Cliquet
o, — Ressort butant le cliquet sur le rochet i,
q, q'. — Cylindres guides de la pellicule.
r. — Glissière fixe placée sur le pilier d'en haut.
s. — Glissière mobile oscillant autour de l'axe t, ,
u, — Ressort à lame servant à tenir le volet mobile en contact avec le volet fixe en venant buter sur une lame d'acier v,
X, — Platine se fixant sur le dessus de la boîte et portant le support zf de la bobine de pellicule.
y. — Vis de manœuvre du volet de réglage servant à encadrer exactement répreuve positive de la pellicule.
z. — Volet de réglage.
88 CiUPITBE II.
Lorsque Foa tourne la manivelle d, on met en mouvement la roue motrice c qui actionne la came g et l'obturateur m par l'intermédiaire des pignons k et l,
La came g, à son passage sur la butée p du cliquet, dégage celui-ci des dents du rocbet i qui, dégagé à son tour, se trouve
Fig. jï.
L« fîO
entraîné par friction par la came g, grâce au ressort à boudin calé sur son axe, et entraine en même temps la pellicule.
La came g conlimiaDt sa course quitte la butée p, le cliquet reprend sa position a l'aide du ressort o, et le rochet rencnntrantde nouveau le cliquet s'arrête en laissant marcher seule la came jusqu'au prochain passage de la deuxième bosse sur la butée p.
Pour un tour de came il passe deux vues et par conséquent huit vues pour un tour de manivelle; il suffît donc de faire deux tours à la seconde pour ohtenjrles seize vues nécessaires.
APPLICATIONS PHOTOCBAPHIOUES. 89
L'obturateur est calé sur sod axe de façon que le guichet se trouve fermé pendant que s'opère le chaagenaent de vue.
Pour charger l'appareil, un enlève d'abord les deux volets formant porte à l'appareil, on place le support V sur la boîte et on le fîxe au moyen de deux vis à tête plate disposées à cet effet. On
Fig. ï3.
fixe la manivelle sur le bout du carré de l'axe moteur et le film sur l'axe dit support placé au-dessus de la boite.
On introduit le bout de la pellicule dans la fente de la platine x, et on l'engage sur les dents du tambour de façon qu'il passe au-dessus du guide q et au-dessous du guide 9'; pour cette opération on s'aide de la manivelle à laquelle on fait faire deux ou trois tours, puis on referme te volet mobile, ou replace le volet de devant qui porte l'objectif, on met celui-ci au point, et à l'aide de la vis^
on amène les bords du volet de réglage 3 »
les séparatïoDs des vues.
1 correspondance avec
Héliocinégraphe de MM. Perret et Lacroix. ~ Les organes mécaniques de l'héliociDégraphe soûl réduits au miuiroum et par suite les chances de dërangement sont moindres que dans beaucoup d'autres modèles.
La bande pelliculaîre {fig- 74 et 76) enroulée à l'avance sur une bobine A, tournant librement sur son axe, passe sur un cylindre B,
porté sur deux lames flexibles, ce qui permet d'éviter toute tractioD vive, toute secousse, et régularise l'arrivée de la bande à la boite C. Celle-ci est percée d'une fenêtre qui laisse pénétrer l'image formée par l'objectif. L'intérieur de cette boîte est garni de velours sur ses deux faces, eL la pellicule glisse ainsi à frottement doux. Un ressort H appuie légèrement sur la face postérieure de la boite ei assure une pression régulière; cette partie est mobile et peut s'enlever lors de la mise en place de la pellicule.
Celle-ci passe ensuite sur un c;yliadre denté D et les perforations latérales qu'elle porte s'engrènent, au nombre de quatre; le cylindre portant seize dents, c'est donc une image entière qui est entraînée à chaque quart de tour, car chacune des images porte quatre perforations (pas d'Edison).
Un petit cylindre G maintient la bande appliquée contre le
APPLICATIONS PBOTOGRAPHIQUES. 91
cylindre deoté et la dirige sur la bobine B; celle-ci est commandée directement par la manivelle M.
Un obturateur commandé par un pignon calé sur l'arbre moteur tourne devant la fenêtre et produit les occultations pendant le changement d'épreuve : cet obturateur est à 90', ce qui donne trois temps d'ouverture et un temps d'occultation, condition qui réduit beaucoup tes causes de scintillement.
La fig. ^6 fera mieus saisir les dispositions de ces différents organes.
F'F", axe de la manivelle, qui commande, par la roue G', le
pignon K, calé sur l'axe J'J"; celui-ci commande à son tour l'axe l qui porte le volant K' contre lequel est fixé l'obturateur. La même roue C commande aussi le pignon G monté, à roulement libre, sur l'axe H du cylindre entraîneur de la bande.
Sur l'axe I, à l'extrémité duquel se trouve l'obturateur, est calé une sorte d'excentrique (l'escargot des constructeurs) qui produit
le mouvement alternatif d'entrainement du cylindre denté, et conséquemment de la bande.
Cet organe, qui est la partie originale de rhéliocinégraphe {^fig* 77 )> commande une sorte de roue à étoiles H' calée sur l'axe qui porte le cylindre d'entraînement E. Chaque rayon de l'étoile (il y en a quatre) porte une roulette qui bute contre le chemin
circonférenciel de MNN' de l'escargot et y trouve son point d'appui ; mais, dès que l'escargot vient présenter la partie N', une des roulettes de l'étoile descend en suivant le prolongement N'O jusqu'au moment où la roulette suivante a pris point d'appui contre le chemin circonférenciel. L'étoile et par suite le cylindre entraîneur ont fait alors un quart de tour, et cela sans choc, grâce à l'accompagnement du prolongement N'O de l'escargot.
Pour éviter les secousses, la roue G est libre sur son axe ; c'est le ressort H" qui transmet seul le mouvement de la roue à Taxe, ce qui permet à la roue étoilée de n'avoir aucune trépidation, pendant que la roue de commande G' tourne d'un mouvement continu.
APPLICATIONS PIlOTOGHAPfllQUES. g3
Ces diverses dispositions ont pour résultat de diminuer beaucoup le bruit de l'appareil en marclie, condition qui n'est pas à dédaigner, alors surtout qu'on accompagne les projections d'un phonographe.
Mouvementographe de Zion {fig. 78). — L'appareil construit par M, Zion est à classer parmi ceux dont le mécanisme est d'une solidité extrême et peu sujet aux dérangements. : li
Une manivelle, conduite à la main, met en mouvement une roue.l
dentée et l'obturateur, calés l'un et l'autre sur cet axe lui-même.
