V. — LA TOUTE-PUISSANCE
La volonté divine déploie sa toute-puissance dans l'acte de la création ^. L'intelligence de Dieu se renferme dans l'intelligible, la volonté de Dieu se renferme dans le bien ; comme l'intelligence divine suspend son savoir, la volonté divine suspend sa puissance devant l'apparition, la diversité, l'être ou n'être pas des actes
» Dilemmes de la métaphysique pure,,» p. 170. * Nouvelle Monadologie.., p. i53, 458.
libres. Dîeu semble-t-il ainsi amoindri ? Ayant voulu et voulant encore la liberté de ses créatures, Dieu ne se diminue pas lui-même, mais est fidèle à lui-même, en conservant au monde son fondement de moralité.
La volonté première, la cause originelle. Dieu a eu ce pouvoir qui est un fait, de susciter hors de soi des consciences et des volontés individuelles. C'est là la vraie puissance divine, insondable en son comment initial, insaisissable si Ton essaie de se la représenter avant l'œuvre qu'elle crée ou pendant l'accomplissement de cette œuvre, mais sans contradiction et sans obscurité si on l'imagine relativement à la création, soutenant avec le monde des rapports permanents. La puissance de la volonté divine se distingue de la puissance de notre volonté en ce que nous suscitons simplement des phénomènes, tandis que Dieu suscite d'autres consciences, pour lesquelles existent aussi d'autres phénomènes, et qui sont capables à leur tour d'en susciter de nouveaux. Toutefois, « ce pouvoir n'est que l'expression parfaite et l'extrême portée de la puissance que possèdent les consciences incomplètes extérieurement bornées, comme les nôtres, d'agir pour se modifier les unes les autres, modifier leurs objets respectifs, et se créer par là mutuellement des modes d'être ou les supprimer »*.
Lorsque nous voulons, nous percevons les intermédiaires qui relient la cause, notre volonté, à l'effet, le résultat externe. Par là, nous comprenons mieux l'efficacité de notre action causale que nous ne comprenons le mode de la causalité divine, l'efficacité de la volonté de Dieu donnant l'être à des consciences nouvelles.
Le Personnalisme,., p. i8.
Mais la cause, dans nos actions volontaire des intermédiaires, ces intermédiaires n< cause ; peu importe que nous les saisissi nous échappent. L*efiicacité externe de la ménale interne est, considérée en elle mystérieuse chez l'homme que chez Dieu teur comme chez la créature, elle est i produit en vertu d'une loi *.