‹ La philosophie scolastique, exposée et défendue (volume 4)Chapitre 11 sur 38 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DE l'origine de l'aME miMAINE.

Les divers systèmes ^ lenrs partisans.

855. De tout teuips^ Torigine de Tàme humaine a été l'objet de vives controverses , et même quelques Pères croyaient que cette question est entourée de ténèbres impénétiubles. On peut toutefois ranger en trois classes les diverses opinions qui ont trouvé des défenseurs dans le cours des siècles. A la première classe appartiennent celles qui sont nées des formes si variées du panthéisme. Ces opim'ons s'accordent bien en ce que toutes font émaner l'âme de la substance même de Dieu ; mais pour tout le reste elles sont très-variées comme l'erreur qui les a fait naître. Tantôt on déclare sans détours que l'âme est une parcelle de Dieu, tantôt qu'elle est un écoulement de la substance divine, tantôt enfin on voit en elle une individuation ou un phénomène de l'être même de Dieu, selon qu'on regarde le premier principe de toutes choses ou avec les matérialistes comme corporel ou bien comme spirituel, ou enfin comme l'indifférence de toutes les choses distinctes. Nous rangeons dans la seconde clause les opinions d'après lesquelles les âmes procèdent, comme les corps, de la substance des parents par le moyen de la génération. Elles sont au nombre de deux. L'une veut que la propagation de

t>HlL080raiB SOOLABTIQOE. «» T. IV. U

rhommese fasse, sous tout rapport, comme celle des substances naturelles. La force plastique inhérente à la semence corporelle ayant organisé cette dernière, l'âme se forme, par le concours des forces de la nature, lorsque Tembryon vient à être animé. Dans l'autre opinion, au contraire, on attribue à l'esprit comme tel une influence spéciale sur la génération. Dans les substances naturelles aussi l'âme a une certaine part à la génération ; car elle est le principe de toute activité, et la force plastique ne peut se trouver dans la semence que parce que celle-ci est le produit d'un corps vivant. Mais pour la génération de l'homme on prétend que l'âme intervient avec son activité non-seulement en tant qu'elle anime le corps , mais encore en tant qu'elle est un principe immatériel, et qu'elle met dans la semence corporelle un élément spirituel. Parmi les savants qui ont embrassé cette opinion, quelques-uns se contentaient de faire comprendre la manière dont l'esprit se communique en le comparant à la lumière qui en allume plusieurs sans être diminuée ou changée en elle-même \ D'autres, toutefois, ont recours à des explications plus précises. La substance spirituelle, disent-ils, contient également une certaine matière, mais qui diffère de celle des corps ; il est donc possible qu'elle produise une semence qui lui soit exclusivement propre, et que cette semence spirituelle s'unisse dans la génératioH à la semence corporelle. Telle est, comme

^ Est et alius modus dicendi^ quod animarum productio est per traductionem ex anima sicut caro ex carne ; et sicut ab una candela accenduntur multœ^ sic ab anima per sui multiplicationem absque diminutione vivificantur multa corpora^ et de hoc aliquando dubitaverunt catholici tractatores et Augustinus maxime. (Si Bonav.^ in lib. II, dist. xviii^ a. 2^ q. 3.)

D'autres se servaient de Timage d'une étincelle, image à laquelle on est revenu de nos jours : Alii cœlitus missas corporibus infundi affirmaverunt, alii ex traduce, alii ex coïtu masculino et féminine gigni veluti ex ferro et lapide ad invicem concussis favilla excutitur; (Hugo Ether. Ikanimanm regressu, lib. II, c. 21. Bibl. Max., t. XXI.) •^ Ùi Greg; Nyss.j de animay c. 4.

nous le verrons plus loin, Topinion que saint Augustin, sans la rendre sienne, n'osait pas rejeter. Ces deux opinions sont appelées tantôt tradudanisme^ tantôt génératior' nisme; cependant quelques auteurs n'appliquent ce dernier nom qu'à la seconde opinion, réservant le nom de traducianisme à la première qui est plus matérialistique.

856. La troisième classe forme les opinions qui font commencer l'âme humaine, non par génération, mais par création. Il y en a encore plusieurs. Avicenne et d'autres philosophes arabes * attribuaient l'origine de l'âme humaine à l'action créatrice continuée de l'Ange qui met en mouvement la sphère céleste la plus basse, en sorte que, comme le ciel influe sur la formation du corps , cet esprit produirait l'âme. Nous disions : « à l'action créatrice continuée, » car, selon ces philosophes, l'homme et tous les corps ont été créés dès le principe par les Anges. Ils croyaient qu'il répugnait à la simplicité et à l'unité divines de créer beaucoup de choses ; aussi n'attribuaient-ils à l'activité de Dieu que la création de l'Ange le plus parfait. Celui-ci aurait produit, en connaissant le principe suprême, un autre esprit moins parfait, et, en se connaissant lui-même, la sphère céleste qu'il meut. Ainsi on constituait un Ange cause d'un autre Ange, et l'on regardait le dernier des Anges comme le créateur de la nature et de l'homme. Mais de même que, selon ce système, la simplicité divine ne permet pas à Dieu de créer beaucoup de choses , de même son immutabilité s'oppose à ce qu'il crée toujours de nouveau. Par conséquent , l'Ange qui aurait créé le monde sublunaire devait produire sans cesse dans la génération les âmes humaines ; toutefois non les âmes humaines seules, mais encore les âmes animales et même toutes les formes substantielles S Car ces mêmes philosophes croyaient que les forces de la

