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COMBINAISONS INTERNES

6-19. A l’intervocalique, se rencontrent en danois tous les phonèmes consonantiques :

-B- (haabe häro « espérer », hoppe häso « sauter », etc.)

-b- (Laban \äban « chenapan », Ribben ri ben « côte », etc.)

-p- (£pos epäs « épopée », Shkippund sc’pun « schippond », etc.)

-D- (szette sjæno «sixième », Fætter fæpor « cousin », etc.)

-d- (Adam ädam « Adam », saadan sädan « ainsi », ete.)

-t (Satan sätan «satan », Otto âto « Otto », etc.)

-G- (Præken præcon © prêche », Bakke baco « colline ». ete.)

-g- (Sago sägo « tapioca », etc.)

-k- (Hakon häkän, nom propre, £kko æko « écho », ete.)

-h- (Ahorn x'horn « érable », etc.)

-E (Sofa sofa « sofa », fiffig fifi « rusé », etc)

-v- (Mave mäve « estomac », sove sävo « dormir », etc.)

-S- (/èose rüsa « rose », læsse Læso « charger », etc.)

-d- (Gade gado « rue », vædde vædo « parier », ete.)

-j- (Kage käjo « couchette », etc.)

-q- (age käqgo « gâteau », Flaggermus flagormüs « chauvesouris », etc.)

-r- (vare varo « durer », snurre snora « bourdonner », etc.)

-L (Hale hälo « queue », skylle solo « rincer », etc.)

-m- (/èime rimo « rime », Lomme lämo « poche », etc.)

-n- (Pane bäno « voie », Kande kano « pot », etc.)

-)- (bange bare « apeuré », etc.)

Lorsqu'il est donné, pour un même phonème, deux exemples dans la liste ci-dessus, la voyelle qui précède la consonne est longue dans la premier cas, brève dans le second.

Tous les mots cités ci-dessus ont l’accent sur la voyelle qui précède la consonne considérée. A l’initiale de la syllabe accentuée, on ne retrouve plus, à l’intervocalique, les archiphonèmes B, D et G, et, de façon générale, les phonèmes d, q et ; par ailleurs, les phonèmes consonantiques ne peuvent plus être précédés que par des réalisations vocaliques brèves (archiphonèmes I, E, Æ, etc. ; cf. ci-dessus $ 2-26); en cette position, -g- se rencontre après réalisation vocalique brève : Aqurk a'gor& « concombre ».

Ici, comme à la finale, j et n ne se présentent qu'après voyelle brève, et tous les timbres vocaliques ne sont pas représentés devant ces phonèmes (cf. ci-dessus $ 6-18).

Les phonèmes b, p, d, t, g et k ne sont représentés devant la voyelle 9 (et devant 1 bref final) que par leur archiphonème B, D el G. Par contre, les phonèmes d, q et 1 ne peuvent être suivis que de consonnes ou d’une voyelle neutre (+ et i bref final).

GROUPES INTERNES DE PHONÈMES CONSONANTIQUES.

6-20. Il est sans doute inutile de rappeler ici que nous devons considérer, comme groupes consonantiques stables du danois, les seules combinaisons de phonèmes qui appartiennent tout entières au même morphème. Ainsi se trouve exclu du cercle de nos préoccupations un groupe comme -sps- qui n’existe que dans des mots composés du type Lastbil « camion automobile ».

7 LA PHONOLOGIE DU MOT EN DANOIS Malheureusement, il n’est pas toujours facile de déterminer ce qui, dans la conscience linguistique, est toujours perçu comme un composé, et ce qui, au contraire, en dépit de l’étymologie, est désormais senti comme un sème unique. Un mot comme Frokost « déjeuner » est certainement senti comme un mot composé à deuxième élément -/ost (cf. Kost « aliment »), bien que le mot ro. n'existe pas en danois, car il est facile par la comparaison de Frokost avec d’autres mots comme #romesse et Froprædiken, de conclure à l'existence d’un élément de composition /ro- du sens de «tôt ». Dans le mot Maaltid « repas », le second élément -&d est aisément identifiable comme le mot 7id «temps», mais #Maal n'existe plus en danois avec le sens de « repas ». Dans ce cas, coexiste inconsciemment dans l'esprit du sujet parlant le sentiment d'un rapport étymologique de l'élément -#id avec le substantif Tid, et un autre sentiment de l'indépendance sémantique du mot Maaltid. Alons-nous sur la foi de Maaltid, considérer que le groupe -lt- existe à l’intérieur des morphèmes danois, ou devronsnous chercher ailleurs, en vain peut-être, la preuve de cette existence ?