La roue dentée engrène avec un pignon qui met en mouvement un second axe portant en son milieu une noix, creusée sur sa circonférence d'une rainure hélicoïdale. Dans celte rainure viennent s'engrener tour à tour les rayons d'une étoile à six branches, calée elle-même sur un troisième axe, qui porte en outre un barillet d'entraînement très léger (aluminium) et muni de seize dents d'entraînement.
La pellicule portée sur un cylindre à mouvements libres s'engage entre deux rouleaux qui la dirigent vers une coulisse por-
tant uae ouverture de grandeur égale à celle de l'image à projeter.
En sortant de la coulisse, la pellicule se recourbe sur le cylindre denté, et elle est prise alors par seize dents à la fois. Cette disposition spéciale à l'appareil de M. Zion a le grand avantage d'éviter la déchirure des pellicules, car l'effort étant réparti sur une grande surface, chaque perforation ne subit qu'une traction réduite. Un nouveau rouleau presseur reçoit la pellicule au sortir du barillet entraîneur; plus bas celle-ci passe sur une poulie commandée par une courroie et qui embobine la pellicule après son passage dans l'appareil. Souvent, dans les projections, on laisse tomber librement la pellicule au-dessous de l'appareil.
Deux ressorts tiennent butée contre l'ouverture de la coulisse la fenêtre mobile postérieure.
Pour la prise des négatifs, M. Zion a combiné deux boîtes porte-pellicules qui se mettent au-dessus et au-dessous de l'appareil et permettent de changer les films en pleine lumière.
Pour mettre le mouvementographe en marche, on amorce d'abord la pellicule, en attirant en bas l'extrémité du film sortant de la boîte-magasin. On retire ensuite les deux ressorts qui maintiennent la fenêtre, en les écartant à droite et à gauche, on ouvre la fenêtre et l'on fait passer le film derrière les rouleaux supérieur et inférieur et par-dessus la roue dentée, en faisant entrer les dents du barillet dans les perforations; enfin, suivant le cas (prise des négatifs ou projections), on laisse l'extrémité libre ou on l'amorce sur une bobine, pour être enroulée en même temps que s'effectue le déroulement de la bobine supérieure. On referme la fenêtre et l'on met en place les deux ressorts.
Dans le cas des projections, on règle la place de l'image en faisant mouvoir au moyen d'une vis de rappel une deuxième fenêtre mobile placée sur l'ouverture de la coulisse, jusqu'au moment où les bords de cette fenêtre encadrent bien exactement l'image.
Pour la prise des négatifs, la mise au point se fait en plaçant un verre dépoli dans la fenêtre.
Mais, pour éviter tout tâtonnement, l'objectif est monté sur une rondelle munie d'un pas de vis qui permet de l'avancer et de le reculer à volonté : à l'aide des points de repère gravés sur celte rondelle, on peut vérifier une fois pour toutes la mise au point.
L'objectif est un anastigmat de Zion qui donne une netteté parfaite même à grande ouverture.
Cinématographe Griolet (fig. 79 et 80). — Le cinématographe
Griolet rappelle dans son ensemble le kinétographe de de Betz, l-ig. 80.
mais il en diffère par son organe entraîneur ; l'échappement Griolet, La pellicule enroulée sur la bobine à mouvements libres C passe
sur les rouleaux entraîneurs D, puis s'engage dans la boîiefenétre E, vient se réfléchir sur le cylindre à chevilles F, et va enfin s'enrouler de nouveau sur la bobine H.
Une manivelle met en mouvement une roue dentée qui commande directement le système entraîneur (échappement et cylindre à chevilles), par un pignon d'angle l'obturateur, et par une courroie la bobine réceptrice.
L'échappement {fig. 81) met en mouvement une roue dentée qui entraîne la pellicule de la quantité voulue, tout en étant bien
Rb. 81.
,fi^.3
séparé de celui d'impulsion plus ou moins régulier produit par la manivelle. Celte disposition permet de substituer les images les unes aux autres en un temps très court, ce qui est un avantage important.
Cinématographe Dom-MartiD. — Dans l'appareil construit par Dom-Martin {^fig- 82), la bande, au lieu d'être entraînée par un mécanisme rigide commandé directement par la manivelle, est mise en mouvement par un échappement intermittent à ressort qui détermine une substitulion très vive des images successives, et sans opérer de tractions sur la bande elle-même.
Celle-ci est libre dans la fenêtre par laquelle a lieu la projection, et de plus une boucle constante est formée avant son passage devant cette fenêtre. Grâce à cette disposition, que nous avons rencontrée déjà en principe dans l'appareil Marey et dans celui de Joly, la bande ne se détériore pas par son passage dans l'instrument.
Les substitutions d'images se faisant avec une extrême rapidité, on peut, à la rigueur, projeter les bandes en supprimant l'obtura-
APPLICilTIONS PHOTOGHAPHIOUEB. 97
leur : daos ce cas, il faudra tourner la manivelle très lentement; on aura ainsi une durée plus longue des arrêts, tandis que les substitutions d'images se feront très rapidement.
L'obturateur se meut dans une chambre noire circulaire fermée par un bouchon métallique. Des plaques mobiles de différentes grandeurs peuvent être placées sur l'obturateur et retirées très facilement. Pour faire des projections, il est bon de mettre la plus
petite plaque obturatrice; pour les négatifs, il faut au contraire mettre la plus grande.
La bande portant les images, en même temps qu'elle se déroule de la bobine supérieure, s'euroule sur une autre bobine placée au bas de l'appareil. Vers la partie inférieure de l'appareil se trouve un axe mis en mouvement parla manivelle; sur cet ase est disposé, suivant sa circonférence, un ressort-lame convenablement armé; c'est sur cet axe que l'on place le tube qui doit recevoir la bande à réembobiner au fur et à mesure qu'elle se déroule; ce tube tourne à frottement gras sur l'axe grâce au ressort qui fait frein, et la bande ne s'enroule qu'autant qu'elle est devenue libre.
Dans cet instrument, les bandes ne s'engrènent que par deux perforations; cependant celles-ci sont au pas d'Ëdison, c'est-à-dire à quatre perforations.