* DeintelL, cap. !V, dist. III. — Cf. Lib. de causts, prop. 5.

* Cf. S. Thom., in lib. II, dist. xvin, q. 2, a. 2. — S. Bonav;^ loc. cit.

leA M LYMUMSINE DE L'ÂME HUMAINE.

nature préparent seulement la matière, mais qu'un être supérieur crée les formes (n'' 78). Enfin ce même Ange était aussi pour eux Yintellectus separatus qui engendre dans notre intelligence les formes intelligibles (n"" 53).

857. Dans ce système, comme on voit, se trouvent combinées les idées de Platon et celles d'Aristote. On admet avec Aristote autant d'Anges ou d'intelligences qu'il y a de sphères célestes mues par eux; mais, pour déterminer d'une manière plus précise l'origine de ces Anges et leur influence sur ce monde que nous habitons, on a recours à la théorie de Platon sur les idées. Et , quoique ces philosophes arabes parlent de la création, peut-être même avl3C l'intention d'en maintenir la notion véritable, cependant l'affinité intime de leur système avec la théorie panthéistique de l'émanation est manifeste. D'ailleurs, on ne peut nier qu'en général la théorie platonicienne ait de tout temps prêté la main à ces spéculations panthéistiques. Néanmoins, en ce qui concerne notre question relative aux âmes, on doit reconnaître qu'en défendant avec netteté et avec un zèle infatigable la véritable immortalité , c'est-àdire la durée individuelle de l'âme après la mort, Platon a écarté la conséquence la plus pernicieuse qui découle de la philosophie panthéistique. U faut avouer, toutefois, que cette vérité même est encore défigurée dans son système par sa doctrine sur la métempsycose ou la migration des âmes. Presque les mêmes observations s'appliquent à Aristote. U enseigne et prouve solidement, comme nous l'avons vu, la différence essentielle de l'esprit humain d'.avec le principe vital des substances naturelles, et de ce que l'esprit est libre de la matière ou inmiatériel, il conclut son immortalité ^ Mais, en une autre occasion, il s'exprime d'une manière qui permet de douter qu'il ait connu cette vérité avec

> De ankm, lib. III^ c. 3, seqq. — Cf. Metaph., lib. XU (al. XI), c. 3. — * J5(Mc.> lib. X, c. 7 et 8. — De générât antm., lib. 11^ c. 3»

DS L*0RI6INE DE L*ÂBfE HUMAINE. 165

une pleine certitude \ Quoi qu'il en soit, il est certain qu'on trouve chez lui des traces de la métempsycose, et les scolastiques disent avec raison que cette opinion découle nécessairement de sa doctrine sur Tétemité du monde. En effet, si le monde, et le monde tel qu'il est, existe de toute éternité, comme le soutient Aristote, les âmes doivent ou périr à la mort ou bien s'unir toujours de nouveau à d'autres corps ; autrement il existerait un nombre infini d'âmes séparées, et ce nombre infini d'êtres existant tous à la fois, déjà absurde en soi, serait encore augmenté tous les jours". Aussi ne trouve-t-on rien, dans les œuvres d'Aristote, sur l'origine de l'esprit humain, si ce n'est ces paroles connues qu'il vient du dehors. Ces paroles disent clairement que l'âme humaine n'émane pas des parents. Aristote se pose, en effet, cette question si les âmes se forment dans la matière, c'est-à-dire, selon lui, dans la semence féminine, ou bien si elles viennent en celle-ci avec la semence masculine, et, dans cette dernière hypothèse, si elles se forment dans cette semence même ou si elles viennent du dehors (Oupaôev) pour s'unir à elle. C'est cette dernière opinion que soutient Aristote; toutefois il ajoute que « l'âme raisonnable seule, étant quelque chose de divin, vient du dehors, » insinuant ainsi que cette âme avait déjà l'existence avant la génération. Si les autres âmes ni ne viennent ni même ne peuvent venir du dehors, la raison en est, d'après le Stagirite, qu'elles ne pouvaient pas exister déjà auparavant. En effet, èomme ces âmes ne se

^ Sur ce points on a beaucoup disputé^ surtout au commencement du seizième siècle. Cf. Suarez^ de a/nima, lib. I^ c. 11. — Théologie âer Vorzeity dernier volume, n. 94.

