‹ La philosophie pratique de KantChapitre 156 sur 361 · IV, p · texte numérisé non relu

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4. Voilà pourquoi sans doute les e.xemples sont multipliés dans l'ouvrage afin d'illustrer la théorie.

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matiqiie, un enchaînement et une précision qui ne se trouvent dans aucun autre de ses ouvrages ^ »

Le dessein du livre ne peut bien se comprendre que si l'on poursuit en toute rigueur l'idée d'une Métaphysique des mœurs ". Qui dit métaphysique dit connaissance a priori, par concepts purs, d'un objet ^ Il existe des disciplines rationnelles, comme la Logique, qui sont a priori, mais qui ne portent que sur des conditions préjudicielles de la connaissance, indépendamment de tout objet défini ; il existe des espèces de connaissances, qui, comme la Physique empirique ou l'Anthropologie, portent sur des objets donnés des sens ou sur des mobiles donnés du vouloir, mais qui ne sont pas a priori et qui par suite ne peuvent prétendre à une certitude apodictique. Est proprement métaphysique la connaissance qui est capable de dépasser à la fois le simple formalisme logique et le simple empirisme, qui peut, en d'autres termes, se constituera elle-même, par la seule raison, un objet déterminé. S'il doit y avoir une science apodictiquement certaine des lois du vouloir, comme il y aune science apodictiquement certaine des lois de l'expérience externe, ce ne peut être qu'une Métaphysique des mœurs. La Métaphysique des mœurs se dislingue de la

I. Die Gvundlage der Moral, Ed. Grisebach (Reclam), III, p. /igS.

•2. Cf. Kritik der reinea Verininft, lîl, p. 55;?-55't.

3. Sur ce qu'il faut entendre par la métaphysique la terminologie de Kant n'est pas toujours bien précise, ni bien constante. Il suffit de rappeler ici que pour Kant il y a, sous le nom de métaphysique, une science a priuri, légitime et nécessaire, d'objets délerminables par purs concepts; parmi ces objets, ceux qui sont réels et qui peuvent et doivent cire compris de la sorte, ce sont, d'une part, la nature matérielle, d'autre part, la volonté raisonnable. Ainsi conçue, cette métaphysique immanente se distingue à la fois de la métaphysique transcendante qui prétend à tort à la connaissance des choses en soi, et de la mathématique qui, tout en étant a priori, procède, non par concepts, mais par construction de concepts. Kant a étendu aussi l'usage du ternie de métaphysique, dans son sens légitime, à la discipline propédeulique qui détermine les conditions et les limites d'une connaissance rationnelle pu^re, c'est-à-dire à la critique.

Métaphysique delà nature, en ce qu'elle a affaire, non aux lois de ce qui est, mais aux lois de ce qui doit être par la liberté; cette dilTérence n'est pas pour affaiblir l'obligation qui lui incombe d'être une œuvre sans mélange de la pure raison ' .

Le pire est, dans toute recherche , cet amalgame de données empiriques et de concepts rationnels, par lequel on se flatte de conciher les exigences de la pensée spéculative et le souci de l'expérience'. Le goût du public s'y prête à coup sûr très complaisamment, et il autorise à traiter de songe-creux les philosophes qui prétendent montrer jusqu'où va la puissance propre de la raison pure. Cependant ce qui a assuré le progrès dans tous les ordres de l'activité humaine, c'est la division du travail: n'est-il pas évident que pour constituer d un côté une science strictement rationnelle, pour coordonner de l'autre des expériences particulières, il faut deux genres de talents très différents, sinon opposés, qu'une même personne peut difficilement réunir ? Kant s'élève donc avec beaucoup de force contre léclectisme superficiel des philosophes populaires : à leur procédé de confusion, qui met en œuvre pour toute connaissance les facultés les plus hétérogènes, il oppose l'idée d'une science fondamentale, la Métaphysique, qui ne relève que d'une faculté, la raison : contre leur prétention à traiter des plus diverses matières avec une égale compétence, il fait valoir la nécessité de l'aptitude spéciale que la Métaphysique impose, comme toute autre forme du savoir ou de l'art humain '\

Cependant il peut sembler que l'examen des problèmes moraux réclame la considération directe de la nature humaine et doive en conséquence se fonder sur la psychologie ou l'anthropologie". Mais Kant repousse vigoureusement

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