‹ La philosophie religieuse de Charles RenouvierChapitre 17 sur 70 · LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ

Posant des phénomènes, qui, autour de nous et audedans de nous, constituent la réalité de notre être et du monde, posant des lois, rectrices de l'harmonie et de Tordre universels, posant des catégories, formes générales et régulatrices nécessaires à Fentendement, Renouvier n'a rien démontré et le déclare. Il a posé et proposé à la fois. Ce résultat est conforme au point.de départ adopté ; se fonder sur la croyance c'est n'atteindre jamais que la probabilité. Or il est rationnellement impossible que le point de départ soit autre; qu'il Faffirme parce qu'il le sait, qu'il le nie parce qu'il se trompe, l'esprit débute par la croyance. Donc les solutions auxquelles il s'arrêtera, malgré l'apparence rigoureuse ou la prétention démonstrative des raisonnements, seront toujours et seulement des probabilités.

Par suite, pour les problèmes ne comportant pas l'analyse mathématique, ne reposant pas, uniquement,

sur le principe de contradiction, la personne, avec toutes les facultés diverses que la personne implique, entre en jeu pour examiner le jugement émis par d'autres qu'elle, et ces facultés diverses dont se compose la personne entrent en jeu quand la personne émet son propre jugement. Il n est pas de vérité impersonnelle qui, automatiquement, se fait dans les esprits sa place nécessaire, il n*est pa,s de certitude objective qui, sitôt apparue, inévitablement s'impose. Pour conquérir la vérité et pour posséder la certitude, l'homme doit accomplir un effort qu'il pourrait ne pas accomplir, un effort volontaire. Si pour penser il faut croire, pour croire il faut vouloir.

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