‹ La philosophie pratique de KantChapitre 201 sur 361 · V. plus haut, p. aS'i · texte numérisé non relu

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LA DEUXIEME EDITIO>" DE LA CRITIQUE 'lOQ

miner, alors qu'il est donné, et dans ce cas elle est connaissance théorique: ou bien elle a à le rendre réel, et dans ce cas elle est connaissance pratique. Dans les deux cas — et ici Kant reproduit les considérations initiales de la Gnindlegung — la partie pure de la connaissance doit être traitée à part, sans mélange avec ce qui vient d'autres sources ' .

Cependant cet affermissement et même cette augmentalion du rôle de la raison laissent subsister plus que jamais la nécessité d'en limiter l'usage spéculatif à l'expérience réelle ou possible. Ce qui nous pousse à dépasser l'expérience, c'est l'idée de l'inconditionné que la raison exige justement pour tout ce qui est conditionné afin de parfaire ainsi la série des conditions. Or, si les objets de notre expérience étaient des choses en soi, cette idée ne pourrait plus être conçue sans contradiction, puisqu'elle devrait se trouver au sein du conditionné même^ Par là est vérifiée la thèse, que les objets de l'expérience ne sont que des phénomènes ; par là aussi il apparaît que le seul moyen de découvrir ce que la raison peut tenter en dehors d'eux, c'est de mesurer d'abord et de fixer la puissance qui lui appartient par rapport à eux\ En d'autres termes, si la raison doit suivre une marche dogmatique, elle ne justifie pas pour cela le dogmatisme : car le dogmatisme, c'est la raison procédant dogmatiquement sans avoir soumis sa puissance propre à une critique préalable \

Par cette stricte détermination du rôle théorique de la raison, la Critique sert les intérêts de la morale. Dans la première édition, l'utilité de la critique, hors rétablissement des principes de l'expérience possible, était présentée comme négative '. La Critique, disait Kant dans son Inlro-

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