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III. — MANŒUVRE DES APPAREILS

Les indications que je vais donner seront nécessairement incomplètes, puisque chaque sujet demande, pour ainsi dire, une méthode différente; mais j’aurai soin d’exposer plus particulièrement les modes d’opérer et l’ensemble des précautions qui trouvent leur application en toutes circonstances : ce sera à l’archéologue de résoudre les difficultés de détail.

Eclairage. — ^ Une des questions principales, dans la Photographie des monuments, est celle de l’éclairage, car un mauvais effet de lumière peut rendre méconnaissables certains sujets et ôter toute valeur à l’épreuve photographique. Ici, c’est surtout

affaire de goût, et il est difficile d’apprendre à bien voir; tout au moins poserai-je les règles générales qui doivent guider l’opérateur.

Les ensembles demandent toujours une vive lumière ; on peut meme dire qu’il est indispensable d’opérer par un temps de soleil, car c’est le seul moyen d’avoir des ombres portées qui donnent du relief aux parties saillantes et d’obtenir des effets de perspective bien ménagés. Pour les mêmes raisons, il faut éviter l’éclairage de face. On choisira donc, de préférence, le moment où les rayons du soleil frappent obliquement le sujet à reproduire et mettent en relief les grandes masses. On aura soin, toutefois, de ne pas tomber dans l’exagération en allongeant outre mesure les ombres portées, car l’effet serait disgracieux et les détails disparaîtraient ou deviendraient confus au milieu des jeux de lumière.

M. Blanquart-Evrard a donné, à ce sujet, d’excellents conseils; nous les transcrivons :

« Lorsqu’il s’agit d’une vue d’ensemble pittoresque, le soleil est d’un puissant secours pour amener des effets piquants, surtout si le monument est en pierres noircies par le temps; mais la condition la plus favorable pour ce genre de reproductions est celle où le monument est successivement éclairé par une pleine lumière et obscurci par le passage d’un nuage.

» Un temps un peu nuageux est le plus favorable à ces sortes de reproductions.

- -iO -

» Si les passages des nuages se faisaient à de trop longs intervalles, après avoir laissé agir la lumière voilée, on pourrait couvrir la surface de l’objectif et attendre un moment d’éclaircie pour faire agir la pleine lumière. La succession des effets cpii résultent de l’action d’une lumière douce et faible, puis vive et forte, produit des beautés incomparables.

» En procédant d’abord par une exposition à l’ombre, qui permet d’obtenir dans les ombres de la transparence, et en terminant l’épreuve par une courte exposition au soleil, on arrive à un résultat complet.

» Le temps de pose peut être divisé de la manière suivante :

» Si le monument est une vieille construction gothique , aux sculptures à la fois saillantes et profondes, on donnera à la pose faite à l’ombre la moitié du temps jugé nécessaire si l’on eût opéré à l’ombre seulement, et à l’exposition au soleil , également la moitié du temps qu’eût nécessité une exposition faite tout le temps au soleil.

)) Si le monument est moderne et en pierre blanche, il faut augmenter le temps d’exposition à l’ombre et diminuer celui au soleil, selon que le monument est plus clair ou moins chargé d’ornementation.

» On voit ainsi que, en conduisant son opération avec intelligence, on peut arriver à des effets ex-

cessivement variés dans la reproduction d’un même monument ( ^ »

Les détails de sculpture, au contraire, redoutent la trop vive lumière, et il convient d’éviter de les photographier en plein soleil.

« Dans ce genre de reproductions, plus la lumière sera large et douce, et plus l’épreuve aura de modelé. Il faut éviter l’emploi d’une lumière trop vive : les parties lumineuses seraient trop accusées, les ombres trop puissantes, les demi-teintes trop faibles dans le passage de la lumière à l’ombre, partant le résultat serait sec, sans harmonie et incomplet (-). »

Dans ce cas, le meilleur éclairage est celui que donne un ciel parsemé de nuages blancs, en opérant, bien entendu, à l’abri des rayons directs du soleil; la lumière est alors assez forte pour donner encore quelques effets, ce qu’un temps couvert permet difficilement d’obtenir.

