Stadler, Kants Teleologie, p
LA CRITIQUE DE LA FACULTE DE JUGER OlE)
encore très rigoureusement les emplois positifs de la raison, on comprend que la faculté de juger, de même que la raison pratique et après elle, soit intervenue comme une explication plus stricte et plus définie de l'un de ces emplois. — Cependant avant d'en venir à l'institution de cette faculté, Kanl avait encore montré par l'examen de divers problèmes quel usage Ion pouvait et l'on devait faire des princijies téléologiques. — Sa philosophie de l'histoire résultait avant tout, ainsi que nous l'avons vu, de la nécessité de supposer à travers les tendances antagonistes des hommes un progrès de l'humanité vers une fin certaine, à savoir l'avènement d'une constitution juridique universelle '. — En outre, dans les deux articles qu'il publiait à dix ans d'intervalle sur la question des races humaines', il continuait à affirmer 1 impuissance de l'intelligence humaine à expliquer mécaniquement l'origine de la vie ; il y soutenait que les facteurs dont résulte la diversité des races ne sont pas seulement les causes extérieures, mais bien plutôt des dispositions internes par lesquelles l'homme est capable de s'adapter aux différences de climat et d'habitat. Vyant eu à subir là-dessus maintes objections du naturaliste G. Forsterqui, dans le Mercure allemand d'octobre et de novembre 1786, avait par surcroît défendu contre lui la possibilité d'expliquer par des causes physiques d'ordre géologique l'origine des créatures vivantes, il répondit aux objections et à la thèse par un article de la même Revue sur l'Usage des principes léléologiques en philosophie ^ Certes il accordait à Forster que la science de la nature ne doit recourir qu'à des principes d'explication naturels ; mais il maintenait aussi que Ion satisfait mal à cette condition lorsqu'on imagine en dehors de toute expérience des forces