‹ La philosophie pratique de KantChapitre 136 sur 361 · jS-gA · texte numérisé non relu

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DliLBOS. 1-

les êtres organisés, ne peuvent être les produits d'une nature brute : par quel concours de contingences aveugles pourrait-on rendre intelligible la production d'une simple teigne;' L'hypotlièse d'une summa intelligentia est incomparablement plus satisfaisante pour la raison que l'hypothèse contraire ; le tout est de se souvenir que cette hypothèse ne saurait prétendre à déterminer ce qu'est Dieu en soi \ Le théisme moral est celui qui est vraiment « critique " » ; et c'est en même temps celui qui assure l'existence de Dieu sur un fondement inébranlable. En eflet, le système des devoirs est connu a priori par la raison avec une certitude apodictique; et ce n'est pas pour le garantir comme tel que Dieu est invoqué : en ce sens la morale se suffît pleinement à elle-même. Mais du moment qu'elle détermine les conditions sous lesquelles un être raisonnable et libre se rend digne du bonheur, elle doit admettre, sous peine d'infirmer indirectement le système des devoirs dont elle part et d'ébranler la foi en sa réalité objective, que le bonheur doit être réparti à l'honnête homme selon qu'il l'a mérité. Or en fait, dans le cours actuel des choses, non seulement la plus respectable honnêteté ne rencontre pas le bonheur, mais elle est constamment méconnue, persécutée, foulée aux pieds par le vice. 11 doit donc y avoir un Etre qui gouverne le monde d'après la raison et les lois morales, qui établit pour l'avenir un ordre dans lequel la créature qui s'est rendue digne de la félicité en participera effectivement ^

Le théisme moral se distingue des diverses formes du théisme spéculatif par le genre de rapport qu'il établit entre l'existence de Dieu et le sujet qui l'allirme. L'affirmation ici ne pourrait être appelée liy[)othélique que si l'on ramenait toute certitude à la certitude théorique, qui exige pour toute connaissance l'union du concept et de l'intuition : faute

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