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3. Les rêveries de Swedenborg ont été tout au moins po\ir Kant l'occasion de faire rentrer dans son esprit la distinction platonicienne du monde sensible et du monde intelligible, et il semble que Kant ait avoué lui-môme cette suggestion du visionnaire dans ses Leçons sur la Métaphysique, publiées par Ptilitz : « A. la vérité, cette idée de l'autre monde ne peut être démontrée, mais c'est une hypothèse nécessaire de la raison. — La pensée de Swedenborg
sur ce sujet est tout à fait subliuie. Il dit : le monde des esprits constitue un
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vant les problèmes qui dépassent rcxpérlcnce, rcntciidcment théorique, sans autre mobile que sa curiosité propre, resterait indilFércnt : le besoin métaphysique de la pensée humaine n'est si impérieux que parce ([u'il tient secrètement à Tespérance d'une autre vie et à la moralité, source pure de cette espérance'. Produit le plus rationnel de ce besoin, la conception d'un monde intelHgible a dabord cet avantage très réel, quoique négatif, de marquer avec rigueur les limites de notre connaissance, d'empêcher qu'au nom de rcxpérlcnce on ne dogmatise contre rexistence des esprits'. Développée en un sens positif, avec une matière spéculative dont la philosophie leibnizlenne fournit la plus grande part", elle peut paraître, lautc dune faculté qui en
univers réel particulier; c'est le monde inteUiiiihlp qui doit être distingue du monde sensible que voici. Il dit: toutes les natures spirituelles sont en rapport les unes avec les autres ; seulement la communauté et l'union des esprits ne sont pas liées au corps comme condition ; im esprit n'y sera pas loin ou près d'un autre, mais c'est une liaison spirituelle. Or nos âmes, en tant qu'esprits, soutiennent ce rap[)ort et participent de celle communauté, et déjà même dans ce monde-ci; seulement nous ne nous voyons pas dans cette communauté, parce que nous avons encore une intuition sensible; mais bien que nous ne nous y voyions pas, nous n'y sommes pas moins. Quand une fois l'obstacle à l intuition spirituelle sera levé, nous nous verrons dans cette communauté spirituelle, et c'est là l'autre monde: et ce no sont pas d'autres choses, ce sont les mêmes choses que seulement nous vovons autrement n,Vorlesuni>[en iiher die Metaphysik, p. 207. — Un peu plus loin (p. aôy), Kant objecte à Swedenborg qu'une intuition présente, c'est à-dire sensible, du monde intelligible est une faculté contradictoire. — Dans la partie correspondante de Leçons sur la Métaphysique qui sont vraisemblablement de 1 71)0 179 1 (manuscrit désigne [>ar Heiil'ze soiis la rubrique \.i et cdilé |>arlicllement par lui) Swedenborg est mentionne sans éloge, et ses idées sur la communication desesi»rits nettement re[)oussées, comme échappant à tout contrôle et à toute règle d'analogie sérieuse, lleinze, Vortesuni,'en Kunts liher Metaphysik, p. 678 [198]. I. Il, p. 357.