Lorsqu'on veut mettre en place une bande à projeter, il faut procéder ainsi : placer tout d'abord la bande à projeter sur la tige fixée au centre du cadre supérieur. La bobine doit être disposée de manière que la direction de la bande soit de gauche à droite lorsque le bout de la bande est au-dessous. Dévisser alors la vis maintenant . la double équerre qui se trouve sous la roue d'entraînement supérieure. Baisser cette double équerre et passer entre la roue d'entraînement et le rouleau de la double équerre l'extrémité de la bande.
Faire passer la bande devant la fenêtre après avoir préalablement retiré le cadre mobile placé sur cette fenêtre.
Engrener les perforations de la bande sur la roue dentée qui se trouve au-dessous de la fenêtre.
Placer un tube sur l'axe du cadre inférieur, de façon que le ressort du tube présente son ouverture vers la droite, et glisser le bout de la bande sur le ressort du tube.
Remettre sur la fenêtre le cadre destiné à guider la bande pendant sa marche et serrer la vis qui retient ce dernier, sans appujer ni sur le cadre, ni sur le ressort fixé à sa base, afin que la bande soit bien libre.
Lorsque la bande est bien centrée sur la fenêtre à l'aide de la cache à ce destinée, il ne reste plus qu'à former une petite boucle entre la fenêtre et la roue d'entraînement supérieure, et à remonter la double équerre jusqu'à ce que son petit rouleau vienne exercer une faible pression de la bande sur la roue d'entraînement.
Le Pygmalion. — Appareil de M. Demaria {fig, 83, 84 et 85).
Un axe mû à la main par une manivelle faisant saillie à l'extérieur de la boîte, porte une roue à chevilles qui entraîne une chaîne à la Vaucanson. Celle-ci commande l'axe principal de Tappareil, axe terminé à une de ses extrémités par un volant chargé de régulariser le mouvement, à l'autre par une petite poulie qui commande l'axe entraîneur de la bobine de réception. Au milieu de l'arbre en question est calée une roue dentée qui va s'engrener avec un pignon de petit diamètre qui porte : 1° une roue d'angle actionnant l'obturateur; 2^ un excentrique portant une bielle qui donne au cylindre entraîneur du film un mouvement saccadé, lequel produit les arrêts du film pendant le temps d'ouverture de l'obturateur et
APPLICATIONS PHOTOGRAPBlQUEa.
l'entraîne de la longueur d'une vue pendant sa fermeture. Ce mouvement saccadé est donné par une sorte de rochet articulé,
dont l'extrémité vient successivement pousser cinq chevilles qui garnissent un disque, placé à t'extiémité de l'arbre du cylindre. Celui-ci est évidé, percé à jour pour le rendre plus léger et éviter
le plus possible les effets de l'inerlie dans ses mouvements alternatifs; il porte à son tour deux couronnes de chevilles qui pénètrent dans les trous de la pellicule et l'entraînent dans un mouvement brusque et intermittent.
La pellicule placée librement sur un axe fixé au-dessus de toul le système, descend dans un couloir à ressort garni de velours, et passe devant la fenêtre qui donne accès à la lumière ; elle s'infléchit au sortir de ce couloir sur un axe porté sur un ressort, pui.'
elle va s'enrouler sur la bobine de réception, qui à son tour est entraînée par le mécanisme de l'appareil.
Le cylindre est calculé de façon à recevoir des films perforés au pas d'Edison.
Tout cet appareil est compact, solide et remarquable par la simplicité de son mécanisme; mais sa marche est un peu bruyante, ce qui n'a pas une grande importance; enfin, il est d'un prix très abordable.
Cinébibliographe {fig- 86), — Un rouleau de pellicule contenu dans une boîte fixée à la partie supérieure de l'appareil donne passage par une fente étroite au film sensible; celui-ci s'engage dans un couloir garni de velours sur une de ses faces, et celle-ci esl percée d'une fenêtre qui limite l'image à photographier; une porte à charnières maintient la pellicule bien aplatie contre la paroi antérieure, et cela grâce à une plaque portée sur des ressorts et fixée elle-même à la porte mobile. Au sortir du couloir, la pellicule est prise entre deux rouleaux de caoutchouc de diamètres inégaux :
APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. loi
l'un d'eus, le plus grand, est évidé sur une partie de son pourtour, de façon à ne pas agir sur la pellicule pendant un certain temps. Cet évidement est égal à la surface de la fenêtre aux images. Enûn, tout à fait au-dessous, un cylindre creux présentant une ouverture
longitudinale prend la pellicule à sa sortie du couloir et Tenrouleau fur et à mesure de son arrivée.
Un arbre muni d'une manivelle mue à la main actionne à la fois les rouleaux compresseurs, au moyen d'une roue dentée qui agit directement sur un pignon que porte le gros rouleau ; le petit est entraîné par friction, et par une poulie et une courroie il actionne à son tour le rouleau récepteur.
L'axe principal commande en même temps un second pignon qui porte l'obturateur : celui-ci est formé par un tambour creux dont le pourtour est évidé de façon à laisser passer la lumière par intermittence. Ce système a l'avantage de simplifier tous les mouvements et il évite les renvois par pignons d'angle.
Enfin un objectif simple de ^°" de foyer donne des images de 4"° sur 3'^"'.
Le cinébiblioscope (Jig. 87) sert à regarder les images laites au moyen du cinébibliographe.
Il se compose d'un bâti formé de deux joues réunies par cinq traverses.
Les deux inférieures n'onl pour objel que de tenir en place les deuTC côtés ; au-dessus d'elles une autre traverse sert d'axe à un quart de cercle denté que commande un petit pignon encastré dans une des joues ; en plus, sur l'axe est fixée une pince dans laquelle on serre le bloc des photographies positives sur papier.
Un des axes supérieurs sert de pivot à une sorte d'onglet contre lequel vient buter le bord libre du bloc de photographies.
L'axe opposé porte une loupe servant à regarder les épreuves en les amplifiant légèrement.
CiDématographe des familles de Faller. — Le petit appareil qm; représente la Jig. 88 est une sorte de jouet, mais qui donne
cependant de petites images sufGsantes. La pellicule, au pas d'Edison, est portée sur le rouleau A, passe dans une coulisse ajourée 13 et est entraînée par la roue à rochet C, Un pignon relié àl'axe principal donne le mouvement à l'obturateur. Une simple lampe au pétrole F produit la lumière nécessaire et la projette sur un condensateur H; enfin un petit objectif à très court foyer I projette l'image.