^ Si generatio hominum est sempitema^ oportet inûnita corpora humana generari et corrumpi secundum totum temporis decursum. Aut ergo oportebit dicere^ animas prseexstitisse actu infinitas^ si singulae animae siDgulis corporibus uniuntur^ aut oportebit dicere^ si anims suot finitœy quad eaedem uniuntur nunc bis nunc illis corporibus. (S. Thom., Contr. Gent.» lib. Il, c. 83^ d. iO.)

forment que pour être l'acte du corps, il n'est pas moins impossible qu'elles existent sans le corps qu'il n'est impossible à un homme de [marcher sans pieds ni jambes. L'âme raisonnable seule vient du dehors , parce qu'elle a une réalité indépendante de celle du corps \ Néanmoins Aristote enseigne , en un autre endroit , que toute forme substantielle ne se forme qu'avec l'être dont elle est la forme; ce qui, toutefois, n'empêche nullement, suivant lui, que certaines formes continuent d'exister après la dissolution de cet être, ainsi qu'il faut l'admettre pour l'esprit humain *. Il est vrai que plusieurs savants ' se sont efforcés de mettre d'accord ce dernier passage avec celui que nous avons examiné plus haut; cependant nous voyons plutôt, ce semble, se confirmer ici l'observation que font d'autres, savoir, qu'en soutenant l'éternité du monde Aristote a été entraîné non-seulement à admettre d'autres erreurs , mais encore à être peu ferme et peu d'accord avec lui-même dans la profession de doctrines très-exactes *.

* "Oti fi.èv Tofvuv pô)^ ol^v Te ititraç itpouicdlpj^eiv, cpaveprfv l<mv Ix twv 'ïOtouTCdv. ''Oacdv yocp laxiv âp^cov ^ Ivépyeta ab>(xaTix')), $9iXov Sxi Taurotç dfveu acofAttTOc àSuvaTOV ôicap^e^v * oTov ^aS^Çeiv dfveu icoScav * SdTe xal OupaOev elai^vat à$uvotTov. Oute yàp aur&ç xaO' éauxàç eldisvai oTov Te èr/(a^iaTO\jç o^gol^, oW Iv acofjLaTi eldievai. To y^p ffwépfAa irepCx- TCO(&a fAeTa6aXXo^ar,ç ttjç TpooTJç (laxC). AsiTrexai Bk tov vouv [jiovov OtSpaOev iTceifftevat xa\ Oeîov eivai {jiovov. OuSàv y^p a^Toti tyj Ivepye^a xoivcovel oio(AaTix^ Iv^p^eiot. (De gênerai, anim., lib. Il, c. 3.)

^ £i Bi xa\ ôorepov ti ÔTcojjiévEi, ^xeirrsov. 'Ëir' Ivicov y^p où$iv x(dXu6i • oTov, t\ ^ ^05^^) TOioîÎTOv, [x-J) TcSda àXX* ô vouç* (Metop^., lib. XII (al. XI), c. 3.)

' Toletas, in Arist,, lib. III, de anima, cap. 5, q. 15.

* Hinc orta fuit inconstantia in yerissimis opinion ibus : quod

infinitum (magnitudine vel numéro) sit impossibile, et quod anima rationalis inceperit cum corporibus et post mortem non iterum redeat ad corruptibilia et mortalia corpora. Si enim mundus fuit ab œtemo et animae sunt immortales; ergo jam fuenint productae adeoque dantur de facto infinitae animae ; vel si solum sunt finitae^ ergo eœdem animae post mortem corporis redeunt infinitis yicibus ad corpora; ergo animas rationales non incipiunt cum corporibus sed

858. L'erreur d'Orîgtae, connue sous le nom de précxistentîanisme, était également née de la philosophie de Platon. D'après le docteur alexandrin, Dieu n'avait créé au commencement que des êtres spirituels, parfaits sous tout rapport. Mais, un grand nombre d'entre eux ayant péché, Dieu créa le monde des corps pour unir les esprits déchus à des corps d'une matière subtile ou plus ou moins grossière, selon le degré de leur culpabilité. Tandis donc que, selon Origène, les esprits célestes demeurent en des corps plus ou moins éthérés, les esprits damnés auraient reçu des corps froids et ténébreux, et Thomme formerait le milieu entre les uns et les autres \ Ce mythe a été énergiquement combattu par les Pères de l'Église comme une erreur grossière, même avant qu'il eût été frappé d'anathème parle deuxième concile de Constantinople *. 11 faut remarquer, toutefois, qu'Origène ne regarde pas les âmes comme éternelles ou , selon l'expression de Platon, comme sans commencement, et qu'il ne parle pas d'une manière équivoque de leur origine divine, mais il enseigne expressément que Dieu les a créées dans le temps.

