‹ La philosophie pratique de KantChapitre 312 sur 361 · VII, p · texte numérisé non relu

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LA DOCTRINE DE LA VERTU "33

Ainsi, c'est négliger ou détruire en nous une tendance favorable à la moralité que de ne pas savc^ir éprouver un plaisir désintéressé dans la contemplation des beaux cristaux, des belles plantes, que de faire souffrir inutilement les animaux. D'un autre côté, si nous n'avons pas précisément de devoirs > envers Dieu, nous n'en devons pas moins, en vertu d'une idée qui provient de notre raison, considérer nos devoirs comme s'ils étaient des commandements divins. De la sorte les prétendus devoirs enveis des êtres inférieurs ou supérieurs à nous sont au fond des devoirs envers nous-mêmes ; il y a ici une ampliibolie des concepts de réflexion moraux ' .

Les devoirs des hommes envers leurs semblables se divisent en deux grandes espèces : les uns ont pour caractère de créer une obligation chez ceux envers qui on les remplit: ils sont méritoires; les autres ne sont pour ainsi dire que la dette payée à la dignité de la nature humaine : ils sont obligatoires ; mais en eux-mêmes ils sont les uns et les autres des devoirs catégoriques. Les premiers sont des devoirs d'amour; les seconds sont des devoirs de respect. L'amour et le respect peuvent, semble-t-il, exister séparément, puisqu'on peut aimer son prochain même quand on le jugerait peu digne de respect, elle respecter même quand on le jugerait peu digne d'amour ; cependant ils doivent toujours être unis au moins de telle sorte que si l'un des deux domine, l'autre s'y joigne accessoirement. Ils sont dans le monde moral ce que l'attraction et la répulsion sont dans le monde matériel ; par l'amour les hommes se rapprochent les uns des autres ; par le respect ils se tiennent à distance les uns des autres. Que l'une de ces deux grandes forces morales vienne h man((uer : on pourrait dire, en appH(jniuil une parole de llallcr, (jiic le néant euglouliiall

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