Telles sont, à peu de chose près, les principales règles de l’éclairage; mais il est difficile en voyage de se conformer d’une manière complète à ces diverses conditions; souvent on ne dispose que de quelques minutes pour photographier im monument, et il faut bien accepter l’éclairage du moment; mais alors les résultats sont imparfaits, et (*)

(*) Traité de Photographie sur papier, par Blanquart-Évrard. Paris, i85i.

(^) Loc. cit.

(le telles épreuves ne doivent être considérées que comme de simples notes.

La question de l’éclairage devient encore plus Importante lorsqu’il s’agit de reproduire des intérieurs, et c’est à la résoudre qu’il faut même s’attacher avant tout, dans certaines circonstances.

Si, par exemple, on opère dans des souterrains, ou plus simplement dans des pièces obscures, il est nécessaire de recourir aux éclairages artificiels, lumière électrique, lumière au magnésium ou bien flamme de Bengale. Ce genre d’éclairage produit des ombres portées beaucoup trop fortes, et il convient de parer à cet inconvénient en disposant plusieurs foyers lumineux qui répartissent plus uniformément la lumière. Il est important cependant de ne pas employer simultanément des sources de lumière de même intensité, car, dans ce cas, les ombres ne s’accuseraient plus et les images manqueraient totalement de relief. L’emploi de quelques fils de magnésium, brûlés à la main pendant une fraction plus ou moins longue du temps de pose , permettra d’obtenir l’atténuation des ombres.

La lumière électrique donne d’excellents résultats ; mais , que l’on obtienne la source lumineuse au moyen d’une pile ou d’une machine magnéto-électrique , les appareils sont d’un prix élevé.

Cette difficulté , toutefois , s’atténue sensiblement s’il ne s’agit que d’éclairer des sujets de peu

d’étendue, car il suffit alors d’actionner une simple bougie JabloschkolT par une petite machine de Gramme , mise en mouvement au moyen d’une pédale.

Un réflecteur argenté permet de diriger le faisceau lumineux sur l’objet à photographier, et l’on atténue les ombres en donnant quelques mouvements latéraux au miroir; en toute circonstance, il convient d’approcher le plus possible le foyer lumineux de l’objet à éclairer, car l’intensité de la lumière décroît rapidement avec la distance.

La lumière au magnésium est plus facile à produire, elle ne demande pas d’appareils coûteux, mais elle a le grand inconvénient de produire des vapeurs magnésiennes des plus désagréables à respirer. Ordinairement le fil de magnésium est placé dans une lanterne munie d’un réflecteur, et un mouvement d’horlogerie entraîne le fil à mesure qu’il se brûle, de manière à maintenir le point lumineux au foyer du réflecteur.

On peut employer encore des flammes de Bengale, et, chose remarquable, la lumière ainsi produite a une grande intensité photogénique. Cet éclairage artificiel est le plus simple et de beaucoup le moins coûteux, mais il a aussi le grave inconvénient de donner d’abondantes vapeurs sulfureuses.

Les flammes de Bengale blanches se trouvent chez tous les artificiers; on peut, du reste, les préparer facilement soi-même : il suffit de mélanger

intimement les substances suivantes, préalablement pulvérisées :

Salpêtre 6

Soufre 2

Sulfure d’antimoine i

On mélange, au moyen d’une spatule, ces diverses substances et on les tasse légèrement dans des cartouches en carton ou dans des pots de terre. L’intensité de la lumière est proportionnelle à la surface de la préparation, et la durée de la combustion à son épaisseur.

D’après M. Spiller, on obtient une lumière excellente par le procédé suivant :

(( On met dans une capsule de porcelaine du salpêtre, et, à l’aide d’une lampe à alcool, on chaude jusqu’à fusion; on projette alors dans la capsule, par petites portions, du soufre en petits fragments ou de la fleur de soufre. La déflagration de ce mélange fournit une lumière dont les qualités photogéniques sont remarquables et dont le prix de revient est insignifiant ( ^ ). »

Enfin MM. Riche etBardy signalent comme trèspuissante la lumière obtenue en projetant un courant de gaz oxygène dans une capsule contenant du soufre en fusion.

