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23o I.V PHILOSOPHIE PRATIQUE DE KANT
essentielle, parce qu elle remplace l'être souverainement réel de la théologie transcendantale par le Dieu vivant de la théologie naturelle et qu'elle exprime un usage plus immanent de ridée théologique : c'est la preuve par la finalité'. Insuffisante comme preuve, s'inspirant d'une analogie susj^ecte entre les productions de la nature et les produits de l'art humain, elle a l'avatitage de révéler dans la nature une unité faite pour être comprise par une intelligence, de sortir spontanément de la conviction commune et de la fortifier en retour". Elle est fausse en ce qu'elle représente l'unité de la nature comme introduite du dehors par un Etre ordonnateur suprême, au lieu de la supposer a priori dérivée de la nature même et en conformité avec ses lois générales. Mais la conception même d'une finalité est tellement connexe avec l'idéal transcendantal que seule elle peut le déterminer ^
Au surplus, si la tendance que nous avons à convertir l'idéal de la raison pure en un être et en une personne ne peut pas se justifier par la prétendue connaissance qu'elle engendre, il n'en est pas moins vrai qu'elle répond à un progrès de la connaissance vers son achèvement normal. (( Cet idéal de l'Etre souverainement réel est donc, hien qu'il ne soit qu'une simple représentation, d'abord réalisé, c'est-à-dire transformé en objet, puis hypostasié, enfin même, par un progrès naturel de la raison vers l'achèvement de l'unité, personnifié... C'est que l'unité régulatrice