‹ La philosophie pratique de KantChapitre 268 sur 361 · Der Slreit der Facultaten, VII, p · texte numérisé non relu

Der Slreit der Facultaten, VII, p

3. V. l'usage que Schelling a fait des idées kantiennes sur la réalité du mal

Dei.bos. 4o

La révolution qui nous libère du mal, c'est essentiellement la sainteté introduite dans la maxime ; mais l'homme qui l'accomplit n'est pas immédiatement saint pour cela, car la distance est grande encore de la maxime à l'acte. En l'accomplissant il a fait de lui un sujet destiné au bien ; mais il ne peut manifester d'une façon sensible cette disposition nouvelle que par un progrès incessant vers le mieux; il ne peut saisir par une conscience immédiate le fond de son cœur qui lui est caché ; il ne peut pas non plus se prouver par le point où il en est de sa conduite la transformation opérée en lui ; mais d'une part il doit pouvoir espérer que la constance de son effort propre, signe de la pureté nouvelle de son intention, ne sera pas sans effet: et d'autre part, aux yeux de Dieu qui saisit d'un regard unique l'infinité de ce progrès, il est dès à présent tout à fait justifié et réellement bon, alors qu'il se sent lui-même encore en pleine lutte pour le bien.

11 ne faut donc pas conclure de linnéité du mal à l'impossibilité de la régénération. L idée du mal inné n'a aucune place dans la dogmatique morale ; car, qu'il y ait en nous ou non un penchant au mal, ce sont toujours les mêmes devoirs que nous avons à remplir. Cette idée a plus d'importance dans V ascétique morale ; car elle nous prévient que pour l'accomplissement de notre tâche nous ne devons pas nous considérer comme partant d'un état d'innocence, mais opposera un pencliant au mal, indestructible par des forces naturelles, un effort incessant de notre volonté pour l'adoption et l'exécution de maximes contraires. Ce qu'il faut c'est que la régénération apparaisse bien en principe comme l'œuvre de notre liberté. Quand même on admettrait qu'une coopération surnaturelle est indispensable pour l'assurer, soit par un simple amoindrissement des obstacles, soit par une assis-

et son rapport à la liberté, en les adaptant à sadoctrin'e de l'identité, dans l'ouvrage Ueber das Wesen der menschlichen Freiheit. — Cf. Victor Delbos, Le problème moral dans la pliilosophie de Spinoza et dans l'histoire du spinozisme, p. 4^2 sq.

LA RELIGION DANS LES LIMITES t»E LA SIAIPLE BAISON 69.7

tance plus positive, il faut toujours que l'iiomine au préalable s'en rende digne et s'y prête par sa volonté, ou plutôt qu'il accepte et provoque par sa maxime même ce surcroit de force. Sans exclure la possibilité ou la réalité objective des idées qui représentent la régénération comme un effet de la grâce, il faut maintenir qu'elles ne sauraient s'introduire dans la règle propre de l'action. La raison philosophique, au surplus, en considérant ces idées, en écartant les difficultés qu'elles soulèvent, en établissant leur rapport possible avec les lois pratiques, consent à un hors-d'œuvre qui ne concerne pas la Religion comprise dans ses limites. Elle affirme en tout cas que s il y a dans le champ du surnaturel quelque chose qui doive suppléer à notre impuissance morale, ce quelque chose ne peut être qu'au profit de la bonne volonté. Elle s'oppose énergiquement à toute Religion de simple observance qui enseigne soit que Dieu peut donner aux hommes le salut éternel sans qu'ils aient à se rendre meilleurs, soit que Dieu peut les rendre meilleurs sans qu'ils aient autre chose à faire qu'à l'en prier : elle n'est véritablement d'accord qu'avec la Religion morale, — et de toutes les Religions connues la Religion chrétienne est la seule qui mérite ce titre, — d'après laquelle il faut que l'homme fasse tout ce qui dépend de lui pour devenir meilleur. Agissant ainsi, il a le droit d'espérer que ce qui n'est pas en son pouvoir lui sera donné par un concours d'en haut. L'essentiel n'est pas de savoir comment Dieu peut opérer en nous, ce qu'il a fait ou ce qu'il fera pour notre salut, mais de savoir ce que nous devons faire, nous, pour, mériter son assistance ' .

C'est donc une lutte qui est engagée entre le bon et le mauvais principe pour la domination de l'homme. De

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