Choix de la station. — Ainsi que nous venons de le dire, l’opérateur, pour déterminer l’empla-

(‘) Bull, de la Soc. franc, de Photographie, t. XXI, p. 35.

cernent de la chambre obscure, se préoccupera d’abord d’obtenir un bon éclairage. L’élévation du monument à reproduire lui indiquera, en second lieu, la bauteur à laquelle il devra élever la chambre obscure pour éviter les déformations. En thèse générale, l’appareil doit être placé à moitié de la hauteur totale du sujet, et il ne peut, sans inconvénient, descendre au-dessous du tiers de cette même bauteur. On est donc forcé bien souvent de monter dans les maisons voisines ou même d’installer la chambre obscure sur un toit.

Si l’on ne dispose pas de maisons à proximité, il faut élever l’appareil, comme nous l’avons dit (p. 3), en se servant des pieds àlongues branches ou de l’échelle double.

Les deux conditions de direction et d’élévation étant remplies, il s’agit de monter l’appareil.

Moniale de V appareil. — Le pied à coulisses est tout d’abord développé, et les écrous sont convenablement serrés ; on cherche ensuite à rendre horizontale la tête du pied, sur laquelle doit se fixer la base de la chambre obscure. Dans une pente un peu rapide ou sur un toit, on place deux des branches du pied du coté le plus bas, en leur laissant toute leur longueur, et l’on raccourcit la troisième branche- d’une quantité telle, qu’elle prenne terre en s’écartant de chacune des autres branches d’un angle égal à celui de ces deux branches; ce mode d’écartement est celui qui

donne le plus de solidité. On enfonce rextrémité des branches dans le sol pour fixer l’appareil, ou, si c’est impossible, on cale les branches avec des pierres ou d'autres objets ; enfin, pour plus de sûreté, on relie les trois branches par une petite corde qui s’accroche aiix boulons réunissant les morceaux de cliaque branche ; cette sorte de ceinture triangulaire rend impossible tout écartement.

Il arrive parfois qu’il faut placer la chambre obscure au bord d’une fenêtre, d’un balcon, d’un parapet; il est alors nécessaire d’approcher le plus j^ossible l’appareil et de l’élever suffisamment pour que l’épreuve ne soit pas coupée dans le bas parle bord de la fenêtre. Lorsque ce moyen est insuffisant, on raccourcit deux des branches du pied à leur plus faible longueur, et on les fait porter sur l’appui de la fenêtre, tandis que la troisième branche, àlaquellc on conserve toute sa longueur, pose sur le sol. Si cette branche est trop courte, on lui donne comme ]3oint d’appui un escal)eau, une chaise, une table, etc.

Le pied ainsi placé, il est prudent quelquefois, surtout par le vent, d’augmenter sa stabilité en suspendant entre les branches un sac que l’on charge d’un poids assez lourd, en le remplissant de cailloux par exemple.

Le pied étant solidement installé, on visse sur la tête la base de la chambre obscure, et, au moyen d’un niveau à bulle d’air, on achève de niveler dans tous les sens la base de l’appareil.. Cette opération

faite, on choisit iin objectif de fojer convenable, ce qui est facile si l’on emploie le cbercbeur focimétriqiie de M. Davanne [fig- 4)> instrument excellent dont je ne saurais trop recommander l’usage.

U Cet appareil sert d’abord à trouver le point de vue, à composer, en quelque sorte, le tableau; il est formé de deux platines, dont l’une, percée d’une

Fig. 4.

fente par laquelle on regarde, reste fixe, tandis que l’autre se meut sur une tige en encadrant une portion de l’espace d’autant moins grande qu’elle s’écarte davantage; en éloignant plus ou moins ces deux platines, on isole, on encadre la partie que l’on veut reproduire, on examine la place qui semble lapins favorable, on recule, on se rapproche, suivant l’importance que l’on veut donner à telle ou telle partie, et, une fois le tableau composé sur

nature, l’objectif doit en donner une image complète; pour cela, il doit être de foyer convenable, assez court pour embrasser convenablement l’ensemble, assez long pour ne pas prendre plus que cet ensemble et perdre ainsi inutilement sur la dimension ( ’ ).

