‹ La philosophie pratique de KantChapitre 100 sur 361 · V K\IS · texte numérisé non relu

V K\IS

C()iiiportenl comme si elles étaient, non des choses, mais des lois dactivité intellectuelle indéfinie, posant incessamment des problèmes, au lieu de s'immobiliser en des objets absolus. C'est ainsi que dans l'idée s'unissent l'expression d'une causalité transcendante, indéterminable pour notre savoir, comme celle que doivent posséder les choses en soi, et l'expression d'une causalité immanente telle qu'elle est impliquée dans la catégorie : l'idée tient sa vertu de ce double symbolisme.

L'usage théorique des idées, comme principes régidateurs ou comme maximes, représentant, non pas une détermination directe d'objets, mais l'achèvement en quelque sorte obligatoire de l'action de la raison, découvre déjà ce qui est l'usage véritable et complet des idées, leur usage immanent, c'est-à-dire l'usage pratique. Platon, au dire de Kant. trouvait principalement les idées dans ce qui est pratique, dans ce qui repose sur la liberté'. Leur caractère intrinsèque qui est délever leur objet au-dessus de l'expérience sensible les met en accord avec les principes fondamentaux de la morale, supérieurs et irréductibles aux règles empiriques. « En effet, à l'égard de la nature, c'est l'expérience qui nous fournit la règle et qui est la source de la vérité : mais à l'égard des lois morales, c'est l'expérience (hélas !) qui est la mère de l'apparence, et c est une tentative au plus haut point condamnable que de vouloir tirer de ce qui se fait les lois de ce que je dois faire, ou de vouloir les y réduire ". » Dans certaines façons de rejeter les idées au nom de l'expérience se révèle bien moins une connaissance positive de la nature humaine qu'une limitation arbitraire de sa puissance. « Quel peut être le plus haut degré auquel l'humanité doit s'arrêter, et combien grande peut être par conséquent la distance qui subsiste nécessairement entre l'idée et sa réalisation, personne ne peut et ne doit le déterminer, précisément parce

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lii, p. 2O0.

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que la liberté est ce qui peut dépasser toute limite assignée ^ » C'est un préjugé déplorable que celui qui consiste à convertir en obstacles absolus des empêchements momentanés, résultant le plus souvent de l'ignorance ou du mépris de la vérité. La prétendue chimère de la République de Platon apparaît comme l'idéal pratique par excellence, dès qu au lieu de s'imposer en vertu d in Initions effectivement impossibles, elle exprime, selon le sens profond de l'idée, une constitution ayant pour fin la plus grande liberté possible, au moyen de lois qui font que la liberté de chacun s'accorde avec celle de tous les autres et qui ont de là pour conséquence le plus grand bonheur-. Ainsi, d'un côté, tout jugement sur la valeur morale des actes suppose les idées, la conception de l'unité nécessaire et systématique de toutes les fins possibles ; de l'autre, les idées, étant des règles d'action par rapport non à ce qui est, mais à ce qui doit être, sont, au point de vue pratique, douées dune causalité efficace. Enfin ce n'est pas seulement pour l'humanité, considérée dans sa destination morale, qu'elles posent un maximum de perfection, c'est aussi pour les êtres de la nature, considérés dans leur arrangement et leur harmonie ; elles sont donc la source de la finalité naturelle ; à ce titre, elles permettent d'établir une transition des concepts constitutifs de la nature aux concepts pratiques \

Par conséquent il doit être possible de discerner dans la production et l'emploi des idées spéculatives la vertu pratique qu'elles enveloppent. Du rapport qui existe entre la fonction logique et la fonction transcendantale de la raison il résulte que les idées doivent se ramener à trois classes : d'oii trois sortes de problèmes, qui consistent à poursuivre jusqu'à l'inconditionné, le premier, l'unité du sujet pensant, le second, l'unité de la série des conditions des phénomènes: le troisième, funité delà condilioii de tous les ob-

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