‹ La philosophie pratique de KantChapitre 168 sur 361 · IV, p · texte numérisé non relu

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3. IV, p. 3o5. Cf. p. 24^, p- 253, p. 273. — Cf. Kritik der praktischen Vernunft: « ... Car les inclinations changent, croissent avec la faveur qu'on leur accorde, et laissent toujours après elles un vide encore plus grand que celui qu'on a cru combler. Voilà pourquoi elles sont toujours à charge à un être raisonnable, et quoiqu'il n'ait pas la puissance de s'en dépouiller, elles le forcent cependant à souhaiter d'en être délivré. Même une inclination à ce qui est conforme au devoir (par exemple, à la bienfaisance) peut sans doute rendre beaucoup plus aisée l'efficacité des maximes morales, mais elle ne peut en produire aucune... L'inclination est aveugle et servile, qu'elle soit ou non d'une bonne nature, et la raison, là où il s'agit de moralité, ne doit pas seulement jouer vis-à-vis d'elle le rôle de tutrice, mais, sans avoir égard à elle, elle doit, comme raison pure pratique, n'avoir souci que de son intérêt propre. Même ce sentiment de pitié et de tendre sympathie, quand il précède la considération de ce qui est le devoir et qu'il devient principe de détermination, est à charge aux personnes même de pensée droite ; il porte le trouble dans leurs maximes réfléchies et produit en elles le désir d'en être débarrassées et d'être uniquement soumises à la raison législatrice. » V, p. \2'\. V, p. 85. — Cf. Kritik der Urtheilskrafl, V, p. 21 3, p. 280. — Cf. Metoiphysik der Sitteii : « Le devoir est une contrainte pour une fin assumée à contre-cœur. » Vil, p. 189. Cf. p. 182, p 198, p. 2o5.

l\. Cf. Georg Simmel, Kant, igo'i, p. 1 10-112. — Ce que Kant appellera, dans la Métaphysujue des mœurs, V u ascétique morale » consiste simplement en une discipline des penchants, et voici ce qu'il en dit : « La discipline que l'homme exerce sur lui-même ne peut être méritoire et exemplaire que par le sentiment de joie qui laccompagne. » Vil, p. 298. — 11 n'y a donc pas

que les hommes pouisiiivent le bonheur par une nécessilé de leur nature ; ce n'est même pas là seulement une fin à laquelle ils tendent en fait ; c'est une fin qui se déduit de leur qualité d'être finis en même temps que raisonnables '. Dès lors comment pourrait-on leur demander d'y renoncer? Aussi Kant ne demande-t-il pas du tout qu'ils y renoncent ; bien plus, il considère comme un devoir pour chacun de travailler à son bonheur ainsi qu'au bonheur d'autrui. (( Assurer son propre bonheur est un devoir (du moins indirectement) ; car le fait de n'être pas content de son état, de vivre pressé par de nombreux soucis et au milieu de besoins non satisfaits pourrait devenir facilement une grande tentation iV enfreindre ses devoirs'. » En outre, et ceci est une obligation directe, «je dois chercher à assurer le bonheur d'autrui », mais « non pas comme si j'étais intéressé par quelque endroit à sa réalité'^ ». La morale parait donc non seulement tolérer, mais encore exiger qu à certains égards les inclinations de l'homme soient satisfaites '".

lieu de parler de l'ascétisme de Kant, à moins de donner à ce mot un sens très large et très indéterminé, comme le l'ait par exemple Bender (^Metaphysik und Asketik, Archiv fur Geschichte der Philosophie \\, p. i-^a, p. 208- 22A. p- 3oi-33i), qui d'ailleurs n'expose 1' « ascétisme » de Kant cpi'à l'appui de sa thèse générale, historicpiement très discutable, selon laquelle toute explication métaphysique de la moralité a pour complément nécessaire l'ascétisme.

1. lY, p. 263, p. 278. — Cf. Kritik der praktischen Vernunft : « Etre heureux est nécessairement le désir de tout être raisonnable, mais fini, et c'est par conséquent un véritable principe de détermination pour sa faculté de désirer. .. » V, p. 26.

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