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suprême qui la fonde. Il paraît sans doute se rapprocher ailleurs davantage de sa future doctrine des postulats quand il invoque rexistcnce de Dieu, pour expliquer, non pas la force obligatoire intrinsèque des lois morales, mais leur force obligatoire pour nous et leur efficacité comme mobiles '; mais là encore la différence n'est pas rigoureusement marquée entre leur autorité directe et l'autorité en quelque sorte additionnelle qu'elles reçoivent de l'affirmation de Dieu. La façon dont la loi morale oblige et nous oblige reste encore insuffisamment définie : il faudrait pour l'éclaircir un principe, qui deviendra plus tard le principe par excellence : la pensée de Kant y tend ; mais elle ne l'a pas dégagé.
Jusqu'à quel point la philosophie de la raison pure détermine- t-elle la doctrine morale dont elle a réservé ou garanti la possibilité.^ Une fois découverte la signification pratique des idées transcendantalcs, peut-on en faire le point de départ d'une déduction des principes moraux.^ Ou bien les principes moraux peuvent-ils être aperçus dans leur ordre d'application propre, sans que la Critique ait d'autre objet que de les laisser en toute liberté déployer leur sens et étabhr leur empire sur la vie humaine? Dans le premier cas, l'extension de la méthode de la Critique rendrait plus manifeste l'unité essentielle de la raison dans la diversité de ses usages ; elle donnerait à la morale une certitude comparable à celle de la philosophie transcendantale, elle répondrait mieux à cet idéal rationahste qui, depuis 1 770, avait expressément reconquis l'esprit de Kant. Dans le second cas, l'approfondissement direct des prescriptions morales et des croyances qui y sont liées permettrait mieux d'en comprendre les traits spécifiques et risque-