‹ La philosophie pratique de Kant [microform]Chapitre 97 sur 345 · P. 334 sq · texte numérisé non relu

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V. plus loin (leuxlcme partie, chapitre 11.

LES LEÇOS SLll LA METAPHYSIQUE l'J'J

la théologie arrogante : la théologie arrogante, dit-ir, se targue de son érudition et de sa science ; mais pour mesurer la hauteur d'une étoile, à quoi sert la hauteur d'une tour par rapport à la vallée P De même la théologie érudite et raisonneuse apporte bien peu pour la connaissance de Dieu en comparaison de la croyance créée par la considération de la loi morale ; ou plutôt elle est souvent une source de sophismes'.

L'exposition des preuves de l'immortalité et de Texistence de Dieu enveloppe l'idée que Kant se fait de la moralité. Cette idée est bien loin encore d'être épurée de tout alliage eudémoniste. Si Kant n'admet pas que la recherche du bonheur soit le mobile direct de notre con-

1. Passage qu'on ne trouve pas dans le manuscrit édité [)ar Politz, mais dans les deux autres maïuiscrils qui fournissent k quelques variantes j)rès le même texte, — cité par lleinze, Vorlesangen Kants iiher Melapliysik, p. Gi

2. C'est une théologie philosophique qu'expose Kant ici, malgré les tendances et les idées nouvelles par lesquelles il modifie les doctrines religieuses du rationalisme ordinaire. Il ne mentionne qu'en passant le Christianisme. — Dans la nouvelle édition de la Correspondance se trouvent, parmi des lettres de Kant à I^avater, une lettre du 28 avril 1770, ainsi qu'une lettre complémentaire simplement en |)rojet, (pii indiquent ce qu'était alors le Christianisme pour la pensée de Kant. Kant distingue entre la doctrine fondamentale et la doctrine suhsidiaire de l'Evangile : la doctrine fondamentale, la pure doctrine du Christ, c'est que nous devons avoir une foi ahsolue dans l'assistance de Dieu pour achever de réaliser ce qui dans le hien voulu et énergiquement poursuivi par nous dépasse notre pouxoir ; la doctrine suhsidiaire, que constituent Its dogmes du Nouveau Testament, déhnit la nature des prati(pies par los(pielles nous pouvons ohtenir le secours divin. Il est arrivé que les Apôtres ont fait de cette doctrine accessoire la doctrine principale, en raison de la nécessité où ils étaient de s'approprier à l'état des esprits, d'oj)poser aux miracles anciens des miracles nouveaux, aux conceptions dogmatiques juives des conceptions dogmatiques chrétiennes. Il y a lieu de rétahlir dans sa pure vérité le principe de la foi, qui est essentiellement moral, de se convaincre que des statuts religieux peuvent imposer la stricte ohservance, mais non [)roduire la pure disposition du Cdpur, que la lleligion ajoute uniquement à la morale la j)leine et entière conliance dans raccomi)lissemenl, grâce à Dieu, du hien conforme à nos intentions, mais qu'elle n'a pas à nous fournir la fausse et inutile science des voies par lesquelles nous pouvons solliciter avec succès l'assistance divine. Au surplus, aucun livre, aucun enseignement extérieur ne peut se suhstitucr à

I autorité de la loi sainte qui est en nous. Ihief\vechsel, I, p. 1G7 172. Il seiuhle que le conleiui de ces leîtres ruitie les arguments de portée d'ailleurs peu décisive par lesquels Em Arnoldt a essayé d'élahlir une inlluence de Lessing sur la formation des idées religieuses de Kant. V. Kritische Excurse ini GeOiete der Kant-Forschung, p. iy3 sq.

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duite, il conçoit cependant le bonheur plus ou moins idéalisé, non seulement comme la sanction lointame, mais déjà comme VeHet assez prochain de la vertu. xVudessus du plaisir animal, au-dessus môme du plaisir humain, il y a un plaisir spirituel, tout idéal, qui est défini par de purs concepts de l'entendement'. (( La llherté est le plus haut degré de l'activité et de la vie... Quand je sens qu'une chose s'accorde avec le plus haut degré de la liberté, par conséquent avec la vie spirituelle, cette chose me plaît. Ce plaisir est le plaisir intellectuel. On éprouve en lui une satlsfoction sans qu'il y ait jouissance. Un plaisir Intellectuel de ce genre se trouve umrjncmenl dans la morale. Mais d'où ce plaisir vient-il à la morale ? Toute morahté est l'accord de la hberté avec elle-même. Par exemple, celui qui ment ne s'accorde pas avec sa liberté, parce qu'il est entraîné par le mensonge. Mais ce qui est (Vaccordavec la liberlé est d'accord avec la vie lout entière. Or ce nui est d'accord avec la vie tout entière cause duplaisir. » Ainsi l'accord de la liberté avec elle-même, en même temps qu'il constitue l'ordre de la morahté, assure à l'agent le bonheur. Il est concevable par conséquent à un autre point de vue que l'ordre de la moralité puisse avoir pour contenu le bonheur universel auquel tous les êtres moraux participeraient selon ce qui leur est dû, et que chacun d'eux contribuerait par sa conduite à établir. Le bonheur universel, pris pour Un, est pleinement compatible avec la simple intention de bien faire prise comme motif. « Les qualités telles que, par exemple, la force, l'intelhgence, etc., dit Kant, ne sont pas encore choses bonnes. L'homme n'est pas encore bon pour cela seul qu'il les possède ; mais la valeur murale tient à Xusaije qu'il fait de ces qualités. Ce sont des qualités et des (acuités pour toutes sortes de fins : ce n'est pas encore le bien même. Le bien est l'intention de la fin véritable. La disposition bonne, qui

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