II, p
3. II, p. '|o3. — Mendelssohn. dans une lettre à kant du 35 décembre 1770, proteste contre ce rapprochement de Shaftesbury et d'Épicure : « ^ ous rangez lord Shaftesbury parmi ceux qui suivent au moins de loin Epicure, J'ai cru juscpi'à aujourd'hui qu'il fallait soigneusement distinguer de la volupté d'Epicure l'instinct moral de Shaftesbury. Celui-ci est simplement aux yeux du philosophe anglais une faculté innée de distinguer le bien et le mal par le sentiment. Pour Epicure au contraire, la volujtté devait être non seiilementun critérium du bien, mais le souverain bien lui-même. » liiiefvechselA, p- 109-110.
4. « ... weil ailes (jefiihl siinilich ist ». Kntih ch'r pvaktischen Vernufift, V, p. 80.
du rationalisme en morale n'a pas pu exclure du fond de la pensée de Kant certaines notions acquises au cours de son examen du rationalisme wollTien, la notion, en particulier, d'une dilTérence essentielle entre les facultés de connaître et les facultés morales ; mais des deux conceptions qu'il tachera ultérieurement d'unir, la conception de l'unité de la raison, et la conception de la diversité de ses usages dans Tordre théorique et dans l'ordre pratique', il semble bien que ce soit la première qui en 1770 soit prépondérante : c'est ainsi que l'idée de perfection, qui avait été ramenée par Kant à n'avoir qu'une signification pratique, redevient le principe commun de la pratique et de la théorie -. En tout cas, une tache pour Kant reste désormais prescrite: c'est qu'il faut à nouveau chercher dans la raison ce qui explique et ce qui justifie la moralité humaine.
Kant avait conscience d'avoir dans sa Dissevialion établi des principes fermes pour le développement ultérieur de sa pensée. Récrivait à Lambert le 9. septembre 1770 : « Il y a un an environ, je suis arrivé, je m'en ilatte, à cette conception que je ne crains pas d'avoir jamais à changer, mais que j'aurai sans doute à étendre, et qui permet d'examiner les questions métaphysiques de toute espèce d'après des critères tout à fait sûrs et aisés, et de décider avec certitude dans quelle mesure elles peuvent être résolues (ju non \ » Il ajoutait : (( Pour me remettre d'une longue indisposition qui m'a éprouvé tout cet été, et pour ne pas être cependant sans occupations aux heures de hberté,
1. La distinction du théorique et du pratique est indiquée par Kant en uole : « Nous considérons une chose théoriquement, quand nous ne faisons 'Utnlion qu'à ce qui appartient à un être, pratiquement au contraire, quand nous avons en vue ce qui doit être en lui par la liberté », II, p. 4o3. Kant conservera cette définition de ce qui est pratique.