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^S/i LA PHILO!«OPHIE PRATIQUE DE RANT
dans son gouffre tout le règne des êtres comme une goutte d'eau. Cependant lamour et le respect ne sont pas ici de simples sentiments, que Ion ne pourrait alors sans contradiction êti-e tenu à avoir : ils sont essentiellement des maximes pratiques. Le devoir d'aimer ses semblables, c'est le devoir de faire siennes leurs fins pourvu qu'elles ne soient pas immorales ; le devoir de les respecter, c'est le devoir de n'user jamais d'eux comme de simples moyens pour ses propres fins '.
Le devoir d'amour a sa formule bien connue : Aime ton prochain comme toi-même. Entendu comme il doit l'être, il ne dérive ni d'un intérêt bien compris, ni d'une inclination plus ou moins forte selon les individus et selon les cas, mais du rapport réciproque des hommes tel que la raison nous le fait concevoir par l'idée d'une législation universelle. 11 comprend les devoirs de bienfaisance, les devoirs de reconnaissance, les devoirs de sympathie^. La bienfaisance est la maxime qui consiste à se proposer pour but le le bonheur des autres, à aider selon ses moyens ceux qui sont dans la misère à en sortir, sans rien espérer en retour : elle est d'autant plus méritoire qu'elle-même se considère davantage comme obligatoire ; le vrai bienfaiteur, loin de faire sentir le prix de ses services, doit se croire comme honoré par celui qui les accepte : il doit du reste les rendre le plus possible en secret '. — La reconnaissance est la maxime ipii consiste à honorer une personne pour le bien que l'on a reçu d'elle; elle ne doit être ni une habile façon de se méiiagcf de nouveaux services, ni un inoven purement extérieur d'acquitter une délie, ni une sorte d'affection humiliée el passive. Elle ne s"ap])li(|ne |)as seulement aux