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le faire revenir on ne sait doii ; nous avons seulement à le rétablir clans sa pureté absolue, et c est là la conversion.
La conversion n'est pas uniquement, comme beaucoup l'imaginent, une réforme progressive par laquelle l'iiomme se rairermit de plus en plus dans la résolution d'accomplir des actes matériellement d'accord avec le devoir et se fait de l'habitude de ce ferme dessein une vertu ; car sa conduite ainsi envisagée n'a qu'une valeur légale et ne concerne que son caractère empirique. On peut changer ses mœurs sans changer son cœur. L'intempérant peut s'imposer la modération par souci de sa santé, le menteur la sincérité par souci de sa réputation, le malhonnête homme la loyauté bourgeoise par souci de son repos ou de son intérêt. Mais c'est le principe du bonheur qui règle ces modifications dans les façons de faire. Voir là un changement moral, c'est une déplorable erreur, malheureusement très répandue, et dont sont complices les systèmes d'éducation en vigueur. En réalité, pour être moralement bon, il faut être vertueux dans le caractère intelligible même. Donc la conversion du mal au bien ne j)eut être une amélioration graduelle ; ce doit être une révolution s'opérant au fond de l'intention humaine ; c'est un homme nouveau qu'il faut faire surgir par une sorte de régénération ou de création nouvelle ' . Làdessus Kant reconnaît ailleurs que les piétisles ont bien posé le problème". Pour nous délivrer du mal radical il faut une rénovation radicale. Or cette rénovation radicale, la doctrine kantienne de la liberté la rend possible, en ce qu'elle s'appuie sur l'idée d'une causalité inconditionnée et qu'elle rejette celle d'une spontanéité se développant graduellement entre les contraires; elle s'affranchit toutefois ici de la conception antérieure qui, dans la philosophie de Kant, faisait de l'immutabilité de la chose en soi une j)ropriété de l'action libre ',