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un savoir empirique, jusqu'au moment où, dégagés de leur affectation spéciale et renonçant à produire une science, ils se reconnaissent comme causes d'affirmations légitimes, à coordonner avec les affirmations contraires.
Peut-être la seule thèse de la première antinomie requiert-elle une connexion plus intime des principes intellectuels purs et de leur application à l'expérience, puisqu'elle spécifie que le commencement du monde doit être posé dans le temps comme sa limite dans l'espace. Toute- Ibis Kant observe lui-même que les partisans de la thèse admettent plus ou moins secrètement pour borner le monde sensible, non pas un espace et un temps infiniment vides, mais une sorte de monde intelligible, et il les rappelle à la question, qui concerne, d'après lui, la connaissance et son seul objet possible, à savoir les phénomènes. « Le monde intelligible n'est rien que le concept d'un monde en général, dans lequel on fait aljstraction de toutes les conditions de lintuition de ce monde, et au regard duquel par conséquent il n'est aucune proposition synthétique, ni positive, ni négative, qui soit possible'. » Déjà donc, malgré tout, c'est bien la conception métaphysique d'un monde intelligible qui pousse à affirmer la thèse, et qui, libérée de toute prétention à engendrer un savoir, l'aHranchirait de son caractère antinomique. Mais cette tendance à reproduire dans les thèses les assertions du rationalisme métaphysique, tout en les contraignant à se chercher ime a23plication dans un savoir impossible en soi ou contradictoire avec elles, apparaît bien nettement dans la seconde antinomie. Kant reproduit le raisonnement leibnizien selon lequel le composé inq^lique le simple; seulement tandis que chez Leibniz ce raisonnement conclut, non à des objets de l'intuition sensible, mais à des objets de purs concepts, qui sont les monades, Kant constitue l'opposition à l'antithèse en représentant les substances simples dans l'espace et en
LA CRITIQUE DE LA RMSON PURE 2x3
conA'ertissant les monades en atomes : c'est ainsi qu'il crée (( le principe dialectique de la inonadologie » en imposant l'établissement d'une monadologic physique'.
Toutefois pour la solution des deux premières antinomies le moment n'est pas venu de déployer entière cette affirmation d un monde intelligible qui, plus ou moins transposée, inspire les arguments des thèses. Selon le procédé que nous avons taché d'analyser, Kant approprie cette affirmation à la diversité des questions qu'il doit résoudre. Or les problèmes des limites du monde et de l'existence du simple sont des problèmes essentiellement théoriques, dont la portée pratique n'est qu'indirecte. Des thèses que doit-il donc rester à ce point de vue.^ Négativement, la puissance d'opposition restrictive qui empêche les objets des antithèses de s'ériger en absolus et l'entendement de se prendre pour la faculté de l'inconditionné : positivement, la notion de principes régulateurs qui imposent à la science de ne pas s'arrêter dans la poursuite sans fin des limites du monde et des éléments simples du réel, qui aiguillonnent ainsi l'entendement sans lui permettre de se croire jamais en possession d'une explication totale et suffisante. Le rapport entre le monde intelligible et le monde sensible, que l'interprétation dogmatique des thèses et des antithèses fausse également, devient le rapport entre les problèmes dont la solution adéquate, impossible pour nous, constituerait l'achèvement rationnel du savoir, et les solutions effectives qui, dans les conditions de notre science finie, doivent tendre à cet achèvement sans y prétendre ".
Mais avec la troisième antinomie, comme d'ailleurs avec la quatrième qui par la nature des arguments opposés n'est guère qu'une reproduction de la troisième, la conception d'un monde intelligible, au lieu de se resserrer en des maximes théoriques idéales, s'identifie avec le principe