IL — SES DOGMES
Dans quel sens Torienterait-il, s'il prévalait dans Thumanité ? Si le christianisme prétend à une influence sur Fesprit et le cœur des hommes, c'est-à-dire sur la société, laquelle est uniquement l'ensemble des individus qui la composent, le christianisme doit pouvoir se légitimer devant le cœur et devant l'esprit» Devant le cœur, sa morale énonce des notions de paix, de justice, d'amour, dont le renouviérisme a signalé la pureté et la profondeur. Devant la raison, sa théologie énonce des dogmes dont la discussion remplit l'histoire de l'Eglise et que la philosophie veut contrôler.
La philosophie ne saurait trouver recevables, même à titre d'hypothèses, que les données religieuses ne contredisant ni les résultats scientifiques acquis, ni le principe de contradiction. Cette double condition ne peut pas ne pas être acceptée. Elle n'est pas une loi imposée, elle est l'aspiration spontanée de la théologie, le but trop souvent méconnu mais vers lequel cependant s'efforce la systématisation des croyances chrétiennes. Il n'y a pas de vérité en désaccord avec les autres vérités — rien n'est plus évident que cela, à moins que ce ne soit ceci : il n'y a pas de vérité contradictoire en elle-même.
Les solutions formulées déjà et relatives, d'une part.
à la conception anthropomorphique de Dieu, à sa nature, à son action créatrice, et, d'autre part, relatives à la liberté de Thomme, interviennent ici, comme point de départ de la critique et comme point d'appui des arguments.
Le rapprochement de la philosophie et du christianisme s'est manifesté dans l'identité des problèmes que rencontrent également la raison et la foi ; l'accord du christianisme et de la philosophie s'est opéré dans maintes solutions données aux questions vitales. Là même cependant où les thèses philosophique et religieuse sont identiques par l'affirmation commune, elles diffèrent quelquefois par la manière de poser et de comprendre la commune affirmation.