VIII, p. Ùî:i. p
LMMINCE )JL KOI ï^SEAL
peuvent se subordonner aux fins vraies de la nalure humaine. (( Le sauvage, dit Kant, se tient au-dessous de la nature de rhomme ; l'homme dans le luxe erre en dehors des Umites qu'elle a ; l'homme moralement façonné va audessus d'elle '. )) Kant conçoit donc un idéal de l'humanité, qui au heu de restreindre le développement des facultés humaines, le tournerait seulement dans le sens de la conscience ; le retour à la simplicité naturelle doit être une conversion, non une dégradation de notre vie ".
Ce qui inspire en tous cas ces réllexions éparses, c'est le scjuci d'émanciper l'homme des formules conventionnelles avec lesquelles la métaphysique a pris un air de science : cela, dans l'intérêt même de la moralité et des vérités suprasensibles que cette métaphysique prétendait sauvegarder. Ccst ainsi qu il faut repousser énergiquement l'idée d'une religion naturelle, telle qu'on l'entend d'habitude; car, selon cette idée, il ne pourrait y avoir religion que là oii il y a science, et à ce compte la religion n'unirait pas tous les hommes. Aussi peut-on dire que l'homme à l'état de nature, sans religion, est supérieur à l'homme civilisé qui professe la simple religion naturelle ; car, chez ce dernier, la moralité, qui est dans son essence le principe invisible de toute vie religieuse, n'existe que pour faire contrepoids à sa corruption : elle ne saurait donc avoir de vertu positive et révélatrice. Il ne faut parler de religion naturelle que là où il y a moralité naturelle, et, en ce sens, une religion naturelle peut fort bien se concilier avec une théologie surnaturelle comme la théologie chrétienne. Ce qu'il y a de