‹ La philosophie pratique de KantChapitre 133 sur 361 · LES PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

LES PROLÉGOMÈNES

termine Dieu par des concepts contradictoires avec son essence, ni qu'on le laisse indéterminé au point oii une détermination est possible pour nous et nous intéresse. A l'origine de cette critique il y a un principe juste, mais incomplet : à savoir, que nous ne devons pas pousser l'usage dogmatique de la raison au delà du domaine de l'expérience possible. Un autre principe doit intervenir, qui a entièrement échappé à Hume : à savoir, que nous ne devons pas considérer le domaine de l'expérience possible comme une chose qui, au regard de la raison, se limite elle-même : ce qui limite l'expérience doit être en dehors d'elle, et peut soutenir avec elle des rapports déterminables par analogie '.

L'insistance avec laquelle Kant marque sur ce sujet l'opposition de sa pensée à celle de Hume, dans l'ouvrage où il a dit le plus explicitement ce qu'il devait à Hume, s'explique sans doute par la crainte de voir opérer quelque rapprochement entre les réserves de sa Dialectique contre le dogmatisme et les aperçus sceptiques de Hume en matière religieuse. Le public eût pu croire que le a Hume prussien » suivait en tout le Hume écossais. Et d'autre part Kant, en train de poursuivre les conséquences pratiques de sa doctrine générale, se devait à lui-même de signifier qu'elles l'entraînaient dans une tout autre voie ^

Cependant les Prolégomènes n'esquissent même pas une doctrine positive de la moralité : ils se bornent à rappeler les services que la discipline critique rend à la morale ; grâce à cette discipline, les idées transcendantales ne doivent plus nous égarer dans des connaissances spécieuses et dialectiques ; mais la nécessité de les concevoir n'en reste pas moins bien fondée et témoigne d'une disposition métaphysique de la raison qui, comme telle, est invincible. Il reste à découvrir le vrai domaine d'application de ces idées, qui est la morale. (( Ainsi les idées transcendantales, si elles ne

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