Cinématograplies à système oscillant de M. F. Goseart. — Dans tous les appareils que nous venons de décrire l'objectif est fixe, la pellicule sensible seule se meut et s'arrête brusquement pendaut
la durée de la pose. De là l'obligation de n'employer que des temps de pose extrêmement courts, de laisser à l'objectif la plus grande ouverture possible, toutes conditions qui rendent plus difficile l'obtention des clichés, ceux-ci manquant de pose ou de netteté. Grâce au système ingénieux de M. Gossart, ces deux difficultés sont vaincues de la manière la plus heureuse, comme il sera facile de s'en convaincre par les descriptions suivantes, rédigées par l'inventeur lui-même.
J'ajouterai que les images obtenues avec cet instrument peuvent facilement atteindre une dimension de beaucoup supérieure (9^™). C'est là un très grand avantage dans le cas des recherches chrono-
Fig. 89.
graphiques, et que seul l'appareil de M. Marey pouvait donner jusqu'à présent.
Le principe de l'appareil est le suivant : faire dérouler une pellicule d'un mouvement uniforme devant un objectif ayant au moment de la pose la même vitesse dans le même sens.
Dans ces conditions, le mouvement relatif de la pellicule par rapport à l'objectif est nul et l'on se trouve dans la situation du photographe qui, monté sur un bateau, prend une vue de la rive. L'épreuve sera nette si le déplacement du bateau pendant le temps de pose (à l'échelle de l'image) est inférieur à un -j^ de millimètre, avec une pose de ^ de seconde; à l'échelle de ^ le bateau peut avoir une vitesse de 5™.
La pellicule sensible est enroulée sur une bobine B ( /ig» 89), dont l'axe est horizontal; elle passe verticalement dans un châssis muni de deux rouleaux de renvoi r, z*' et vient s'enrouler sur une
seconde bobine B' animée d'un mouvement de rotation uniforme.
L'objectif O est monté sur un disque D tournant autour d'un axe horizontal XY perpendiculaire aux axes des bobines, de sorte que le plan du disque D est parallèle au plan rr^ de la pellicule.
Si l'axe de la bobine B' et l'axe XY sont animés d'un même mouvement de rotation, si, de plus, la distance du centre de l'objectif O à l'axe XY est égale au rayon de la bobine B', le centre de l'objectif a la même vitesse tangentielle qu'un point quelconque situé sur le cylindre de la bobine B' : appelons V cette vitesse.
Entre les points r et r' la pellicule est animée d'une vitesse verticale V de haut en bas. Si l'on considère le moment où l'objectif veaant d'en haut passe par l'horizontale qui coupe l'axe XY, la vitesse du centre de l'objectif est alors verticale de haut en bas et égale à V. C'est le moment de la pose qui sera limitée par cette
Fig. 91
Fig. 90.
condition {^fig* 90) que l'arc de cercle décrit par le centre de l'objectif ne devra pas s'écarter de la tangente verticale de plus de •— de millimètre, et que la longueur de cet arc ne sera pas supérieure
à ^ de millimètre à la seconde.
On voit que de cette manière on pourra obtenir une image à chaque tour de l'objectif et que la hauteur de l'image sera égale à la circonférence décrite par le centre de l'objectif.
Il ne m'a pas été possible de réduire à moins de 20™" la distance du centre de l'objectif à l'axe (bien qu'on puisse facilement ré-
soudre la question ) (*), et j*ai été conduit à placer deux objectifs identiques sur un même diamètre du disque D pour obtenir des images de 6^™ de hauteur.
Dans le premier appareil construit (^fig* 91) les bobines B et B' avaient 24*^™ de circonférence et permettaient d'enrouler la pellicule de i3*^™ de largeur; la distance du centre des objectifs à l'axe était égale à 1 9™™, rayon correspondant à une circonférence de 1 2*^™ ; cet axe avait une vitesse double de celui de la bobine B', de façon à obtenir pour le centre de l'objectif la même vitesse tangentielle que celle de la pellicule.
Enfin, un obturateur formé d'un disque en carton D' percé d'une ouverture tournait autour d'un axe X'Y' parallèle à XY avec une vitesse double, de manière que son ouverture venait croiser chacun des objectifs au moment de la pose.
Les objectifs étaient en outre séparés de la pellicule par une plaque fixe P percée d'une ouverture vis-à-vis la position de la pose. Cette ouverture ne se découvrait qu'au moment où elle se trouvait en correspondance avec celle de l'obturateur.
Le châssis dans lequel passe la pellicule ne laisse à découvert vis-à-vis la position de la pose qu'une hauteur de 6^™ de pellicule.
Le défaut de cet appareil était de nécessiter l'emploi de deux objectifs; il fallait en outre prendre des objectifs ayant des lentilles de très faible diamètre.
J'aurais pu adopter la solution indiquée dans la note ci-dessous
( ' ; Pour faire tourner un objectif autour d'un axe aussi rapproché que l'on veut de son centre, il suffît de prendre une plaque porte-objectif dont on fait tourner
Fig. 92.
deux points A., A' (fig, 9a) autour de deux manivelles égales et parallèles AB, A'B'. Je n'ai point adopté cette solution.
(p. io5). Pour remédier à ces inconvénients, j'ai préféré la solution suivante :
L'obturateur D' {^fig* gS) est fixé sur un plateau porté par l'axe X'Y'; je prends sur ce plateau un point A' tel que la circonférence décrite par ce point tournant autour de l'axe X'Y' soit égale à la hauteur de l'image et je place en ce point une vis A'.
2icX' A' = hauteur de Fimage.
La vis A' a une vitesse tangentielle égale à la vitesse V de la pellicule .
L'objectif, au lieu de décrire une circonférence de rayon XO, est monté sur une plaque porte-objectif qui peut osciller autour d'un axe XY parallèle à X' Y' et dans le même plan horizontal ; la distance XO de cet axe à l'objectif peut être quelconque et n'est limitée que par les dimensions que l'on veut donner à l'appareil.
La fig, 98 montre le dispositif qui permet de donner à l'ob-
Fig. 93.
jectif le même mouvement que celui de la pellicule au moment de la pose.
D, plaque porte-objectif oscillant autour de l'axe XY;
O, objectif vissé sur la plaque;
D', obturateur tournant autour de la plaque X'Y'.
Du point X, comme centre, je décris la circonférence XO; du point X', la circonférence X'A'; je mène la tangente commune aux deux circonférences A, A'; je visse sur la plaque porte-objectif
APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. ÏO7
une vis A et je relie les deux vis A et A' par une bielle (*).
