‹ La philosophie pratique de KantChapitre 194 sur 361 · I. IV, p. 3io · texte numérisé non relu

I. IV, p. 3io

SgS LA PHILOSOPHIE PRATIQUE DE KAIVT

des objets d'entendement supérieurs à la loi. Etait-ce à dire que Kant eût renoncé à établir un lien quelconque entre le principe de la moralité et les affirmations métaphysiques ordinairement introduites pour justifier ce principe ? Nullement; mais il n'entendait point que ces affirmations, comme celles de l'immortalité et de l'existence de Dieu, fussent le fondement de la morale. Dans cetesprit, la Grandlegiing n'indiquait que par de sommaires allusions la place qu'elles devaient occuper dans une philosophie pratique complète ' ; toutefois ces allusions nous témoignent que si pour Kant la conception du souverain bien devait plus que jamais rester subordonnée à la loi inorale ^ si en outre elle ne pouvait pas être l'objet d'une connaissance comme celle que prétendait en vain fournir la métaphysique dogmatique, elle gardait cependant, à un certain point de vue, pour le sujet raisonnable sa vérité. Une occasion survint, qui permit à Kant de renouveler là-dessus, peu de temps après la publication de la Grundlegung, l'expression de sa pensée.

Cette occasion, ce fut la fameuse querelle qui, à propos du spinozisme, réel ou prétendu, de Leasing, mit aux prises Jacobi et Mendelssohn, la philosophie du sentiment et le rationalisme deVAufkldrang. Sollicité vivement de prendre parti ', Kant eut surtout le souci de marquer quelle était vis-à-vis des adversaires en présence sa position propre. 11 se rangeait certes plutôt du côté de Mendelssohn que de celui de Jacobi : mais s'il était rationaliste avec Mendelssohn, il ne souffrait pas cependant que la raison pût s'aventurer dans la connaissance des objets supra-sensibles ; si, d'un au trecô té, iladmettait avec Jacobi une place pour la croyance, il pouvait encore moins accepter que cette croyance pût ou

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