‹ La philosophie pratique de KantChapitre 116 sur 361 · m, p. !\oZ!\ok · texte numérisé non relu

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rait moins d'en altérer le naturel : et cette mise à part de la morale répondrait assez aux façons de voir plus anciennes que Kant devait surtout à 1 influence de Rousseau. Maintenant c'était surtout lidéal rationaliste systématifjue qui était le plus fort ; mais il était d'autant moins capable de se réaliser dans son intégrité que pendant plus longtemps la pensée de Kant avait considéré la valeur des conceptions pratiques comme indépendante de toute organisation ration- .nelle. Aussi la Crilique de la Raison pure, outre qu'elle déclare la morale étrangère à la philosophie transcendantale ', présente-t-elle dans le chapitre II delà Méthodologie une esquisse de philosophie morale et religieuse qui, sur certains points, est en désaccord ou ne concorde qu'extérieurement avec les tendances et les conclusions de la Dialecllqae ; en maint endroit on remonte, semble-t-il, vers les conceptions et les formules des Leçons sur la Métaphysique ".

D'abord l'intérêt spéculatif des idées de la raison y est considérablement atténué au profit presque exclusif de leur intérêt pratique ; la liberté du vouloir, l'immortalité de l'ame et l'existence de Dieu y sont conçues comme les fins

1. « Tous les concepts [jrati(|ues se rappoiienlà des objets de sallsfaclion ou d'aversion, c'cst-à dire de plaisir ou de peine, par suite, au moins indirectement, à des objets de notre sentiment. Mais connue le sentiment n'est pas une faculté représentative des choses et qu'il est eu dehors de la faculté de connaître tout entière, les éléments de nos jugements, en tant qu'ils se rapportent au plaisir ou à la peine, appartiennent par conséquent à la philosophie |>ratique, non à la philosophie transcendantale en son ensemble, laquelle n'a affaire qu'à des connaissances pures a priori. » 111, p. ôag-âSo, note. V. p. 532. — « Bien que les principes suprêmes de la moralité, ainsi que ses concepts fondamentaux, soient des connaissances a priori, ils n'appartiennent pourtant pas à la philosophie transcendantale ; car les concepts du plaisir et de la peine, des désirs cl des inclinations, de la volonté do choisir, etc., qui sont tous d'origine empirique, devraient y être présup|)osés. » III, p. 5i. N . la modification qu'a subie ce dernier passage dans la deuxième édition. — Cf. Vaihingcr Coiiinieniar, I, p. ',83, p. 36/1.

■2 l^ar son contenu tout ce chapitre ii de la Méthodologie, sauf peut être en ipielques passages mis au point de la Criti<nic, semble être un morceau antérieurement composé. C'est à cette conclusion qu'arrive aussi, après une analyse (l'urK- extrême minutie, .\lbert Scinvcitzer, Die UeligionsphUosopIne Kaiils von dcr Kritik dcr reinen Vcr/iiinft /x'.v -.///■ lieligion, etc., iSyq, p. O7.

LA CIUTIQUE vr, I.A R VISO> PURE 2.35

suprêmes de la raison dans leur expression en (piel(|ue sorte naturelle, sans être enveloppées dans le système général des idées. « Ces trois propositions demeurent toujours transcendantes pour la raison spéculative, et elles n'ont pas le moindre usage immanent, c est-à-dire . recevable pour des objets de l'expérience, et par conséquent utile pour nous de quelque manière ; mais considérées en ellesmêmes, elles sont des efforts de notre raison tout à fait oiseux et par surcroît encore extrêmement pénibles '. » Au reste, le caractère restrictif de la Critique est surtout mar- (|ué : (( Le plus grand et peut-être l'unique profit de toute la pliilosopliie de la raison pure n'est sans doute que négatif; c'est qu'elle n'est pas un organe qui serve à étendre les connaissances, mais une discipline qui sert à en déterminer les limites, et au lieu de découvrir la vérité, elle n'a que le mérite silencieux de prévenir des erreurs ■. » S'il y a un canon de la raison pure, c'est-à-dire des principes a priori de son légitime usage, il ne peut se rapporter qu'à des déterminations pratiques.

Mais l'essence de ce qui est pratique ne se comprend pas ici de la même façon que dans la Dialectique, a Est pratique, dit Kant, tout ce qui est possible par la liberté \ » Soit : seulement la liberté n'apparaît ici ni comme une idée, ni comme relevant positivement d'une idée. Tandis que la Dialectique, tout en maintenant un certain dualisme entre la liberté transcendantale et la liberté pratique, affirmait cependant, comme une chose à remarquer, « que c'est sur l'idée transcendantale de la liberté que se fonde le concept pratique de la liberté ', » la Méthodologie expose que « la question relative à la liberté transcendantale concerne seulement le savoir spéculatif», que a nous pouvons la laisser de côté comme tout à fait indifférente quand il s'agit de

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