La vis A' décrit une circonférence autour de X', la vis A pendant ce temps oscille autour de X sur la circonférence AO'.
Au moment où la ligne AA' est tangente aux deux circonférences, les deux vis A, A' ont la même vitesse tangentielle ; mais tous les points de la circonférence OA ont la même vitesse tangentielle; au poiut O la tangente est verticale, l'objectif a donc à cet instant la vitesse V. C'est à ce moment que l'ouverture de D' se trouve vis-à-vis de l'objectif, pour permettre la pose. Comme dans le premier appareil, l'axe X'Y' tourne quatre fois plus vite que l'axe de la bobine B' dont la circonférence correspond à quatre hauteurs d^'image. Ces deux axes sont reliés par des engrenages.
Je me suis du reste servi du premier appareil pour construire le second par transformation .
Cette transformation avait pour but non seulement de supprimer un objectif, mais encore de permettre d'employer un objectif ayant une graude ouverture et par conséquent beaucoup plus lumineux.
Celui que j'ai adopté est le n®3 de la série de Zeiss ^-x de i4o™™
de foyer. Son ouverture est donnée comme ayant 25™™ alors que théoriquement elle doit être '
Le temps de pose est mesuré par l'arc de cercle de rayon X'O compris dans l'ouverture de l'obturateur D', augmenté de l'ouverture de l'objectif et diminué du déplacement de l'objectif pendant la pose.
Suivant que l'ouverture de l'obturateur D' est égale à i, 2, 3, 4, ... ouvertures de l'objectif, on utilise environ j, f , f , |, ... de la puissance lumineuse de l'objectif supposé entièrement ouvert pendant toute la durée du temps de pose. Cette ouverture devra donc être aussi grande que possible. Pour un temps déterminé elle est proportionnelle au rayon X'O qui se trouve limité par les dimensions de l'appareil.
( ') On a donné à la bielle une forme en arc de cercle parce que l'objectif en oscillant venait rencontrer la ligne AA.'.
Premier appareil : je prends X'O =^ 4X0. L'axe X' tourne deux fois plus vite que l'axe X.
Deuxième appareil : X'0=: 8XA'. Au moment de la pose l'objectif O a la même vitesse que A'.
Le déplacement de l'objectif pendant la pose, dans le premier appareil, ne doit pas dépasser 2™°*. En réalité, étant donné qu'au commencement et à la fin de la pose l'objectif ne laisse passer qu'une quantité de lumière négligeable, nous pourrons facilement porter ce déplacement à 3"™. J'appelle O l'ouverture de l'objectif, O X X l'ouverture de l'obturateur.
Pendant que l'objectif parcourt 3™°* l'ouverture de l'obturateur parcourt 3™™ x 8 ; j'ai l'équation suivante :
L'ouverture de l'objectif est de 9*
.mm
l'ouverture de l'obturateur est donc de 19"" et permet par conséquent d'utiliser les | de la puissance lumineuse de l'objectif.
L'appareil fait vingt-cinq épreuves à la seconde, le déplacement pendant une demi-seconde est de 60"°* ; un déplacement de 3™'° correspond donc à -^ de seconde.
Dans le deuxième appareil le déplacement de l'objectif pendant la pose peut être plus grand, parce que l'arc de cercle sur lequel se déplace l'objectif étant plus grand s'écarte moins rapidement de sa tangente ; nous pourrions porter ce déplacement à 5™™ : nous avons alors, avec une ouverture de 25"™, l'équation
l'ouverture de l'obturateur ne serait plus que de 20™™ et ne permettrait d'utiliser à aucun moment de la pose toute l'ouverture utile de l'objectif.
APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. lOQ
Si, au Heu de prendre un seul obturateur, nous en prenions deux superposés et tournant en sens inverse, nous arrivons à utiliser une beaucoup plus grande partie de la puissance lumineuse de l'objectif. En supposant que l'ouverture de ces obturateurs est au moins égale à l'ouverture de l'objectif, nous pouvons établir que : suivant que l'ouverture des obturateurs est égale à 2, 3, 4i ••• fois la moitié de l'ouverture de l'objectif, on utilise environ |, |, |, ... de la puissance de l'objectif.
Le temps de pose est mesuré par l'ouverture de l'obturateur; la fig, 94 montre le moment où la pose va commencer ; elle sera
terminée lorsque l'ouverture de l'obturateur 1 aura pris la place de l'ouverture de Tobturateur 2 ; à ce moment l'ouverture de l'obturateur 2 aura pris la place de l'ouverture de l'obturateur 1 ; le déplacement de l'obturateur pendant la pose est égal à son ouverture.
Il n'est pas facile pratiquement d'obtenir deux obturateurs superposés tournant en sens inverse autour du même point, comme nous l'avons supposé pour la démonstration; mais j'arrive au même résultat de la manière suivante. Je conserve Tobturateur D' tel qu'il est et je monte sur l'axe X'Y' (yî^. gS) une roue dentée qui
engrène avec un pignon quatre fois plus petit, monté sur un axe X^Y" portant le deuxième obturateur D* et placé de telle manière
que OX" = ^ OX'. L'ouverture de ce deuxième obturateur passera
quatre fois derrière l'objectif à chaque tour de l'obturateur D', mais
Fig. 95.
11 n'y aura qu'une seule fois coïncidence entre les deux ouvertures des deux obturateurs.
Cette solution, qui a été adoptée, permet, comme on le voit, de mieux utiliser l'objectif, sans augmenter en aucune façon les dimensions de l'appareil.
Le mouvement de la pellicule est déterminé par son enroulemenl sur la bobine B' dont le diamètre va constamment en augmentant, à mesure que la pellicule s'enroule. Celle-ci ayant une épaisseur de j^de millimètre, le diamètre augmente de— de millimètre à chaque tour, ce qui fait varier la vitesse de la pellicule, tandis que la vitesse de l'objectif reste constante. Il n'y a pas d'inconvénient à cela tant que les espaces parcourus pendant le temps de pose ne différeront pas de plus de •— de millimètre. Si nous supposons que le déplacement de l'objectif pendant le temps de pose soit de 4™™? le déplacement de la pellicule pourra varier entre 3""*, 5 et 4™™)^! la circonférence de la bobine, qui est soixante fois plus grande,
pourra donc varier entre 234™™ ^^ 246™"*, ce qui donne une différence de 12™™ et par conséquent une différence de 3™" environ pour le diamètre. Nous pourrons donc enrouler 20 tours de pellicule, à la condition de prendre pour diamètre de la bobine nue un diamètre inférieur de 2™™ au diamètre théorique.