859. Nous sommes ainsi amenés à la dernière des opinions qui ont été soutenues sur cette question. Elle enseigne que l'âme humaine est créée par Dieu, mais seulement au moment où elle est unie au corps. Afin d'exclure encore plus nettement l'idée d'une préexistence et de mieux approprier le langage à la relation de l'âme avec le corps, on se sert encore, pour exprimer la doctrine qu'il s'agit de dé-

ante eraot; ergo redeundum est ad Platonicas et Pythagoricas fabulas de redita animarum ad corpora; de circulationibus^ quibus absolutis recurrant esedem generationes ; de oblivione, per quam animae^ dum untuntur materiae^obliviscuntur omnium^ quse sciebant; de acquisitione scientiae per reminiscentiam, ad quas fabulas in aliis Mbris rejectas coactus est Aristoteles inclinare in problematibus. (Maums^ m Arist Metaph., lib. Xll^ c. 5.)

* Depnnc,, lib. I, c. 7 et 8.

• Theol. der Vorz,, tom. 1, p. 670.et ss,

fefidre ctmtre Origëne, de cette fommie : L'âme est créée, non awamt le cor|»> mais dam le corps^ La mèam pensée est eiprimée> parles éermins eecléâastiques^ dans ces paroles qui refiennent souvent dans leois éerhs: animas crmamiù inftmdi et mfundmîdo creari^. Tdie tôt la doctrine gèimlement ensmgnée dans FE^ise.

De tous les écriwns eedésastiqaes antérieurs à saint Augustin^ on ne peut cifter^ outre TertulSen^y qœ Ru/m* dont la réputation est loin d^ètre irréprochable, et paitdkreencfHre Jtôanre^ comniefEnrorablesàlagénânifticHides âmes; taïuiîs que les Pteesetles Docteurs les {dus célèbres dans l*Égiîse se proocHK^it pour la cràttion de Tâme*. Toutefois saint Augustin trouvait de grande difficultésà

* S. Tbom.» Smum., p. r, «{. se, a. 3.

^ A rendroit di^ ckéy suât Bonaventnie pounait ainâ : Est tertiii&iiiodiisdiemdicallidkQS^ irefus» quodammae non seminantinv sed fonnatis eorpaiibos a Deo creantuTy et creando infondimtiir^ et iaftaideiKlo prodoemitiir.

»ntmÉMB>c>gr>

^ Voir foirmge de saint Jârome : Adoenms BMflÊmm, làh. U, a.S^seqq.

Voki les qndcpKS paroles où il semble parier de cette question:

01 tsl 'fiç TOKzê^ Is Tiic Ibrrmw fttcnK fcrMÔai tbtmk ex toS

MfâflKToçoiMiv xKi'nrc 4'^'<3^* (flMk, JSXy n. !•)

De ces pin^ (m ne peut pas conclure avec certitade quelle aété son opinion. Personne ne nie que rame et le corps engendrent ensemble» mais il ne s'ensoit pas que l'âme et le corps soient eng«idrés» Macaire semble toutefois vouloir exprimer cette dernière p^tisée ; car autrement on ne s'expiiq[uerait pas pourquoi à ces mots et Tvîç ifltuTMw fusntç, il ajoute comme une explication ces paroles : et tou mfiaroc» etc.

• aem. Alex., Slrom., IV, 26; VI, i6. — Atban., Contr. AfoiL, lib. I, c. 4. ùmtr. GetU., lib. I. — Greg. Naz., m Utudem Virg., V, Z9St. — Epbraem, Le perfeei. monach. ^ Chrysost., «i varia loca Maitk., bom. 22. — Cyrill. Alex., Epist. I. -^ Lactant, de opif. Bày c. 19w — ins^., lib. H, c. 12, lib. III« c. 18. ^ Hilarins, de IVâHr., Ub. X. — Ambros., de Noe et Areay cs^. 4. C'est saint Jérôme qui traite cette question le plus au long, non-seulement dans l'ouTrage cité contre Rufin, mais encore J^jirt. XXXVIII (al. LXI) ad Panmadknan. Efisi. CCXXVl (al. UXXII) ad MarceUknm. In Eedes., eaf. ult.

