I. lil, p. l'x
^. III, p. 27.
î). III, p. lio, p. 539.
/ilO LA PHILOSOPHIE PRATIQUE DP: RA>T
daction, en restreignant l'exercice de la raison et en la préservant de toute erreur, n'est pas une doctrine, mais simplement une propédeutique dont l'utilité n'est que négative, si réelle qu'elle soit : « au point de vue de la spéculation », ajoute la seconde édition, marquant par là qu'à un autre point de vue cette utilité peut dcAcnir positive '. De fait, tandis que la première édition se contentait de réserver, au nom de la Critique, l'usage pratique de la raison ', la Préface de la seconde édition affirme nettement que la limitation de la raison dans son usage spéculatif est directement solidaire de l'extension de la raison dans son usage pratique. L'utilité négative de la Critique est l'envers de son utilité positive. Si en effet on ne se contente pas d'un coup d'œil superficiel sur ses résultats,- on ne peut manquer de reconnaître que les principes sur lesquels s'appuie la raison spéculative poin- s'égarer hors de ses limites ont pour conséquence, non pas d'élargir, mais de rétrécir l'emploi de notre raison ; car ces principes, tenant en dépit de tout la raison enfermée dans l'expérience sensible, en détruisent indirectement l'usage pratique nécessaire. Dire donc que la Critique ne rend pas de service positif en limitant les prétentions spéculatives du dogmatisme, c'est
1. III, p. /I9. — Ilartenstoin a omis de prévenir que c'était là une addition de la 2« édition. — Cette addition montre d'autant plus la préoccupation actuelle de Kanl qu'elle est en dehors du développement régulier des idées dans ce passage ; il est même curieux de constater dans les notes jetées par Kant sur son exemplaire de la Critique de la raison /)ure (i'" édition) qu'il avait ajouté ici pour expliquer que la Critique ail simplement une utilité négative : « originairement et Immédiatement, aiifïmglich iiiid unmitlelbar » (Erdmann, Nadttràge zu Kants Kr. d. reine/i Vernunfl, 1881, p. 11): voulant sans doute marquer plutôt que l'utilité dérivée serait dans la constitution d'un système doctrinal de la raison pure, ce qui serait en cllet mieux en harmonie avec l'ensemble de ce passage. — Cf. Yaihinger, Cominentnr, 1. p. 466-AO7.
2. 111, p. 260, p. 5oi-532. — Les Prolcgotnèiies, tout en redisant que la Critique a l'avantage de réserver un espace libre aux Idées morales (V. plus haut p. 255) semblent aller un peu plus loin quand Us font valoir en outre l'utilité intrinsèque d'une philosophie qui, comme celle-ci, « puise aux sources pures de la raison, où l'nsage spéculatif de la raison dans la métaphysique et son usage pratique dans la morale doivent nécessairement trouver leur unité ». l\. p. m.