‹ La philosophie pratique de KantChapitre 21 sur 361 · LA PERSONNALITE DE RANT · texte numérisé non relu

LA PERSONNALITE DE RANT

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porte Wasianski, je ne crains pas la mort, je saurai mourir, .le vous assure devant Dieu que si je sentais celte nuit que je vais mourir, je lèverais les mains jointes et je dirais : Dieu soit loué! Mais si un mauvais démon se plantait sur moi et me souniail à l'oreille : Tu as rendu un homme malheureux, oh ! alors ce serait tout autre chose'. »

Ces vertus de politesse, de hienveillance et d'équité relevaient d'une disposition plus intime, qui était le respect et même, une l'ois le mot épuré de toute signification <( pathologique », l'amour de l'humanité. 11 s'inclinait devant la dignité qu'il y a en tout homme, de n'importe quelle condition : il attachait un prix à toutes les aptitudes et à toutes les perfections humaines ; mais il réservait sa suprêmeestime pour la volonté de hien faire. Ce sentiment, si profond en lui, le ramenait des régions de la pensée ahstraite au cœur même de la vie". Il lui fixait également, si Ion peut dire, son attitude à l'égard de lui-même, en lui rappelant à quelles conditions se justifie la valeur éminente de l'homme. La haine du mensonge, par-dessus tout, hien entendu, du mensonge déhhéré et conscient, mais la défiance également très attentive à l'égard de ces formes insisinuantes du mensonge qui sont les illusions, les préjugés, les affirmations téméraires ; le devoir de sincérité poussé jusqu'à létahlissement du compte le plus exact dans l'évaluation des motifs d'affirmer et d'agir; la conquête et la possession de soi étahlies sur la défaite des inclinations sensibles : voilà par où il essayait de soutenir son droit à être considéré comme une personne ^ On sait qu'il se redisait volontiers les vers de Ju vénal ^ :

Summum crede nefas anlmam pra^ferre pudori Et proplcr vitam vivendi perdere causas.

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