La bobine B sur laquelle est enroulée la pellicule sensible tend constamment à tourner en sens inverse de la bobine B' pour tendre la pellicule. Un ressort en spirale est fixé à l'axe de cette bobine et est placé dans un barillet dans lequel il n'est pas arrêté, de sorte qu'il glisse dès qu'il a une certaine tension.
L'axe de cette bobine peut être arrêté par un frein à corde, et la corde est tendue par un ressort.
Lorsqu'on remonte l'appareil, la bobine B' tend à tourner, la pellicule se tend et la bobine B étant arrêtée par le frein, il ne peut
Fig. 96.
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y avoir de mouvement. En pressant sur un bouton, on détend le ressort du frein, la bobine B peut tourner, l'appareil se met en mouvement et s'arrête immédiatement dès qu'on cesse de presser sur le bouton.
Une aiguille fixée sur l'un des axes du mécanisme d'horlogerie indique à chaque instant le nombre de photographies faites.
Tout le système est contenu dans une boîte parallélépipédique ayant 20^" de hauteur sur 26™ de longueur et de largeur.
Cette boîte (Jig» 96) est partagée en trois compartiments par deux cloisons verticales.
Le compartiment B renferme le mécanisme d'horlogerie qui fait
tourner l'axe de la bobine B' et l'axe X'Y' de l'obturateur. Le compartiment A renferme l'objectif et l'obturateur. La chambre noire CD est divisée en deux compartiments par le châssis ; le compartiment D renferme les bobines B et B' et les rouleaux de renvoi R, R' qui font partie du châssis:
Les appareils qui viennent d'être décrits donnent de très bons résultats pour la Photographie, mais ils ne pourraient être employés , même avec des modifications, pour le cinématographe.
En premier lieu, les images qu'ils donnent sont beaucoup trop grandes; il faudrait i™,5o de pellicule pour une seconde, soit 90™ pour une minute; à raison de V^ le mètre, le négatif pour une minute reviendrait à 270'*", sans tenir compte des clichés manques. Avec ces grands négatifs, il est à peu près impossible d'obtenir des positifs ayant exactement la même longueur que les négatifs ; car la pellicule se dilate toujours plus ou moins, il y a toujours des glissements et l'enroulement sur les bobines ne se fait pas d'une manière absolument précise. Tous ces petits défauts n'ont aucune importance pour les études de Chronophotographîe, mais ne peuvent être admis pour les épreuves animées : à la projection les images oscilleraient, et ne produiraient pas l'illusion que doit donner un cinématographe bien construit.
Pour remédier à tout cela, M. Gossart a modifié ainsi ses premiers appareils.
Il se sert de pellicules de 35"™ de largeur, perforées de chaque côté de 2*^" en 2*^™ (J^ê^- 97 )j l'intervalle entre les deux lignes de
Fig. 97-
perforation est de 28™™. Cette pellicule passe en engrenant sur un cylindre portant des dents correspondant aux perforations, ce qui sert à régler son mouvement, comme le faisait la bobine B' ( /ig. 98) dans le premier appareil.
La pellicule enroulée sur une bobine B (/î^. 98) passe dans un
Fig. 98.
châssis muni de deux rouleaux de renvoi r, /•' et d'une fenêtre F,
passe ensuite sur le cylindre à dents C et vient s'enrouler sur la bobine B'.
I I i CHAPITRE II.
L'axe du cylindre C et Taxe de la bobine B' reliés par leur engrenage tournent en sens inverse avec la même vitesse, la bobine B' est montée à friction sur son axe et le diamètre de son nojau est un peu supérieur à celui du cylindre C, de sorte que la pellicule est constamment tendue entre C et B' par la friction de la bobine sur son axe.
L'obturateur est encore un disque de carton D' percé d'une ouverture qui passe à chaque tour devant la fenêtre F. En raison de la petitesse de l'image, il a été possible d'employer dans cet appareil un obturateur de plaques, tandis que dans les premiers modèles il était nécessaire d'avoir un obturateur d'objectif.
Le porte-objectif est une plaque rectangulaire verticale qui se déplace en restant toujours parallèle à elle-même, deux de ses points tournant autour de deux arbres coudés X, A (/?§". 99), XA
étant le rayon d'une circonférence dont le développement est égal à la hauteur de l'image.
Au moment où le porte-objectif est le plus rapproché possible de la pellicule, ce qui a lieu lorsque XA est horizontal, le porteobjectif a une vitesse verticale égale à celle de la pellicule, puisque le point A a une vitesse tangentielle égale à celle de la pellicule et le moment de la pose, la durée de celle-ci étant limitée par la condition que la différence entre l'arc et la corde soit inférieure à j^ de millimètre et que la flèche de cet arc soit inférieure à la profondeur du foyer de l'objectif.
Le porte-objectif {/ig' loa) porte à sa partie postérieure un tube fermé par un fond qui présente une ouverture un peu plus
APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. [fS
petite que l'image. Cette ouverture forme les cadres de l'image, elle ne laisse passer que les rayons lumineux compris dans le champ de l'image qu'elle suit dans son mouvement pendant le temps de pose.
Les deux arbres coudés X, A peuvent tourner dans les coussinets de deux bielles è, b vissées sur le porte-objectif D.
La roue d'engrenage fixée sur l'arbre C, qui met en mouvement l'axe de la bobine B', fait tourner également un pignon six fois plus petit fixé sur l'arbre X de Tun des arbres coudés.
Ces deux pièces sont reliées entre elles, non seulement par les bielles è, è, mais encore par deux roues dentées, fixées sur les arbres X, A, Y et reliées entre elles par une roue intermédiaire de même diamètre. L'axe de cette roue aa {fig> 99) porte un pignon d'angle
Fig. loi.
qui fait tourner l'axe sur lequel est fixé l'obturateur D'. Cet axe aa est porté par deux ponts fixés de chaque côté de la platine PP, qui présente un trou pour le passage du pignon d'angle.
Le cylindre C, dont le développement est égal à la hauteur de six images, porte six dents de chaque côté. C'est pour cette raison que le pignon X est six fois plus petit que la roue dentée de l'arbre C.
Un mouvement d'horlogerie placé entre deux platines, la platine PP et une platine placée à droite de PP, met en mouvement l'arbre A et par suite tout le système.