concilier cette doctrine avec le dogme du péché originel pour lequel il avait tant à combattre contre les Pélâgiens. n soumit donc à un eiamen sérieux les textes de TÉcriture sainte par lesquels on veut prouver la création des âmes. Gomme ces arguments ne lui paraissaient pas entièrement démonstratifs, il propose qu'on réponde aux Pélâgiens de cette manière : Que le péché d'Adam se propage et que tous les descendants du premier homme soient par nature enfants de colère, c'est une vérité attestée par les témoignages les plus clairs de la parole de Dieu ; mais il est incertain si les âmes des enfants sont, comme les corps, engendrées par les parents ou si elles sont créées par Dieu. Il rejette expressément, à plusieurs reprises , la doctrine de ceux qui supposent, pour expliquer la génération de Tàme, que celle-ci émane de la semence corporelle, en sorte qu'elle serait elle-même corporelle. Il se demande, néanmoins, s'il n'est pas possible qu'une semence spirituelle s'unisse d'une manière mystérieuse avec la semence corporeQe, et il n'ose ni affirmer ni nier cette question *. Quand donc un écrivain, allant beaucoup plus loin, affirme de nos jours que « saint Augustin est au fond favorable au génératianisme, qu'il ne se prononce jamais contre cette opinion , et que toute la concession faite par lui au créatianisme consiste uniquement à ne pas condamner absolument ce système et à permettre, sous certaines conditions^ de le soutenir', » — il avance une thèse dépourvue de tout fondement. Dans

* Nam et illi^ qui animas ex una propagari asserunt^ quam Deus primo homini dedit^ atque ita ex parentibus trahi dicunt^ si Tertulliani opinionem sequuntur^ profecto eas non spiritus^ sed corpora esse contendunt^ quo quid perversius dici potest? (Epist. ad Optât. i90 (al. 157.) — Dans la même épitre, il formule ainsi la question qui lui paraît douteuse : Utrum incorporeum semen animae sua quadam occulta et invisibili via seorsum ex pâtre currat in matrem, cum fit conceptus in femina? (Cf. De Gen, ad Htt.y lib. X, c. 20.)

* Froschhammer^ Ueber dm Urspnmg der menschlickén Seelen (de l'origine des âmes humaines)^ p. 62.

ITi DK CnKBfE DE L'AME HfJMADIE.

tous les oiifrages où saint Augustin touche à cette question, même étais ceux qu'il composa yers la fin de sa Tie, il repaie toujours ce qu'il ayait dit dès le principe, savoir, qu'il est indécis» qu'il se sent incliné tantôt Ters l'une tantôt ^rs l'autre opinion \ S'il répondait aux arguments qu'on ftdt valoir en fiivear du créatianisme , il ne réfutait pas moins les preuves sur lesquelles on fondait le génératianisme. 11 blâme même dans les termes les plus énergiques ceux qui > en rejetant le créatianisme , adoptaient d'une manière excludve le génératianisme *. D'abord il avait dit qu'il verrait des arguments aussi forts d'un côté que de l'autre, si le dogme du péché originel ne militait pas pour la génération des âmes ' ; mais plus tard il avouait qu'il se déclarerait pour le créatianisme, aussitôt qu'on lui aurait donné la solution de cette seule difficulté *. H avait donc fini par reconnaître qu'abstraction faite de cette difficulté, les preuves en faveur de la création des âmes l'emportent sur celle de l'opinion contraire.

^ Ego adhuc inter utrosque ambigo et moYcor^ aliquando sic, aliquando autem sic. (De Gen. ad litL, lib X, c. 21.)

Quariun autem rerum et causarum permoveor, ut io neutram assertiouem mens inclinetur assensus, sed adbuc inter utramque disceptem. [Epist. ad Optai., 190.)

Ego nec défende uec refeUo. (De orig. animœy lib. I, c. 16.) — De même lUtract,, lib. n^ c. 45.

^ Itemque illi, qui propaginem animarum inconsiderata temeritate defendunt, inter alia testimonial quae suae causae sufTragari arbitrantur, etc. (Epist, ad Optai.) — Dans son épître à saint Jérôme (166 (al. 28), n. il etsqq.), il examine également les preuves apportées par les partisans du génératianisme, et dit qu'excepté celle qui se tire du pécbé originel, toutes sont faciles à réfuter.

^ His igitur, quantum pro tempore potuimus pertractatis, omnia paria vol psene paria ex utroque latere rationum testimoniorumque prouuutiarum, nisi eorum sententia, qui animas ex parentibus creari putaut, de baptisma parvulorum praeponderaret. (De Gen. ad litt., loc. cit., cap, 230

^ Uude ilia de animarum novarum creatione sententia, si banc fidem fundatissimam (il parle du péché originel) non oppugnat, sit et mea : ^ oppugnat, non sit et tua. (Epist. ad Hier., n. 25.)

