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2, Kant déclarera plus tard que l'état de nature révèle aussi bien que l'état «le civilisation un pencliant primitif au mal. Die Religion innerhalh der drenzeit der blosscn Vernunjh VI, p. 127. Et il interprétera aussi dans un sens rationaliste les princij)es d'éducation posés par Rousseau : « En quoi l'idée de la raison est-elle dill'érenle de l'idéal delà faculté d'imaginer P L'idée est une règle universelle in ahstracto, l'idéal est un cas particulier que je fais rentrer sous celte règle. C'est ainsi par exemple que l'Emile de Rousseau, que l'éducation à donnera Emile est une véritable idée de la raison. » Vorlesungen iiher die philosuphische Jieligionsle/ire, éd. par Pôlitz. a'" éd., p. 3.
LA PHILOSOPHIE PIWTIQLE DE K A>T
surnaturel dans le Christianisme, c'est, avec sa doctrine, la force nécessaire pour la mettre en pratique : mais par la moralité qu'il comporte et qu'il suppose, le ( Jiristiajiisme rejoint la foi naturelle. Naturelle ou surnaturelle, c'est toujours la foi qui nous révèle Dieu, non la spéculation. (( Ou bien la connaissance de Dieu est spéculative, et alors elle est incertaine, exposée à de dangereuses erreurs; ou bien elle est morale, elle se produit par la foi, et alors elle ne considère d'autres attributs de Dieu que ceux qui ont trait à la moralité '. » Si la piété est le complément de la bonté morale, la moralité naturelle est la pierre de touche de toute religion ". C'est par le retour à la moralité naturelle que nous eflacerons les désordres dont on invoque le scandale contre la Providence, et dont 1 apparente existence tient à la perversion de nos désirs '\
Ainsi Rousseau achève de pousser Kant hors des voies du rationalisme AvolfTien, et il se rencontre avec les philosophes anglais pour le porter à voir dans le sentiment l'origine de la moralité. Mais concordantes par là, 1 iniluence des Anglais et l'influence de Rousseau n'ont pénétré ni dans l'intelligence, ni dans l'âme de Kant au même degré de profondeur. Dans leur façon d'analyser les sentiments moraux, les Anglais sont encore des théoriciens, tout proches du concret assurément, très dégagés de toute scolastique, très hostiles à ces transpositions intellectuelles qui altèrent le réel sous prétexte d'en rendre compte, mais des théoriciens quand mrme, de raison lucide et un peu courte, qui considèrent la nature humaine comme elle se présente à leurs yeux d'hommes très particulièrement sociables, et qui ne tentent aucun elVorl d'exploration vers des sources plus intimes et plus mystérieuses de la vie morale : leur optimisme s'accommode de l'existence telle qu elle est faite, ne discerne guère les conventions et les