» Le cbercheur focimétrique a justement pour but de déterminer quelle doit être la longueur focale de l’objectif par rapport à la grandeur de l’épreuve que l’on veut obtenir; il suffit, pour connaître cette longueur, de regarder sur l’instrument à quel chifï're s’arrête le petit indicateur qui marche avec la platine mobile qui sert de cadre au sujet à reproduire. Ce chiffre représente le rapport entre la longueur focale nécessaire et le grand côté de l’épreuve pris pour unité. Supposons que l’indicateur s’arrête sur le chiffre i : cela veut dire que l’objectif à employer doit avoir un foyer se rapprochant de fois le côté de la glace dépolie ou mieux de l’épreuve que l’on veut obtenir; si la glace a o’", 20 de côté, l’objectif devra avoir o’", 3o ; si elle a o"b i4, il devra se rapprocher de o"b2i ; si l’indicateur s’est arrêté sur le chiffre j, pour une glace de o'”, 20 il faudra un objectif de o"\ i5, pour

( *) Ces indications ne sont pas applicables d’une manière complète dans le cas qui nous occupe; mais j’ai cru devoir les transcrire pour bien faire comprendre l’usage des chercheurs. On trouve cet instrument chez Darlot, opticien, 2j, boulevard Voltaire.

une glace de o"\i4 d faudra environ o"’,ii5, et ainsi de suite ( ^ ). »

L’objectif étant choisi et mis en place, il arrivera le plus souvent que l’image ne sera pas à la place convenable sur le verre dépoli; il faut donc l’y ramener. Je ne parle, bien entendu, que du défaut dans le sens vertical, car les mouvements latéraux que la chambre peut prendre autour de l’axe formé par le boulon central de la tête du pied permettent très-facilement de ramener l’appareil dans la direction voulue.

Le moyen que suivent ordinairement les opérateurs consiste à incliner l’appareil, et, certes, il est facile ainsi de ramener l’image à la place qu’elle doit occuper ; mais, je l’ai déjà dit, il faut, pour éviter les détormations, que la glace sensible soit toujours dans un plan vertical. Incliner la chambre est donc une faute, et c’est par d’autres moyens que l’image doit être ramenée à sa place ; ce résultat s’obtient ordinairement en élevant l’objectif au moyen d’une coulisse dans laquelle peut se mouvoir la planchette porte-objectif. Si ce moyen est encore insuffisant, on est réduit à incliner la chambre obscure, ce qui se fait en raccourcissant une des branches du pied au moyen de sa coulisse ou en l’écartant de la position qu’il occupait; mais il devient alors indispensable de ramener le châssis porte-glace dans un plan vertical, ce qui se fait au

( *) Davanne, Les Progrès de la Photographie. Paris, 1877, p. 7. Trutat. Phot. appl. à V Arch. 5

— où

moyen du châssis à ,l)ascLÜe. On cherche par quelques tâtonnements â se mettre le plus possible dans des conditions telles que le châssis et le sujet â reproduire soient parallèles entre eux, car telle est la condition nécessaire pour éviter les déformations.

Mise au point. — La première mise au point se fait simplement en examinant l’image dessinée sur la glace dépolie; cette glace sera d’un grain trèslin; le verre doit être rejeté impitoyablement. Avec une loupe de photographe convenablement réglée pour la vue de l’opérateur, on vérifie la mise au point sur quelques détails un peu délicats, et l’on lixe solidement le chariot de la chambre obscure au point voulu.

Voici, d’après M. Dallmeyer, quelques conseils très-pratiques, relatifs à cette opération :

(( La mise au point se fait avec un diaphragme moyen, et l’on examine d’abord les objets éloignés; on réduit l’ouvertiirc du diaphragme de la quantité justement nécessaire pour empêcher que ces objets ne paraissent troubles. Il ne faut jamais chercher à obtenir une netteté uniforme, si vous désirez produire un tableau; car quel est l’artiste qui songe à donner la même netteté au fond et aux accessoires qu’au sujet principal de son tableau, et qui vit jamais distinctement les objets éloignés, quand les yeux fixent un objet près de l’avantplan? a

L’art de la Photographie s’est élevé et ne se propose plus pour but, comme autrefois, d’obtenir des épreuves d’une netteté uniforme; c’est en suivant les conseils précédents qu’on parviendra à des résultats vraiment artistiques.