DE L^ORIGmE DE L'AME HUMAINE. 171

860. S. Augustin a été approuvé dans cette question par bien des savants, surtout dans FÉglise d'Occident. Des hommes d'une grande autorité n^ont pas craint de soutenir plus tard le même sentiment. Non-seulement Fulgence , disciple du saint docteur, mais encore saint Grégoire le Grand, saint Euchaire et saint Isidore, croient qu'on ne peut rien affirmer avec certitude sur l'origine de Tâme humaine \ Néanmoins cela n'a nullement empêché saint Léon le Grand de parler, dans son encyclique célèbre adressée à Torribius, de l'origine des &mes dans le sens du créatianisme *. Et, pour ne pas citer tant d'autres écrivains ecclésiastiques, le vénérable Bède et saint Bernard ' n'ont pas craint de se prononcer de la manière la plus formelle pour la même doctrine. Pendant cette période, on n'a pu trouver, en faveur du génératianisme, que quelques paroles du prêtre Anastase. Donc, ce dernier, TertuUien, Macaire

* S. Fulgent,, De prœdest. etgrat.ylih. III, c. 18. —S. Greg., Epist,, lib. \ÏI, ep. 53, ad Secundinum. — S. Euch., in Gen., lib. Il, a. 2. — S. Mdor., de off. eccL, lib. H, c. 23.

' Ed parlant des priscillianistes, il s'exprime ainsi : Omnes eos catholica fides a corpore suae unitatis abscidit, constanter praedicans atque yeraciter, quod animae bominum, priusquam suis inspirarentur corporibus, non fuere; nec ab alio incorporantur nisi ab opifice Dec, qui ipsarum est creator et corporum. (Epts^, XGIII> c. 10.)

Cette lettre, comme nous venons de le dire, est dirigée contre Terreur des priscillianistes, d'après lesquels les âmes sont créées avant les corps et ont été renfermées en ceux par des esprits bostiles. On peut néanmoins les citer aussi contre le génératianisme, parce que les termes choisis dans cette lettre sont opposés à ce dernier système. Car, si les âmes sont inspirées dans les corps et si elles ne sont unies à ceux-ci que par Dieu, elles ne peuvent avoir pour auteur que Dieu seul. Dieu doit être en conséquence créateur des âmes dans un sens plus rigoureux qu'il ne l'est des corps. Du reste, l'autorité de ce témoignage est si grande, parce qu'il est contenu dans une encyclique pontificale qui a toujours été reconnue dans TÉglise universelle comme un document dogmatique.

* Yen. Beda, de elem, phiL, c. 4. — S. Bernard, SetTn, 2 de Nat, LrUy sub finem,oùil dit en parlant de l'âme : Creando immittitur, et immittendo creatur.

et Rufin sont les seuls écrivaiDS ecclésiastiques qui aient proprement embrassé ce système*.

Déjà, avant saint Bernard, on avait dans toute TÉglise rejeté entièrement toutes les autres opinions et regardé le créatianisme comme seul vrai, et depuis ce temps on Ta toujours enseigné avec une certitude croissante". Les scolastiques étaient unanimes à embrasser ce sentiment. Comprenant d'une part que la création de chaque &me individuelle ne répugne pas au dogme du péché originel, ils croyaient d'autre part connaître avec une pleine évidence Tincompatibilité de la génération des âmes avec leur spiritualité et partant avec leur immortalité.

Bien que nous ne traitions pas ici la question au point de vue théologique, nous devons faire observer néanmoins, pour compléter cet eiposé historique, qu'on serait dans Terreur si Ton croyait, avec certains auteurs, que l'Église n'a rien défini sur cette question. Quand il s'est agi de la réunion des Arméniens avec l^Use catholique, le pape Benoit XII exigea, entre autres conditions, que les évêques d'Arménie, assemblés en concile, rejetassent solennellement certaines erreurs qu'on avait répandues en ces régions. Or la cinquième de ces erreurs était précisément que, <i semblable au corps venant du corps des parents, l'âme de l'homme est engendrée par l'âme des parents, en vertu d'une propagation ^[ÀritueUe, comme l'est une lumière par

* Saiut Pierre Chrysologue dit : loanis est patris matrisqœ labor^ oisi itt gemÙAe affiierit opos et aactohtas coaditoris (Serm. IQ. Ces parole$> coQUne on \oit aisémeat» pem^ent aytissi bien s eateadre dron simple coacours de Dieu que d^ule iiiâuence créatrice. Aussi ks a-t-ou citées taatdt pour tautOt contre le génératianisote. — QombX à ThécHioret> nous aurons plus tard Toccasion de parier de sa doctnne.

^ Cf. Gennadius» de dogm. acc^> c. 13. — Rhab. JHaur.^ éi Univ«rso, Ub. IV> c. iO. — Rupertus AJt>bas> w Gewskty lib. H, c* 21. — Hugo Ether> de œnvn. regre$SHy lib. U> c. ^1. — Odo Camar» ai fêoooto origm,^ lib. Ui. — Et parmi les Grecs: .Cneas GazaeusTheo^.^ p. â9, ediU Tigur. — Cîesarius, JWai.> interrog. 102.. — Sevenis Catena, i» o^p. JX Joan. — ProcopiusGa%a&u^ od oa^. IV ~

une autre lumière. y> Les évéques arméniens se soumirent sans difficulté à cette exigence du souverain Pontife, et déclarèrent dans leur réponse que cette proposition avait toujours été regardée dans l'Eglise d'Arménie comme une erreur ^ Dans tous les siècles suivants, les théologiens sont unanimes à rejeter la génération des âmes. Sans parler des philosophes incrédules et des médecins matérialistes, quelques théologiens protestants seuls souscrivaient encore angénératianisme, lorsque de nos jours Klée donna Toccasion de traiter encore cette doctrine comme une question controversée. Il avoue, sans doute, à la fin, que le génératianisme offre des difficultés insolubles ; toutefois il présente cette question comme indécise et douteuse'.

