‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 88 sur 345 · LES LEÇONS SLR LA METAPHYSIQUE · texte numérisé non relu

LES LEÇONS SLR LA METAPHYSIQUE

louchent à la philosophie pratique s'est déterminée, avant la Critique de la Raison pure, la pensée kantienne ? Il semble aujourd'hui que l'on puisse, sans un trop grand risque d'erreur, se servir, pour le moment antérieur à 178 1 , des Leço/is sur la Métaphysique, pubhécs en 1821 par Pôlitz *. Dans ces Leçons, les concepts métaphysiques qui intéressent la morale, les concepts de la hberté, de Fimmorta- Hté, de Dieu sont considérés à un double point de vue, selon qu'il s'agit d'en étabhr la valeur rationnelle pure, hors de tout recours à l'expérience, ou d'en étabhr le rapport soit

I. C'est Benno Erdmann qui le premier a eu le mérite de montrer le parti que Ion pouvatl tirer des /,n;o/is sur la Métaphysique publiées par lV,litz pour connaître révolution de la pensée kantienne entre 1770 et 1-81 V Eine iinhenchlet ^ehlichene Quelle zur EnUvicklungsgoscluchte Kants Philosophische Monatshefte, XIX, p. i-.g-iU; Mittheilungen iïber Kants\netaphysisduyi Standpunkt indov Zeil uni 1774, l^liilosophisclie Monatsliefte, \\, p. 1)0-97. — ^enno Erdmann estune que ces Leçons ont été faites aux environs de 177^ 11 se ]>eut que cette date doive être quelque peu reculée, ainsi que 1 a établi Heinze dans le remarquable travail critique qu'il a fait sur le texte de Polilz et les autres manuscrits de Leçons sur La Métapliysique mis au jour depuis, Vorlesuugen Kants ùher Melaphrsik aus drei Semestevn KS9 I, p. 29-^7 (009-017). En effet dans les Leçons publiées par Pôlitz il est q.ie.stion de Crusms comme de quelqu'un qui est mort (p. i/JG); une autre mention de Crusms en ce même sens se trouve dans les deux autres manuscri s qui donnent à quelques variantes près le même texte que le manuscrit utilise par Politz (v. Heinze. p. h/, r()74j). Or Crusius étantmort leiSoctobre 1770, les Leçons ne pourraient avoir été faites au plus tôt qu'en i775-i-'-6 1 ne semble pas cependant, comme le veut l'adversaire intraitable de toutes les hypotbcses de Benno Erdmann, Emil Arnoldt, Kritische Excurse un Mnete der Aant-Forschung, p. 417 sq., que la date ne puisse en être fixée aAant 1779 et qu elle doive selon toute probabilité être reportée à 1788-84 La |.reuve externe, destinée à montrer que 1779 est ^a date au delà de laquelle on ne peut remonter, et tirée par Arnoldt d'un passage de Leçons qui paraît indiquer que Sulzer à cette époque est mort (Sulzer est mort en février i--q) reste très douteuse, comme l'a établi Heinze, p. 35-36 (5i5-5i0). - En revanche la preuve interne qui tend à fixer la date avant la Critique, fondée sur le caractère encore très nettement dogmatique par endroit des Leçons, surtout des /.econs consacrées à la psychologie, sur l'inachèvement du système des catégories par comparaison avec celui qui est exposé dans la Critique, paraît avoir, f ans 1 état actuel de la question, une portée prépondérante. x>fous acceptons donc la conclusion de Heinze : c'est entre 1775-1776 et 1779-1780 que les Arro//^ .s///; la Métaphysique ont du être professées : une date plus précisément dehnie est impossible.

II va sans dire que dans le texte publié par Pôlitz nous ne faisons pas usa^e ^^Gs Prolégomènes et de V Ontologie qui, selon l'avertissement de l'éditeur sont tires d un manuscrit de leçons ultérieures, dont il a, au surplus, mal marque la date. ^

1,V I>II11.<JS01>1IIE l'UMKlIE riK KXNT

à quelque fait directement saisissable, soit à des mot.U cIT.caces de eonvietion : de là un dualisme le duahsme pou.-rait-on dire, du transcendanlal et du praUquc, dont a philosophie ultérieure de kant seflbrcera diversement de

définir la proportion. , n ,'„.,

C'estainsiciue.danslapsycholog.ccmpinciue,lahberlcest

traitée comme liberté psvcholosi<,ue <m prat.qne, tandis nue dans la psvcholog.e rationnelle, elle est tra.tee connue liberté iranscendantale. A dire vrai, la .list.nct.on entre ces deux sortes de liberté nest pas toujours exprimée d une laçon parfaitement nette : il sen.ble parlo.s .p.e la hbcrle iranscendantale soit comme la limite supérieure ou 1 achèvement de la liberté prali.p.c ' : mais ce n'est la sans doute quune façon de marquer la relation .p. .1 v a entre elles sans eilacer pour cela la dilVérencc originaire de leurs significations. . 1 '. • „ La liberté psychologique ou pralique est une deleruunaûon spéciale de la laeulté de désuer \ Si, a la dillereuce de ranimai, l'homme a un libre arbitre, c'est que sa faculté de désirer n'est pas contrainte, même par les mobdes sensibles qui l'atrectent, et ce qui iait que cette iniluence des niobiles sensibles n'est pas fatale, c'est que l'homme est capable d'agir, non seulement par l'impression que les objets font sur lui, mais par la connaissance intellectuelle qu il en prend. La possibilité de substituer des motifs, c est-a-dire des principes objectifs de détermination, aux inobiles. qui ne sont que des principes de détermination subjectifs, est comme un fait d'expérience : (( L'homme sent en Im un pouvoir de ne se laisser contraindre à quoi que ce soit par rien au monde '. » Mais ce pouvoir ne se manifeste ou ne constitue dans l'acte que par sa force de résistance aux im-

I Immanuel Kant's Vorlesungen ïther die MetnphysiL p. 182, i85 a Su kd verses délcrminalio.rs de la faculté de désirer el leur rapport au libre arb l e Kant établit ici des définitions et de. distmct.ons qu. se trouvent reproduiîes dans la CnUrjue de la Rcnson pure, au chapitre n, section i. de la Méthodologie, 111, p. o3o.

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