Un frein à corde est monté sur l'axe X'Y', qui porte l'obtura-
Il6 CHAPITRE II.
leur. En pressant sur un bouton on desserre le frein qui agit de nouveau dès qu'on cesse la pression.
On a de cette manière un mouvement de rotation continu pour Pobjectif au lieu d'un mouvement alternatif. Un contrepoids G, fixé sur l'arbre coudé inférieur, maintient le système en équilibre et donne plus de régularité au mouvement de rotation.
Les trois platines, P'P', PP et celle de droite, reposent sur un plateau horizontal sur lequel elles sont fixées à l'aide de vis.
L'appareil peut fonctionner tel quel pour la reproduction des images; pour la Photographie il doit être enfermé dans une boîte parallélépipédique d'environ 3o^™ de hauteur, 22*^" de longueur et 22^™ de largeur. L'un des côtés formant porte à glissière peut être retiré; la fig. 102 montre l'appareil dans la boîte, la porte enlevée.
Le côté antérieur de la boîte (^^. 102) porte vis-à-vis de l'objectif un tube double composé d'un tube extérieur qui enveloppe l'objectif et d'un tube intérieur concentrique, maintenu dans le premier par un diaphragme ; ce tube intérieur s'engage dans le parasoleil de l'objectif. Celui-ci se meut entre ces deux tubes qui empêchent la lumière de pénétrer dans la boîte.
L'objectif employé est un objectif à portraits de la série C de Dallmeyer, dit objectif miniature. Le foyer absolu est de quatrevingts et quelques millimètres, l'ouverture des lentilles est déplus de 3o™™. Il est très lumineux, ne couvre bien qu'une très petite image et est très difficile à mettre au point.
Ces inconvénients sont du reste une conséquence forcée de la très grande ouverture de l'objectif.
P'P'. — Platine antérieure.
PP. — Platine médiane.
Le mouvement d'horlogerie se trouve placé entre la platine PP et une platine postérieure.
Les axes des bobines sont fixés et calés sur la platine PP ; la roue dentée B' tourne autour de Taxe B et entraîne par friction un tube entourant cet axe sur lequel se fixe la bobine B'.
B. — Axe de la bobine supérieure.
B'. — Axe de la bobine inférieure: i®"* cercle, noyau de la bobine; 2^ cercle, roue dentée ; 3e cercle, face de la bobine.
G. — Axe du cylindre à dents : i*"* cercle, cylindre à dents; 2® cercle, roue d'engrenage engrenant avec la roue B'.
XX. — Pivots des axes coudés XA : en bas, i" cercle, pignon engrenant avec la roue C; a" cercle, roue dentée engrenant avec la roue Intermédiaire qui engrène avec la roue supérieure; au centre, pignon d'angle mettant en mouvement l'axe X' qui porte l'obturateur D'.
G, — Contrepoids monté sur XA.
Coupe élévatoire da porte -objectif
0. — Objectif avec parasoleil vissé par son milieu dans le porte-objectif DD.
b, b, b. — Une des bielles fixées au porte-objectif avec ses coussinets dans lesquels sont engagés les arbres coudés A. T. — Prolongement du tube de l'objectif formant parasoleil. T'. —Tube formant chambre noire.
F. — Fond du tube présentant une fenêtre qui sert de cadre à l'image.
Cinématographe de HH. Scbmidt et André Christoplie. — Dans lous les appareils que nous venons de passer en revue, le mouvement de toutes les pièces qui concourent à l'entraînement de la
pellicule et à l'ouverture de l'obturateur s'obtient à la main. De là une certaine difficulté pour obtenir une régularité absolue dans la vitesse de déroulement de la bande porte-images, et quelquefois il serait utile de pouvoir produire des épreuves absolument semblables comme temps de pose et comme vitesse de succession.
Dans le but de remédier à ce défaut, MM. Schmidt et André Christophe ont combiné un cinématographe mû par un mouvement d'horlogerie.
L'instrument qu'ils ont construit est de très petit volume, malgré cette adjonction, et sa manœuvre est des plus simples; il demande seulement un peu plus de soin que les autres, car ses organes sont assez délicats et risqueraient de se fausser s'ils étaient manœuvres sans soins suffisants.
Ici encore les orgaùes qui composent le mécanisme d'entraînement de la pellicule sensibilisée sont animés d'un mouvement rotatif continu, ce qui permet d'éviter les chocs et les vibrations qui se produisent fatalement dans les appareils à mouvements alternatifs saccadés.
La pellicule est enroulée sur un tambour mobile, qui peut tourner librement sur un axe qui traverse un axe cylindrique présentant une fente longitudinale. Un couvercle vient recouvrir cette enveloppe; il porte une fente similaire à celle de l'enveloppe, et c'est à travers ces fentes, lorsqu'elles sont en concordance, que se débite la pellicule.
Quand cet appareil de distribution de la pellicule est exposé à la lumière, les deux fentes sont éloignées l'une de l'autre de façon à empêcher toute introduction de lumière pouvant atteindre la couche sensibilisée. Un emmanchement à baïonnette réunit l'enveloppe à son couvercle et forme un tout de ce cylindre distributeur.
Sur la joue formant le fond de l'enveloppe se trouve à l'extérieur un petit tenon qui vient s'appuyer sur un ressort fixé dans la boîte contenant tout le mécanisme. En faisant entrer le couvercle sur sa boîte, une butée disposée sur ce couvercle vient rencontrer le tenon et fait tourner l'enveloppe d'une quantité suffisante pour mettre en regard les deux fentes.
Le couvercle est maintenu immobile par une pièce fixe rattachée
APPLICATIONS PHOTOGRAPHIQUES. IHJ
à la boîte, de telle sorte qu'en retirant ce couvercle le ressort situé au-dessous fait tourner l'enveloppe, et alors les deux fentes ne sont plus en correspondance.
Après avoir traversé le mécanisme d'entraînement pour la prise successive des clichés, la pellicule sensibilisée vient s'enrouler sur un système semblable à celui que nous venons de décrire.
Cette disposition permet d'échanger les pellicules en pleine lumière; il suffit pour cela d'enlever les distributeurs et de les remplacer par d'autres préparés à l'avance. On a seulement le soin de coller au bout de la pellicule une bande de papier noir qui permet d'amorcer l'appareil sans perdre de couche sensible.
A la sortie de l'appareil distributeur, la bande pelliculaire passe entre deux cadres qui lui servent de guide : l'un est fixe et l'autre, celui de derrière, est mobile mais appuyé contre le premier par un ressort.