Argun^ents des scolastiques ponr pronver la création des Âmes.

861. Abordons à présent la question même. Les scolastiques examinent toutes les opinions dont nous venons de psu4er, et plusieurs suivent, avec saint Thomas ', le même

^ Item quod quidam Magister Armenorum Mechetaris^ qui interpretatur paraclitus, de novo introduxit et docuit^ quod anima humana filii propagetur ab anima patris sui, sicut corpus a corpore^ et Angélus etiam unus ab alio ; quia cum anima humana rationalis existens et Angélus existens intellectualis naturse sint quaedam Imnina spiritualia^ ex se ipsis propagant alia lumina spiritualia.

Et voici ce qu'on lit dans la réponse des Évéques : Hic errer, quod anima hominis propagetur ab anima patris sui sicut corpus à corpore... semper'fuit excommunicatus in Ëcclesia Armenorum et maledictus sit. (Regnaldi^ Ann, eccLy an. 1344^ nn. 46-49.) •— Cf. an. 1346, n. 68. — Marten., Yet. script, t. VII, p. 319.

> Dogmatih, tome II, part, u, pp. 313-319.

• Summ,, p. I, q. 90, per totam. — Il traite les mêmes questions dans un ordre un peu différent. Contr. Gent, lib. II, cap. 83-89. — In lib. n, dist. xvii, q. 1, a. 2. — Dist, xvm, q. 2. — Qusest disp. de ipot, q. 3, a. 9 et 10.

ordre que nous avons adopté dans leur exposition. Ils réfutent d'abord Terreur de ceux qui font émaner Tâme de la substance même de Dieu et ils prouvent qu'elle ne peut non plus naître de la substance des parents, mais que son origine s'explique seulement par la création. Posant ensuite cette question : Qui les a créées? ils établissent que ni un Ange ni aucune autre créature, mais Dieu seul peut être leur créateur. Us prouvent enfin contre Origène que les âmes n'ont pas été créées au commencement du temps, ni même, en général, avant la formation de leur corps, mais que chacune est créée dans son corps.

Pour réfuter l'opinion des panthéistes qui prétendent que l'âme émane de V essence divine^ les scolastiques démontrent qu'elle supprime en Dieu les perfections sans lesquelles nous ne pouvons concevoir l'Être suprême^ Il faut que l'Être premier et incréé soit éternel, non-seulement en ce sens qu'il ait toujours existé, mais encore de manière qu'il n'y ait aucune succession de temps ni dans son existence ni dans ses opérations ou sa vie. Donc , comme les âmes deviennent, existent et opèrent dans le temps, il est impossible qu'eues appartiennent à l'essence "divine. D'ailleurs, le même motif qui nous fait concevoir l'essence divine comme éternelle prouve aussi qu'elle est l'actualité la plus pure ou l'acte même ; d'où nous devons conclure que l'âme humaine, possédant, par son essence, des facultés et des forces qui se développent peu à peu et s'exercent les unes après les autres, doit être distincte de Dieu quant à cette essence même. En outre, de même que l'opération de Dieu est acte pur, de même l'Être divin est actualité pure ; or, si les âmes émanaient de Dieu^ celui-ci se développerait quant à son être, et son essence même serait sujette au changement. Enfin Dieu ne peut être l'acte ou la forme d'un autre, tandis que l'âme est la forme du corps*. Mais ces pensées ont été déjà

' Contr. Qent, iib. II, c. 85.

expliquées, du moins en partie, dans les études précédentes ; nous aurons d'ailleurs à y revenir dans la dissertation suivante. Qu'il nous suffise donc de les avoir rappelées ici. Tournons-nous à présent vers la seconde question, savoir, si les &mes émanent de la substance des parents, comme en émanent les corps.

862. Gûnther pense que saint Thomas d'Aquin, en sou-* tenant la doctrine de l'Église sur la création des âmes, s'est mis en contradiction avec les principes de sa propre philosophie^ Les philosophes, au contraire, qui de nos jours se prononcent de nouveau pour la génération des âmes, accusent la scolastique de s'être laissé séduire par une notion inexacte de la génération à combattre comme une erreur la seule doctrine vraie sur l'origine des âmes. Analysons d'abord les arguments de ces derniers philosophes; dans le chapitre suivant nous noys occuperons du reproche de Gfflnther.

