‹ La philosophie pratique de KantChapitre 248 sur 361 · V, p. 268-270. — V. plus haut, p · texte numérisé non relu

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actions qui supposent un ample déploiement ou une vigoureuse tension de nos énergies. « La guerre même, quand elle s'exécute avec ordre et avec l'observation scrupuleuse du droit des gens, a en soi quelque chose de sublime, et elle rend en même temps la disposition d'esprit du peuple qui l'exécute ainsi d'autant plus sublime qu'il était exposé à plus de périls et qu'il a pu s'y soutenir avec vaillance ; au contraire une longue paix a ordinairement pour effet d'amener la domination de l'esprit mercantile et, avec lui, du vil intérêt personnel, de la lâcheté et de la mollesse, et d'abaisser l'esprit public \ » Voilà pourquoi également le sublime ne se rencontre pas dans des manifestations humaines qui pourraient y prétendre lorsque quelque élément corrupteur en trouble la pureté. C'est ainsi que le sentiment religieux est en luimême sublime quand il enveloppe avant tout le respect de la puissance et de la justice divines ; mais il perd ce caractère dès qu'il ne s'entretient plus que par une crainte et une soumission serviles : la superstition détruit toute la sublimité que la Religion fait naître^. En général ce qu'un esprit façonné par une certaine culture appelle sublime ne se présente à lliomme grossier, chez qui les idées morales ne sont pas développées, que comme terrible'. Les mouvements d'esprit les plus vifs, quelque rapport qu'ils aient avec les plus hauts objets de l'ame humaine et quelque essor qu'ils donnent à l'imagination, n'ont rien de sublime s'ils ne produisent pas dans le sujet une conscience plus sûre de sa puissance morale et une intention plus ferme d'en user pour les fins pratiques supra-sensibles *. Lorsqu'ils sont au contraire intimement unis à la conception età la volonté du bien, ils sont l'enthousiasme, cet élan que lesprit reçoit dos pures idées, autrement puissant et autrement durable que celui que lui communiquait l'aUrait des impressions

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S"ensibles, — l'enthousiasme, dont on dit à bon droit que sans lui rien de grand ne se fait dans le monde. Loin de se confondre avec l'exaltation mystique, avec la Schwarmerei, l'enthousiasme s'en distingue essentiellement parce qu'il ne comprend du bien qu'une exhibition négative au regard de la sensibilité, parce qu'il est pleinement d'accord, et avec le caractère qu'a la liberté d'être en elle-même impénétrable, et avec le caractère qu'a la loi morale d'être par elle seule un principe suffisant de détermination'. On conçoit du reste qu'en raison de celte indépendance à l'égard des sens le sublime puisse se trouver, non seulement dans l'enthousiasme, mais encore dans la noblesse froide d'un esprit invinciblement attaché à ses principes ". On conçoit encore que, bien qu'il soit comme le beau très capable de créer par la communauté de sentiments. qu'il éveille un lien entre les hommes, le sublime puisse se rencontrer dans une vie volontairement détachée du monde, quand ce détachement s'e produit sous l'influence d'idées supérieures à tout intérêt sensible \

Les rapports que le sublime a avec le bien moral comme

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