant conçoit donc un idéal de l'humanité, qui au lieu de restreindre le développement des facultés humaines, le tournerait seulement dans le sens de la conscience : le retour à la simplicité naturelle doit être une conversion, non une dégradation de notre vie '\

Ce qui inspire en tous cas ces réflexions éparses, c'est le souci d'émanciper l'homme des formules conventionnelles avec lesquelles la métaphysique a pris un air de science : cela, dans l'intérêt même de la morahté et des vérités suprasensibles que cette métaphysique prétendait sauvegarder. C'est ainsi qu'il faut repousser énergiquement l'idée d'une religion naturelle, telle qu'on l'entend d'habitude: car, selon cette idée, il ne pourrait y avoir religion que là oti il y a science, et à ce compte la religion n'unirait pas tous les liommes. Aussi peut-on dire que l'homme à l'état de nature, sans religion, est supérieur à l'homme civihsé qui professe la simple religion naturelle; car, chez ce dernier, la moralité, qui est dans son essence le principe invisible de toute vie rehgieuse, n'existe que pour faire contrepoids à sa corruption : elle ne saurait donc avoir de vertu positive et révélatrice. 11 ne faut parler de religion naturelle que là 011 il y a moralité naturelle, et, en ce sens, une rehgion naturelle peut fort bien se concilier avec une théologie surnaturelle comme la théologie chrétienne. Ce qu'il y a de

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