‹ La philosophie pratique de KantChapitre 277 sur 361 · I. Cf. Der Streit der Faciiltaten, \ II, p. '.^'i · texte numérisé non relu

I. Cf. Der Streit der Faciiltaten, \ II, p. '.^'i

s'en dispenser. Les miracles dont la Bible entoure la naissance du Christianisnie eussent réclamé le contrôle des contemporains éclairés : or les Romains du temps ne nous disent rien là-dessus ; les commencements du Christianisme nous restent donc obscurs. Nous ne savons pas non plus l'inlluence que la Religion nouvelle exerça sur la moralité de ses premiers fidèles. Ce que l'histoire nous. rapporte pour les périodes qui ont suivi nest guère propre à nous édifier : abus de la vie monastique et contemplative, superstitions grossières, despotisme de la hiérarchie ecclésiastique, décadence de l'empire d'Orient hâtée par les querelles théologiques, subordination de l'Occident au pouvoir religieux temporel, intolérance et guerres civiles : voilà toute une série de maux survenus au cours de l'histoire du Christianisme et qui sont résultés de la tendance à transformer les moyens transitoires grâce auxquels il pouvait s'introduire parmi les nations en fondements définitifs de la Religion universelle. Quelle est donc la meilleure époque qu'ait connue l'histoire de l'Eglise ? C'est la nôtre, répond Ivant. Car le germe de la vraie foi religieuse, visiblement déposé aujourd'hui par (juclques esprits dans la Chrétienté, ne peut manquer d'y rriiclificr. De là résulte dans le jugement sur ce qu'on appelle la révélation un esprit d'équitable mesure ; un Livre qui pour son contenu moral ne contient rien que de purement divin peut, pour ce qu'il a d'historique, être considéré réellement comme une révélation divine ; en outre, comme une association religieuse ne peut se former entre les hommes ni être stable sans un Livre sacré et une foi extérieurement formulée qui s'y rattache, comme en outre on n'a pas à al tendre une révélation nouvelle', le plus raisonnable et le plus juste, c'est de prendre pour base de 1 enseignement ecclésiastique le Livre reçu, de ne point en aflaiblir la valeur par des attaques inutiles et malignes, sans du reste imposer à personne la foi en ce Livre comme

Page 1