‹ La Phlebite BlennorrhagiqueChapitre 13 sur 20 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

(Observation XIIT de la thèse de LeLoxc, due à FoutLLoux)

X...,àgé de dix-sept ans, apprenti boucher. entre le 6 février 1869, à l'hôpital de la Pitié, salle Saint-Michel, n° 14, dans le service d'Isambert.

Ce jeune homme s'est livré pour la première fois au coit, il y à un mois environ, et depuis il ne s’est pas aperçu que le coït fut suivi d'aucune conséquence fàcheuse pour sa santé. C’est seulement cinq jours avant son entrée à l'hôpital, qu'il fut pris d’une téphalalgie violente, accompagnée de nausées, de Jumbago, etc.

Il y a deux jours, apparurent de la douleur et de la pesanteur dansle testicule gauche.

7 février. Le malade est dans l’éfat suivant: état saburral de la Jangue, qui est rouge à la pointe et Surles bords, inappétence absolue, facies rouge, céphalalgie vive, abdomen plutôt aplati que ballonné, un peu de gargouillement iléo-cæcal : Contractions fibrillaires isolées du biceps. Pouls, 100, température

axillaire 3806 ; respiration, 28 par minute.

Tuméfaction du testicule gauche, affectant principalement

l'épididyme qui est très douloureux à la pression et spontanément surtout dans la portion déclive. Le cordon spermatique, volumineux, est également douloureux ; phimosis assez prononcé, qui permet pourtant de découvrir le méaturinaire rouge, d’où s'écoule une sérosité louche.

Ïl existe du lumbago et une arthralgie polyarticulaire siégeant surtout sur les membres inférieurs et sur le membre supérieur droit qui, du reste, a été, il y à quelques jours, soumis à une cause de contusion assez violente.

Diagnostic. — Blennorrhagie, orchite blennorrhagique rhumatisme,

EN te

Trailement. — Repos au lit, tisane de graine de lin ; copahu et cubèbe ; suspension du testicule malade à laide de la plaque de gutta-percha ; trois sangsues sur le trajet du cordon.

Le 8 février, facies rouge, peau chaude et sèche, température dans l’aisselle, 402 : langue blanchätre, soif vive, trois selles liquides dans les 24 heures. Le testicule droit se prend à son tour. Œdème et coloration rouge du scrotum.

Épanchement douloureux du genou gauche. Gonflement douloureux et rouge du bras droit, avec sensation de cordon arrondi, noueux, le long du trajet de la veine humérale : membre arrondi en gigot. Douleur dans le côté droit.

Prescription. — Emétique en lavage.

Le 9 février, épistaxis dans la journée ; langue sèche, rouge à la pointe ; pouls 116, dicrote et dépréssible. Respiration, 32, température, 40°2 ; le reste w{ supra. Le malade est toujours dans un état typhoïde assez prononcé : le bras droit toujours aussi gonflé.

Prescription. — Sulfate de quinine, 0,50. V séstotre sur le genou gauche.

Le 11, la fièvre est tombée ; la langue est encore un peu sèche : le gonflemeut du bras est maintenant peu douloureux ; la rougeur disparait : la rénitence générale est moindre ; le membre est surtout œdémateux.

L'orchite est, des deux côtés, beaucoup moins volumineuse et moins douloureuse. La peau'des bourses est le siège d’une desquamation étendue. L’écoulement uréthral est toujours insignifiant.

Le 12, même état; l’orchite, surtout la gauche, est en voie de guérison rapide : la tuméfaction du bras est de plus en plus œdémuateuse ; on sent de plus en plus distinetement sur le trajet de la veine humérale, un cordon dur, douloureux, et de loin en loin, des nodosités saillantes.

Toujours sulfate de quinine 0,50. Sur les parties douloureuses, frictions d’onguent napolitain belladoné et cataplasmes.

Le 14%, deux frissons de chacun 10 minutes dans la Journée : l’un, à 3 heures, l’autre, à 5 héures 1/2 du soir ; langue sèche,

insomnie, soif vive. Pouls, 112; respiration, 24; température, 390 /, JD 4,

L'orchite va toujours s’améliorant: l’'écoulemént n’augmente pas. L’empâtement du membre supérieur droit se limite en une fuméfaction œdémateuse de la face interne du bras. Vers la partie moyenne seule, une teinte bleuâtre, des restes d’ecchymose indiquent l'état phleemoneux antérieur du membre . et peut-être la contusion qu’il a subie.

