‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 96 sur 345 · Cf. Krifi/^ der reinen Vernunft, III, p. 455-457, p · texte numérisé non relu

Cf. Krifi/^ der reinen Vernunft, III, p. 455-457, p

volonté doit nécessairement la supposer, s'il ne veut pas agir comme un animal ou un mécliant. Or ce qui est une supposition nécessaire de notre raison est tout comme s'il était lui-même nécessaire. Ainsi les principes subjectifs de la supposition nécessaire sont tout aussi importants que les principes objectifs de la certitude. Lue telle hypothèse, qui est nécessaire, se nomme croyance... La ferme croyance, qui résulte simplement de ce que quelque chose est une condition nécessaire, est quelque chose de si complètement sûr, de si bien fondé subjectivement, que rien de ce qui repose sur des raisons objectives ne peut être mieux affermi dans l'ame que cela. — La solidifé de cette supposition est font aussi forte suhjectivenient fjue la première démonstration objective de la mathématique, quoiqu'elle ne soit pas aussi forte objectivemeut. Si j'ai une ferme conviction subjective, je ne lirai jamais les objections que l'on élève contre... Cette foi subjective est en moi tout aussi ferme et même plus ferme encore que la démonstration mathématique. Car sur cette foi je peux tout parier : tandis que si je devais tout parier sur une démonstration mathématique, je pourrais hésiter ; il pourrait se faire en eiTet qu'il y eût ici quelque point sur lequel l'intelligence se fût trompée ' . »

Précisément parce qu'il admet ce rôle de la foi jusque dans la connaissance théorique de Dieu, Kant peut faire une place, tout en la limitant, aux preuves qui ne prétendent pas à une forme rationnelle aussi pure. Même la théologie transcendantale, qui a l'avantage de nous présenter dans sa pureté le concept de l'Etre nécessaire ou de l'Etre souverainement réel, a le défaut de nous priver du Dieu vivant, que réclament l'intelligence commune et la conscience"; et puisque d'autre part elle ne peut malgré tout son elîbrt produire que des affirmations relatives aux besoins spéculatifs de la raison, elle ne saurait em-

1\ PIIIKOSOIMIIK IMVMlQUi: DK K \M'

nocher, tout en gardant un droit de censure, les autres formes de théologie, dont les aHirmatlons sont relatives aux intérêts pratiques de cette raison même. C est amsi nue la théologie naturelle ([ui présente Dieu comme cause du monde par intelligence et liberté, si elle n atteml pas a une puissance de démonstration parfaite, a du moms une puissance de persuasion très profonde : l'ordre qu elle se plaît à découvrir dans l'univers excite l'activité et contribue à la culture de l'esprit : c'est un ordre de fins, plem d'attrait pour une volonté'. Assurément la théologie naturelle est exposée à l'anthropomorphisme, puisqu elle emprunte à l'expérience de la nature humaine les principaux attributs de Dieu ^ : mais dès qu'elle prend garde que son procédé est purement analogique et ne doit pas aboutir à des assertions dogmatiques, elle a le droit d en user^ Enfin la théologie morale présente Dieu comme un Être souverainement bon et parfaitement saint : elle est fondée sur la nécessité d'admettre que la loi morale, aussi certaine que les autres connaissances de la raison, exige pour les actions bonnes qu'elle ordonne un bonheur en proportion avec elles. Si l'on ne reconnaît pas que, grâce [ un Dieu qui gouverne le monde par une volonté morale le bonheur est assuré à celui qui par sa vertu s en est rendu di<me, la loi morale peut être un principe servant a iu-er, elfe n'est pas un principe servant à agir. Cette sorte de^preuve n'est seulement tirée de raisons pratiques, elle produit elle-même un ellbt pratique : d'où son importance extrême dans l'éducation de Thomnie^ Ainsi, maigre de fréquents retours aux traditions dogmatiques en la matière, surtout sur la question de l'optimisme -, kant incline a faire prévaloir la théologie populaire sur ce qu d appelle

Page 1