‹ La philosophie pratique de KantChapitre 113 sur 361 · I. III, p · texte numérisé non relu

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3. « Cet argument mérite toujours d'être nommé avec respect. C'est le plus ancien, le plus clair, le mieux approprié à la commune raison humaine. Il vivifie l'étude de la nature en même temps qu'il en tient sa propre existence, et qu'il y puise toujours par là de nouvelles forces. Il introduit des fins et des desseins là où noire observation ne les aurait pas découverts d'elle-même, et il étend notre connaissance de la nature au mojcn d'un fil conducteur d'une unité particulière dont le principe est en dehors de la nature. Or ces connaissances agissent à leur tour sur leur cause, c'est-à-dire sur l'idée qui les jirovoque, et elles fortifient la foi en un suprême auteur du monde jusqu'à en faire une irrésistible conviction. » 111, p. 423-424.

3. H. Cohen {Kanfs Begrundung der Ethik, p. 90) et Aug. Stadier {Kants Toleotogic and ihre erkenntnisstheoretische Bedeutung, p. 36-43)

LA CRITIQIE DE I.A RAISO> PIRE 201

de l'expérience ne repose pas sur les phénomènes euxmêmes (sur la sensibilité toute seule), mais sur lenchainement de ce qu'il y a de divers en eux par l'entendement (dans une aperception), et qu'en conséquence l'unité de la suprême réalité et de la complète déterminabilité (possibilité) de toutes choses semblent résider dans un entendement suprême, par suite dans une intelligence ' . » Kant, selon une tendance dont nous verrons d'autres effets dans la constitution de son système moral, ne s'en tient pas à ce que l'on pourrait appeler le formalisme vide de 1 idée : il est convaincu que l'idée tend à conquérir, selon une déduction progressive, des déterminations de plus en plus riches, en rapport seulement avec 1 usage positif de nos facultés.

Ainsi l'usage de l'idée théologique est avant tout dans la supposition « priori d'un ordre des fins tel qu'une intelligence peut le concevoir et le fonder , et grâce auquel, dans la nature même, une voie s'ouvre à la volonté pratique et à la moralité. Mais ce qui laisse à cette supposition, prise dans son sens général, un caractère hypothétique, c'est quelle ne nous confère pas la puissance de déduire le particulier de la règle universelle ; elle énonce comme un problème la tâche de l'y ramener : de là, dans la relation de l'ordre des fins à l'affirmation de Dieu, un certain caractère (le subjectivité : on satisfait par là à un intérêt de la raison. Mais s'il existe des règles universelles de la raison, posées <i priori, dont le particulier doive se déduire (et il en existe,

ont hit'ii montré Comment la théorie de la finalité dans la Critique du JngeniPiil n'a fait qvie développer le sens de la troisième idée transcendantale. Qii'irnpliqne en effet l'idéal iranscendanlal de la raison spéculative? D'abord laljsolue délerminabililé des choses ; ensuite et en conséquence leur rapport à l'idée d'un tout de la réalité; enfin le schéme d'une intelligence par laquelle on atteint la plus haute unité formelle. Or la notion de finalité, selon Kant, a pour objet d'établir l'intelligibilité du réel dans ses formes particulières les plus éloignées de la généralité du mécanisme ; elle pose l'idée du tout comme condition de l'evistence des parties; et elle enveloppe l'affirmation d'une intelligence par laquelle seule nous pouvons expliquer l'appropriation de la nature à nos facultés de connaître.

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