(( En choisissant une vue, il faut, autant que possible, favoriser la courbure de champ naturellement produite par l’objectif, c’est-à-dire, si la chose est possible, que les objets extrêmes soient les plus rapprochés et ceux du centre les plus éloignés de l’appareil.

» Quand on photographie im sujet plan, tel qu’un bloc de maisons, il faut mettre au foyer sur un point situé à un tiers du centre, et, dans ces conditions, l’image C[ue l’on obtient aura à peu près une netteté uniforme.

)) Pour obtenir du relief et de la perspective aérienne dans une image, on opère toujours avec la plus grande ouverture du diaphragme possible, et voici comment on procède : on met au foyer l’objet qui constitue le point intéressant de l’image, et qui est généralement situé près de l’avant-plan. »

Je sais bien que pour l’archéologue la précision des détails est d’une importance considérable ; mais on peut l’obtenir sans négliger tout à fait l’effet artistique.

Lorsqu’il s’agit de reproduire des détails, la netteté est la condition essentielle ; l’effet artistique ne sera donc demandé qu’à l’éclairage , et encore faudra-t-il se maintenir dans des tons modérés

qui n’enlèvent rien à l’épreuve de sa valeur au point de vue archéologique.

Pose. — Tout étant ainsi disposé et solidement fixé, il ne reste plus qu’à mettre en place la plaque sensible et à démasquer l’objectif. Ici je recommanderai avec insistance l’excès de précautions contre les coups de jour; quelque bien fait que puisse être un châssis, il n’est pas prudent de découvrir la glace en relevant le rideau en pleine lumière; il ne faut jamais négliger de faire cette manœuvre sous le voile noir, qui doit avoir une grandeur suffisante, 2 mètres au moins de côté. Ce voile peut être fait avec deux épaisseurs de lustrine croisée noire et non glacée. On le laisse sur l’appareil pendant tout le temps de la pose, et, pour éviter tout accident, on noue les quatre coins deux à deux entre les branches du pied; c’est alors seulement qu’il conviendra de démasquer l’objectif.

Suivant les procédés de préparation de la plaque sensible, la pose sera de quelques secondes ou de quelques minutes; mais nous ne pourrons traiter cette question qu 'après avoir décrit les procédés que nous conseillons.

En général, les opérateurs font poser trop peu de temps : de là insuffisance des détails dans les ombres et dureté générale du plus mauvais effet. La pose doit être assez prolongée pour que tous les détails dans les ombres viennent au premier développement et sans renforcement; cette dernière

opération doit seulement avoir pour but de donner au cliché une intensité suffisante, ce que la pratique seule peut enseigner.

Pendant la pose, il est important de noter sur un carnet, spécialement destiné à cet usage, les indications suivantes :

Numéro d’ordre du châssis. Chacun des châssis doit porter un numéro très-apparent qui permette de le distinguer sans possibilité d’erreur; les châssis étant ordinairement noirs, il est bon de peindre les numéros avec du blanc de gouache qu’on applique au moyen de chiffres découpés en laiton.

2® Titre du sujet : monument, détail de telle ou telle partie, etc.

3^^ Temps de pose par le soleil ou par un temps couvert.

Enfin il est utile d’ajouter la date et l’heure, renseignements qui peuvent devenir précieux plus tard.

Toutes ces indications sont importantes; elles éviteront les doubles emplois de plaques et elles serviront de guide lorsque, de retour à l’atelier, il faudra procéder au développement.

Dans quelques appareils , en particulier dans ceux de M. Jonte, les châssis portent une feuille indicatrice, afin d’éviter toute erreur de pose ; mais cette précaution ne doit pas faire négliger l’usage du carnet.

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