‹ La philosophie pratique de KantChapitre 91 sur 361 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

182 LA PinLOSOPUIE PRVTIQIE DE R\>T

soutenir que le principe formel du bonheur n'en saurait créer la matière, qu'il n'enferme pas en lui de mobiles pratiques d'action'. Mais on ne saurait non plus composer le ])onhcur de la somme des plaisirs sensibles : car il manquerait toujours ce qui est capable de les unir entre eux et de les rattachera l'action du sujet. En ce sens même on peut dire que le bonheur n'est rien de senti, qu'il est quelque chose de conçu " ; il est plutôt dans la forme intellectuelle d'unité que dans la matière sensible. D'autre part, il se distingue profondément de ccsplaisirs qui dépendent delà salisfaction apportée par Icbasardà desbesoins toujours exigeants, de ces plaisirs mal assurés j3ar la contingence des circonstances favorables et par la brièveté de la vie ; il est une disposition développée parla raison, qui se prive sans peine des causes extérieures de jouissance, qui peut, sans en être atteinte, supporter tous les maux et les tourner même à son profit, au regard de laquelle la mort est un état passif, incapable d'en diminuer la valeur interne \ Il est, en d'autres termes, le fonds ([ui ne doit pas manquer pour que l'on puisse s'éprouver véritablement heureux, hors de ces accidents de la fortune qui ne donnent du bonheur que lapparcnce *. Car au-dessus du bonheur apparent il y a le bonheur réel ; le bonheur réel est défini par des catégories morales, Ces catégories, au lieu de porter sur des objets particuliers, comprennent les objets de la vie et du monde dans leur ensemble ; elles en établissent l'unité, qui est l'unité d'un bonheur empirique possible ; elles représentent donc moins un bien réel que cette forme de la liberté qui convertit les données empiriques en vrais biens ou biens objectifs. Ainsi, par la moralité, l'homme non seulement se rend digne d'être heureux, mais il se rend capable de produire son bonheur ainsi que le bonheur d'autrui, sans que cet effet de sa vertu

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