‹ La philosophie pratique de KantChapitre 169 sur 361 · IV, p · texte numérisé non relu

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4. Cf. Kritik der praklisclien Vernunft: « L'homme est un être qui a des besoins en tant qu'il appartient au monde sensible, et, sous ce rapport, sa raison a certainement une charge qu'elle ne peut décliner à l'égard de la sensibilité, celle de s'occuper des intérêts de cette dernière, et de se faire des maximes pratiques en vue du bonheur de cotte vie, et même, quand il est possible, d'une vie future. » V, p. 6n. — « Mais cette distinction entre le principe du bonheur et le principe de la moralité n'est pas pour cela de piano une opposition des deux principes, et la raison pure pratique n'exige pas que l'on renonce à toute prétention au bonheur, mais seulement que, dès qu'il s'agit de devoir, on n'aille point s'y référer. Ce peut même à certains égards être un devoir que de prendre soin de son bonheur : d'un côté, parce que le bonheur (auquel se rapportent l'habileté, la santé, la richesse) renferme des

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A dire vrai, la pensée de Kant n'est pas pour cela contradictoire, ni même aussi incertaine qu'elle pourrait sembler'. Le rapport des inclinations à la moralité peut être en effet diversement compris, selon qu'il s'agit de leur rapport au principe moral, ou de leur rapport aux maximes de la volonté, ou enfin de leur rapport aux objets du devoir. Avec le principe moral, qui doit être, ainsi que nous le savons, essentiellement objectif et rationnel, qui ne peut être •découvert et établi que par une science a priori, par une Métaphysique, lidée du bonheur, titre généraldes fins subjectives de l'homme et des motifs simplement empiriques de prudence, est radicalement incompatible. Là-dessus les Fondements de la Métaphysique des mœurs consomment la rupture avec l'eudémonisme. Au surplus le devoir, ainsi que Kant ne se lasse pas de le répéter ^ ne saurait sans absurdité nous commander ce que nous recherchons inévitablement. Mais si la loi morale ne souffre pas d'être confondue avec la règle du bonheur, elle ne peut empêcher que la tendance au bonheur ne soit une tendance essentielle de notre na-

moyens d'accomplir son devoir ; de l'autre, parce que le manque de bonheur (la pauvreté, par exemple) renferme des tentations de le violer. Seulement travailler à son bonheur ne peut jamais être immédiatement un devoir, encore moins un principe de tout devoir. » V, p. 97-98. — Cf. Kritik der Uitlieilskraft, V, p. 485, note. — Selon la Métaphysique des mœurs, les fins qui sont en même temps des devoirs sont le perfectionnement de soi-même et le bonheur d'autrui ; le soin de son propre bonheur, s'il n'est pas une obligation directe, est présenté aussi comme une obligation indirecte. MI, p. 188-192.

1. On pourrait supposer qu'elle a varié, à partir mémo de la (Irundlegung, et que, selon les moments ou les motifs [)rincipaux des ouvrages de kant, elle a plus ou moins accordé à l'idée de bonheur. Mais celte supposition ne serait pas fondée ; dans toutes les œuvres ultérieures consacrées à la philosophie pratique, on trouve, comme dans la Grundlcgung, en même temps que le rigorisme, la part faite à la nécessité ou au devoir indirect de poursuivre le bonheur. Plus que les autres ouvrages, la (Uundlegung peut-être accentue le rigorisme : la raison en est que kant s'y pro[)ose avant tout d'établir le fondement de la morale, et d'y bien marquer le caractère essentiel de sa doctrine. Mais sa pensée, comme nous l'avons vu, n'y est pas exclusive du droit qu'ont les inclinalions à être, dans une certaine mesure, satisfaites : voilà pourquoi elle peut être éclaircie cl commentée par des passages des ouvrages futurs.

2. (^f. Kritik der praktisclien Ver/iuiift, V, p. 89. — Kritik der Urtheilskraft, V, p. :m3, note. — Die Religion, VI, p. 100, note. — Metapliysik der Sitten, MF, p. 189.

turc, et par suite non seulement elle peut accepter que dans de certaines limites cette tendance soit satisfaite, mais encore elle peut ériger en obligation au moins indirecte cpie dans certaines circonstances elle le soit ; on peut sans contradiction exclure le bonheur de la formule du principe moral, et le réintégrer, sous des conditions et dans une mesure définies, parmi les fins que le devoir permet ou même prescrit ; on peut concevoir, ainsi que l'indique Kant', que la raison ait, chez les êtres que nous sommes, deux tâches à remplir, l'une inconditionnée, qui est la production d'une bonne volonté, l'autre conditionnée, qui est la réalisation du bonheur ; elle ne détruit sa puissance pratique qu'en méconnaissant la première de ces tâches, ou en ne la mettant pas à son rang suprême. Sous cet aspect, cl quand il s'agit uniquement des objets d'application du devoir, il n'est pas étonnant que la morale kantienne apparaisse moins éloignée des morales ordinaires ; ce qu'elle proscrit alors des inclinations, c'est surtout leur prétention à se satisfaire sans discernement, sans limites, et par des actions contraires à la loi " : elle se caractérise seulement par ceci, quelle cherche dans le pur devoir pris en luimême le principe des distinctions et des limitations qu'elle leur impose. Elle ne considère donc pas que les inclinations essentiellement soient mauvaises ; elle les tient même

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