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Tespace est un concept fondamental auquel sont subordonnées les choses sensibles ; par suite les choses sensibles, rapportées à l'espace comme à leur condition, vont perdre leur caractère de choses en soi pour n'être plus que des phénomènes. Seulement, pour que leur existence purement phénoménale lut indiscutablement reconnue, il fallait que ce concept d'espace fiit dépouillé de tout attribut plus ou moins ontologique qui aurait pu pénétrer dans les objets eux-mêmes, que la réalité de Tespace devînt une réalité en quelque sorte idéale et formelle, la simple loi de l'acte de la perception. Ce progrès décisif fut sans doute accompli dans cette année 17C9 dont kant a dit, quelle lui donna une grande lumière '. Il fut dii. send^le-t-il, à la conscience nellJ'que prit kant de la portée et de l'origine de ces antinomies qu'il avait de tout temps discernées dans la science et dont il se plaisait à reprendre, pour les développer dans toute leur force, les thèses contradictoires". Les antinomies provenaient maintenant à ses yeux de la tendance de l'esprit, aussi inévitable cprillusoirc. à prendre les objets de la sensibihté pour des choses en soi. Mais du moment que les propriétés originaires de l'espace empêchent que les données qu'il enveloppe soient comprises en lui comme choses en soi, n'est-il pas naturel d'admettre que la faculté de percevoir repose, non pas essentiellement sur les objets qu'elle embrasse, mais sur sa façon constitutive de les embrasser, qu'il y a, en d'autres termes, des conditions a priori de la faculté de percevoir, qui déterminent les objets par rapport à elle, mais qui ne valent aussi que pour elle.^ De la sorte, la distinction du monde sensible et du monde
,. « Das Jahr 69 gab mir grosses Liclit. » Benno Erdmann, Kants Re-
' 2 Benno Krdmann, Kants Rep^xwnen. Il, n" '1, no d 1>^ 4-a. ^ • Und rindroduclion, p. xxx.v sq.-Riehl, /).v- />///7«^;o/>///.sr//. A//m•^^m./.^ I, n 2-79 2-5 II P 284 V. le § I de la première section de la Dissertation ào '1770 '(Z>e la notion du monde en général), où sont signalées les contradictions auxquelles se heurte l'esprit dans la régression des composes au simple et dans la progression des parties a,, tout, quand il ne respecte pas la distinction essentielle de la sensibilité et de l'entendement.
PRESSExNTlMENTS d'lNE MÉTAPHYSIQUE NOIVELLE
l'iQ
inlclli«^ible est, en même temps que la vérité requise par la morale, la vérité théorique essentielle qui affranchit la science de la contradiction. Fondé en principe, l'idéahsme transccndantal sert à la fois à justifier et à définir le rationahsme, et le rationalisme va revendiquer dans la pensée de Kant le droit qu'il a de garantir par lui seul la certitude delà moralité, comme toute certitude en général.