Voici comment raisonnent les partisans du génératianîgme : Si nous considérons l'origine de l'homme en tant qu*élle est accessible à l'observation et que nous jetions un regard sur toute la nature, rien ne s^oppose, à ce point de vue, à ce que l'homme soit engendré quant à tout son être, absoluoient comme toutes les substances de la nature. Partout, dans la nature, un organisme produit un autre organisme de même espèce. Or, bien que par son âme l'homme soit essentiellement distiftct des substances naturelles, et supérieur à elles, toutefois son âme forme avec le corps un sml être, un seul organisme, et c'est cet organisme, cette nature une de l'homme qui engendre. Donc, si cette nature génératrice est parfaite, il ne peut pas sembler étrange que h force génératrice qui se trouve en elle soit parfaite. Comme la plante engendre des plantes, et l'animal des animaux^ de même l'homme engendre des hommes. Du reste^

* Vorsch., tom. I, p. 374*

dit-on encore, rien ne peut nous engager à supprimer cette analogie et à recourir à une intervention immédiate de Dieu dans la génération de Thomme ; car, en agissant ainsi, on abaisserait d'un côté la dignité de Fhomme, et de l'autre ou attribuerait à Dieu une conduite peu en harmonie avec la perfection de sa providence. Les parents seraient alors les auteurs, non d'un homme, mais d'une masse de chair, et les relations, si importantes pour la vie morale, entre les enfants et les parents, perdraient leur fondement le plus intime. En outre, les livres saints rapportent que Dieu, après avoir créé le monde en six jours, s'est reposé le septième jour; il semble donc plus conforme à la raison que le Créateur ait disposé la nature de manière que, pour se propager, elle n'ait besoin que de son action conservatrice et de son concours. La théorie qui recourt à la création pour expliquer l'existence des âmes doit, au contraire, admettre une activité créatrice sans cesse renouvelée, une série ininterrompue de miracles. Ajoutez que la génération de l'homme est trop souvent criminelle. Or, si l'on suppose que les parents sont auteurs de tout l'homme, cela ne &it pas de difficulté ; on y voit seulement ce qui a lieu dans toutes les œuvres coupables : les hommes abusent d'une puissance qui leur a été conférée par le Créateur. Au contraire, si l'âme est créée par Dieu, il faut que cette opération immédiate de Dieu se combine avec les actes immoraux des hommes pour la produiftion d'un seul et même être. Telles sont les raisons fondées sur le mode de la génération.

Mais la manière dont l'homme se développe semble indiquer également que l'esprit et le corps ont la même origine. Le corps se forme peu à peu^ et n'arrive qu'après un certain nombre d'années à son plein développement ; il en est de même pour l'esprit. Pendant assez longtemps, celui-ci est même tellement plongé dans la vie sensible qu'il ne se manifeste point selon les puissances qui le distinguent. Ce

sommeil de Tesprit et ce développement qui se fait avec lenteur n'ont pas de quoi nous étonner, si l'àme procède, par voie de génération, de la nature spirituelle des parents, comme le corps émane de leur nature corporelle ; car, en toute génération parfaite, nous découvrons d'abord la force vitale sommeillant dans la semence et, à partir du germe, se développant peu à peu. Si,, au contraire, l'àme arrivait à l'existence par la toute-puissance créatrice de Dieu, elle devrait, dès le principe, être apte à exercer son activité et n'être pas d'abord sans conscience ni liberté. Enfin, si les hommes ne descendaient les uns des autres que pour le corps et non aussi pour l'ftme , on ne pourrait pas s'expliquer l'unité du genre humain, sans laquelle toute Thistoire de l'humanité en général, et en particulier le péché originel et la rédemption, seraient incompréhensibles \

863. Si toutes ces considérations semblent militer pour le génératianisme, on croit, d'autre part, pouvoir infirmer sans peine les arguments qu'on apporte pour la création des âmes. On va même jusqu'à dire que les anciens théol(^ens et surtout saint Thomas n'ont pas compris le véritable point de la controverse. Il ne s'agit pas^ dit-on, de ce que le Docteur angélique cherche à démontrer, savoir, que rame raisonnable ne peut pas émaner de la semence; car le génératianisme fait naître ensemble et en même temps l'àme de l'àme et le corps du corps. Mais, si l'on trouve l'argumentation de la scolastique peu concluante, c'est principalement parce qu'elle reposerait sur une fausse notion de la génération. La génération aurait consisté, aux yeux des scolastiques, dans une certaine division^ d'où ils auraient conclu qu'elle est incompatible avec la simplicité d*une substance spirituelle. Or, disent^les philosophes dont nous parlons, U est absurde de faire consister l'essence de la génération dans une division ; un organisme n'engendre

* Klée, toc. dt.j et avec plus d'étendue Froschhammer, toc. cit., p. 65 et ss.^ 196 etss.

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