En avant de cette fenêtre sont placés l'objectif et le disque obturateur.
L'entraînement de la bande pelliculaire est fait par deux disques entraîneurs calés sur un même axe et animés d'un mouvement de rotation continue. A cet effet, un rouleau tournant librement sur deux pivots fixés aux extrémités de deux ressorts presse la bande, au moment voulu, contre les disques qui l'entraînent alors dans leur rotation.
Pendant la prise de chacune des images successives, c'est-à-dire quand l'ouverture de l'obturateur découvre l'objectif, la pellicule doit rester absolument immobile. A ce moment les disques entraîneurs, tout en continuant de tourner sans interruption, cessent d'entraîner la bande. Pour déterminer cet arrêt de la bande, deux cames sont placées sur l'axe de rotation, et celles-ci éloignent à intervalles utiles le rouleau des disques. Pendant cette période du mouvement, la bande pelliculaire n'étant plus pressée entre le rouleau et les disques reste libre et immobile entre ses otganes. Elle ne peut d'ailleurs flotter dans la partie soumise aux rayons lumineux, puisqu'elle est serrée entre les deux cadres.
Le profil des cames est établi de telle manière que l'entraînement de la bande recommence en temps utile et sur une longueur déterminée après chaque prise d'image; dès que l'onde de chaque came
cesse d'agir sur le rouleau, celui-ci, sollicité par ses ressorts de suspension, se rapproche des disques et ^dent presser sur la bande qui est de nouveau çntrainée dans le mouvement de rotation de ces disques.
Le disque obturateur placé contre l'objectif reçoit un mouvement circulaire continu au moyen de deux pignons coniques de même diamètre. L'un d'eux est calé sur le même axe que les disques entraîneurs, et se trouve placé entre ces deux disques ; l'autre est fixé sur l'axe de l'obturateur. De cette façon, cet obturateur accompagne les disques dans leur mouvement rotatif continu ; son ouverture démasque l'objectif pendant que les cames éloignent le rouleau des disques, c'est-à-dire lorsque la bande pelliculaire est complètement immobile.
Pour assurer un écartement rigoureusement exact entre les images prises successivement par l'appareil, c'est-à-dire pour éviter les entraînements ou les glissements éventuels de la pellicule pendant ou après l'action du rouleau compresseur, la bande est dirigée en quelque sorte par un ressort à lame fixé à la partie supérieure du bâti métallique qui supporte tout le mécanisme, et portant à sa partie inférieure une pointe qui peut s'engager dans des ouvertures oblongues ménagées sur l'un des rebords de la pellicule.
Ce dispositif permet encore d'avoir des points de repère pour la reproduction des images photographiques pour la projection lorsqu'on a remplacé la bande des négatifs par celle des positifs.
Le ressort à lame est soumis à l'action d'un disque à profil de came qui écarte ce ressort à des intervalles déterminés ; dès que la came n'agit plus par sa partie saillante, le ressort se détend et la pointe pénètre dans une des ouvertures oblongues de la bande pelliculaire. Cette pointe limite ainsi la course de la bande pour chacune des images.
Le disque à cône est monté sur le même axe que les disques entraîneurs, il les accompagne avec la même vitesse dans leur mouvement rotatif continu.
Le mécanisme moteur est constitué par un mouvement d'horlogerie composé d'un tambour ou barillet contenant le ressort moteur qui est bandé au moyen d'une clef à douille. Ce barillet porte une couronne dentée qui engrène avec un pignon communiquant à son
tour le mouvement à l'axe principal par l'intermédiaire d'une seconde roue et d'un second pignon.
La vitesse de ce train d'engrenage, et par suite celle de tout le système, est réglée au moyen d'un régulateur à force centrifuge, dont les branches flexibles portent, vers leur partie médiane, deux sphères s'écartant d'autant plus que la vitesse s'accélère. En concordance du disque entraîné dans un mouvement de rotation continu par le train d'engrenage, se trouve un deuxième disque auquel sont attachées les extrémités des branches flexibles du régulateur; d'autre part, les branches d'un fort ressort à lame frottent sur chacun des disques et tendent constamment à les rapprocher. On comprend que ce ressort forme frein et agira avec d'autant plus d'énergie que les disques seront plus écartés, c'està-dire que la vitesse de rotation du système sera plus grande.
On détermine la tension initiale du ressort au moyen d'une vis de réglage.
Le système récepteur, interchangeable avec le système distributeur, est actionné de la façon suivante : un des tambours porte latéralement une poulie garnie d'un anneau de caoutchouc et est entraîné par friction par une deuxième poulie supportée à l'intérieur de la boîte. Une troisième poulie montée sur l'axe principal transmet le mouvement à la deuxième au moyen d'un petit câble flexible.
En introduisant l'appareil récepteur dans le logement qui lui est ménagé dans la boîte, on presse par ce fait même sur la poulie du tambour; celui-ci est alors entraîné dans un mouvement de rotation et l'enroulement de la bande peut avoir lieu.
Une pièce d'arrêt, actionnée par un bouton placé en dehors de la boîte, permet de maintenir l'obturateur fermé. En appuyant sur ce bouton, on déclenche l'obturateur, ce qui permet au mécanisme de se mettre en mouvement.
Graphonoscope de H. Baron. — Dans une combinaison qu'il a désignée sous le nom de graphonoscope, M. Baron a cherché à enregistrer et à reproduire simultanément les séries animées et les sons qui les accompagnent.
Cet appareil se compose de deux parties distinctes, mais intime-
ment liées l'une à l'autre, afin de concourir ensemble à l'obtention du résultat cberché. L'une de ces parties est un appareil chronophotographique, servant à prendre une série de poses d'un même sujet en mouvement, à des intervalles très rapprochés ; l'autre partie consiste en un phonomicrographe excessivement sensible servant à l'enregistrement du son, et en un phonographe haut parleur pouvant se faire entendre de toute une salle.
Ces deux appareils, reliés électriquement, marchent ensemble à la même vitesse, et, pendant la reproduction en projection du sujet photographié, les mouvements se trouvent rendus avec les sons qui les accompagnent, de sorte que les auditeurs voient et entendent les scènes et les sons reproduits comme s'ils assistaient à la réalité.
L'appareil chronopholographique se compose d'une boîte en bois, fermée hermétiquement et divisée en plusieurs compartiments renfermant les différents organes.
La pellicule, enroulée sur le cylindre A {Jig. io3), passe sur les guides B et C, entre dans la glissière H, où une plaque à
Fig. io3.