‹ La philosophie pratique de KantChapitre 13 sur 361 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LA PEKSONNALlTli MORALE ET INTELLECTUELLE DE KANT

Les traits de la physionomie inlcUcclnelle et morale de Kant sont tellement empreints dans sa doctrine que, pour les fixer, la plupart de ses biographes semblent reproduire ou commenter des formules de ses œuvres. Ce n'est pas à dire que le système reflète simplement la personnalité de son auteur, car cetle personnalité s"est elle-même formée par la méditation du système. Kant a imposé à sa vie la même organisation méthodique qu'à ses idées : s'il a paru rester docile à certaines influences d'éducation et de milieu, c'est qu'à la réflexion et à l'épreuve il avait jugé bon de les accepter. Une certaine inflexibilité de son caractère, qui s'est marquée au dehors par des assertions rigides, a pu porter à croire que sa pensée, surtout en matière morale, manquait de compréhension ou d'impartialité ; et assurément il est permis d'estimer que sa conception de la moralité n'est qu'un moment abstrait, quelque important qu'il soit, dans le développement dune philosophie pratKjue complète. Mais la mise en relief et l'exclusive détermination de certains concepts jusqu'alors imparfaitement compris ne sont-elles pas une exigence du progrès philosophique autant et plus que le signe d'une radicale subjectivité P La personnalité de Kant ne s'est pas mêlée en intruse à son elï'ort pour découvrir le vrai : elle a été avant tout la vo-

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