6-21. Par ailleurs, le problème phonologique que présentent les éléments étrangers de la langue se pose ici avec encore plus d’acuité que lorsqu'il s’est agi ci-dessus des combinaisons initiales ou finales. Pour l’initiale, il est aisé d’isoler les quelques groupes qui caractérisent certains mots d’origine grecque. A la finale, il est également assez facile de noter en passant les groupes à deuxième élément F et les quelques combinaisons à trois éléments qui confèrent plus ou moins au mot un caractère étranger. Mais pour les groupes internes, il devient extrêmement difficile de faire le départ entre ce qui est devenu danois, et ce qui reste caractéristique de termes scientifiques encore sentis comme étrangers. Comme le vocabulaire scientifique s'enrichit chaque jour de nouveaux vocables. on peut dire qu’aussi longtemps que toutes les combinaisons de phonèmes existant en grec et en latin n’ont pas reçu droit de cité en danois, on s'expose immanquablement à des omissions : il est facile de faire remarquer à M. Jespersen que, s’il admet Lingoist, il néglige Autor (Bautasten est cité comme représentant seul le groupe [wt]), Asfat, Objekt, obscon.

Atmosfære, etc. qui certainement ont droit aux mêmes prérogalives, |

ErTO

Il va de soi que nous ne devons pas nous laisser guider par des critères étymologiques lorsque nous prenons à tâche d’exclure de nos préoccupations les éléments étrangers à la langue. Toutefois les considérations étymologiques nous aideront peut-être à déterminer quels sont dans la langue les types phoniques constants, et quels sont les types fortuits.

6-22. Lorsqu'on cherche à opposer les éléments typiquement indigènes de la langue, aux vocables étrangers, on remarque tout d’abord (et ceci vaut pour toutes les langues) que, tandis qu’il est relativement facile d'isoler les différents morphèmes qui entrent dans la composition des mots indigènes, les mots étrangers présentent des amas souvent considérables de matière phonique parfaitement indissociable. C’est effectivement ce qui se passe en danois, où les mots étymologiquement indigènes, formés d’un seul morphème, sont presque tous des monosyllabes, ou des dissyllabes à seconde voyelle 9. Des mots comme Attraa « désir », Aborre « perche » (poisson) et même ædru « sobre », qui ont été autrefois des mots composés, sont évidemment sentis aujourd’hui comme des morphèmes uniques ; néanmoins, il existe toujours chez le sujet parlant une tendance inconsciente à rattacher chacune des deux syllabes pleines de ces mots à des éléments connus; cette tendance, n’aboutissant pas, a pour résultat de mettre ces mots un peu en marge des élaborations phoniques normales.

Il va sans dire que la même réaction existe dans le cas des amas phoniques indissociables que représentent la plupart des mots étrangers. Il semble donc qu’au point de vue phonologique, il y ait grand intérêt à distinguer entre les éléments du vocabulaire qui, de par leur forme, paraissent indiscutablement primaires, et ceux auxquels esprit applique inconsciemment un certain processus de dissociation, que cette démarche aboutisse ou non.

Ainsi se trouve résolu le problème que posent les mots du type Maaltid': ces mots se trouvent rangés dans la catégorie de ceux qui, possédant plus d’une voyelle pleine, éveillent normalement l'idée d’un type non-primaire. A ces mots se joignent la plus grande partie des mots étrangers. Il est bien entendu que le seul critère utilisé iei est celui de la forme, et que des mots comme Pære « poire », Ærts « minerai », Sjal « châle », Bridge, qui tous sont d’origine étrangère, seront rangés dans la classe des mots pri-

maires puisqu'ils sont tous des monosyllabes, ou des dissyllabes à seconde voyelle 9.

Il existe en danois un certain nombre de mots comme Aundrede hunrodo « cent » ou £ddike ædoco « vinaigre », donc des trissyllabes, dont les deux dernières syllabes ont la voyelle 9, et qu'il nous faut, de toute évidence, ranger dans la classe des mots sentis comme primaires. Nous pouvons done définir comme suit les mots de cette classe : ceux dont seule la première syllabe a une voyelle pleine.

6-23. Dans l'étude des groupes consonantiques internes qui va suivre, il ne sera tenu compte que des mots définis ci-dessus. Les mots étrangers n'étant pas nécessairement exclus, on ne saurait, pas plus que pour les combinaisons initiales et finales, prétendre être complet, puisque les monosyllabes allemands, anglais ou même français que le danois peut emprunter chaque jour contiennent souvent des groupes consonantiques inconnus jusqu'alors à cette langue. Mais notre tâche est maintenant fort facilitée, les possibilités étant devenues beaucoup moins nombreuses. On pourra avec beaucoup plus d'assurance indiquer, parmi les groupes consonantiques que nous rencontrerons, Ceux qui continuent à faire sentir plus ou moins le mot qui les contient comme un intrus.

6-24. On retrouvera dans les tableaux ci-dessous les différentes combinaisons consonantiques qui se rencontrent à l’intérieur des mots danois qui viennent d’être définis. Dans les paragraphes qui suivent, on trouvera des exemples de chacune de ces combinaisons. Lorsqu'il est donné deux exemples pour un même groupe, la voyelle qui précède le groupe est brève dans le premier et longue dans le second.

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