Mais, d'autre part, le membre inférieur, situé dans la demiflexion et la rotation en dehors, est douloureux à la pression. Il est augmenté de volume, et il est le siège d’un empâtement général, sans rougeur à la peau. Sauf au niveau du point où la saphène se jette dans la veine fémorale, on n’y sent pas de cordon induré. De son côté, le membre inférieur droit est aussi immobile et douloureux à la pression. Il est dans l’extension et la rotation en dedans : pas de tuméfaction.

Le 15, le gonflement du bras droit et de la jambe gauche diminue. Le membre inférieur droit devient plus douloureux,

surtout au niveau du triangle de Scarpa, et quand on exerce une pression sur ce point. L’articulation tibio-tarsienne aussi, est extrêmement sensible. Ce même jour, apparaît une gingivite, et, sur la paroi thoracique, une éruption copahique formée de taches rouges, irrégulières, légèrement saillantes, prurigineuses, disparaissant momentanément par la pression du doigt. Le malade porte d’ailleurs, d’ancienne date, de larges plaques de psoriasis au-devant de l’éminence tibiale antérieure, de chaque côté.

L'état général est encore assez mauvais. Pouls, 116 ; respiration, 36; température dans l’aisselle, 39° 6.

Suppression du copahu.

Le 16, l’état général s’améliore : pouls, 112 ; respiration, 24. Toutefois, le malade a eu encore six selles dans les 24 heures et deux légers frissons, l’un à 11 heures, l’autre à 4 heures. Langue humide : l’éruption copahique est toujours intense ; elle s'accompagne maintenant d'une éruption miliaire abondante sur la partie recouverte de cataplasmes (membres supérieur droit et inférieur gauche). Sulfate de quinine.

Le 17, pouls, 96 ; respiration, 24. Le soir, il a eu, vers 1 heure, encore un léger frisson, L’éruption copahique pâlit; l'éruption miliaire est dans tout son éclat ; le gontlement des membres diminue,

LR

Le 18, pouls, 112, fort et plein; respiration, 24; température, 392. L'’œdème du bras droit, bien que limité à une portion peu étendue, est considérable en cé point. Le cordon formé par les veines est très appréciable au toucher. L'éruption reste stationnaire.

Le 21, un peu d’épistaxis et un léger frisson dans la journée d'hier.

Le 924, l'état général est satisfaisant : l'ædème du membre supérieur droit se limite de plus en plus à la partie interne du bras, mais les deux membres inférieurs sont complètement œdématiés, du pied au pli de l’aine qui est le siège d’an engorgement ganglionnaire considérable de chaque côté ; la douleur y est très vive, mais elle est considérablement et rapidement diminuée par la suspension du membre dans une sorte de hamac à claire-voie ; elle reparait en même temps que l'engorgement se prononce davantage quand on néglige quelque temps cette suspension. Le sacrum est érythémateux avec tendance aux eschares ; toujours pas d'écoulement uréthral. | Le 2 mars, la santé va toujours s’améliorant : les symptômes de la phlébite du membre supérieur suivent la même marche décroissante ; l’engorgement des membres inférieurs diminue,

surtout à droite.

Le genou gauche reste le siège d’un épanchement qui a nécessité, le 27 février, l'application d’un second vésicatoire.Julep avec teinture de colchique.

Le 8, l’état général est tout à fait satisfaisant. Le pouls seulement garde un peu de fréquence vers le soir, 120 pulsations..

Au bras droit, on ne sent plus que l'induration du tissu cellulaire sous-culané, à la partie inférieure et interne; la jambe droite, qui n’est plus suspendue depuis quelques jours, est encore un peu œdématiée, les mouvements de l'articulation tibiotarsienne y sont douloureux et difficiles; le genou gauche est encore gonflé, douloureux, demi-fléchi, et ne peut supporter aucun mouvement; les tentatives d'extension, qui ne donnent presque aucun résultat, y déterminent des craquements articulaires ; le gonflement paraît dù à H’empâtement des tissus plutôt qu'à la présence du liquide dans l’article.

Surle tronc, desquamation furfuracée; la peau est partout

No

un peu sèche. On place le membre gauche dans une gouttière

métallique pour obtenir l'extension. Julep avec 0,50 par jour d'iodure de potassium.

Le 16, le gonflement du genou gauche diminue, mais lentement. Frictions iodées tous les deux jours.

1e avril. Le malade est'entré franchement en convalescence ; pourtant il existe un peu d’ædème du bras. Celui des membres inférieurs persiste aussi, surtout à gauche, bien qu'il diminue peu à peu. Le genou gauche reste gros, l'articulation est entourée de tissus épaissis qui n’ont pas de tendance à se résorber. Applications de quelques raies de feu pour accélérer cette résorption.

Le 15 avril, l'amélioration continue à se faire lentement, le malade ne se lève pas encoreet tout fait craindre qu'il ne reste longtemps à l'hôpital.

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