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Dans ces coupes, il peut se rencontrer des roches de structure toute spéciale, soit par les lignes de clivage qui la sillonnent, soit par les différents éléments qui entrent dans sa composition : une ou plusieurs photographies de détails seront alors nécessaires.
^nûnles fossiles engagés dans la roche pourront quelquefois se photographier sur place, afin de bien déterminer leur position; ou bien le même fossile isolé, mais alors transporté dans le laboratoire, permettra de faire, au moyen de la Photographie, des Planches du plus haut intérêt.
Ce système a déjà été employé avec succès par plusieurs géologues, et il tend tous les jours à devenir d'un usage général.
Nous renverrons, pour l'obtention des clichés de ce genre, à ce que nous avons dit précédemment soit pour les coquilles, soit pour les plantes (*).
( ' ) Voir p. 87 et p. 99.
MICROGRAPHIE.
L'emploi de la Photographie dans les recherches du micrographe se répand de plus en plus; déjà, dans les études pétrologiques, elle paraît avoir été adoptée définitivement, et nous pourrions citer d'importantes publications françaises et allemandes où les Planches ont été obtenues par les procédés photographiques. Il nous paraît que cette méthode doit prendre le même rang dans les recherches d'Anatomie.
En Micrographie, l'interprétation dé l'observateur prend une trop grande importance lors de la représentation par le dessin; alors même que celui-ci est fait à la chambre claire, il n'a, en réalité, de valeur que par la signature qu'il porte, et nous pouvons dire que la certitude des dessins micrographiques est toute relative et n'a aucun caractère absolu d'authenticité.
La Photographie, au contraire, écarte d'un seul trait cette cause d'erreur, en se substituant à la
maîn de Tobservaleur ; elle appose son cachet d'absolue vérité.
De plus, elle est à même de fournir au micrographe des moyens d'étude extrêmement utiles : en quelques instants, elle peut produire un dessin, quelque compliqué qu'il soit, et un dessin qui aurait demandé de longues heures de travail au plus habile dessinateur ; enfin, en reproduisant une préparation sur une plaque transparente, elle permet de mettre sous les yeux d'un nombreux auditoire le sujet même d'une démonstration, ce qui serait presque impossible à faire sans cela.
A côté de ces incontestables qualités, il est convenable de signaler les défauts, les inconvénients de cette méthode, et d'avouer que dans certains cas la Photographie est inhabile à remplacer entièrement le crayon du dessinateur.
<c Le microscope ne montre très exactement que les objets, et leurs dispositions, qui se trouvent situés dans un plan mathématique parallèle à la coupe transversale des lentilles, et l'observateur est obligé de procéder pour les voir nettement, en mettant successivement au point chacun de ces plans différents. Il résulte de là que les objets qui sont au-dessous de ce plan, dont par conséquent les contours ne sont pas nettement visibles, sont projetés et représentés ensemble sur un même plan, c'est-à-dire à la surface de la plaque photographique. Là ils sont superposés de façon que ceux qui n'étaient pas au foyer de l'objectif mas-
quent la reproduction de ceux qui s'y trouvaient (*). »
Cette objection, formulée cependant par un de nos plus habiles micrographes, n'a peut-être pas une portée aussi grande qu'on pourrait le croire. En effet, la Photographie fait usage d'objectifs à plus long foyer que le microscope d'observation ; car, n'étant plus limitée par la longueur d'un tube qui ne peut dépasser o™,25, elle obtient le degré d'amplification nécessaire, en recueillant l'image à une distance suffisante; mais les objectifs faibles ont cette qualité essentielle en ce cas de posséder une profondeur de foyer assez grande pour donner des images nettes d'objets situés dans des plans légèrement différents.
D'un autre côté, il faut convenir que la Photographie a le grave inconvénient de tout représenter : les corpuscules étrangers à la préparation sont photographiés en même temps qu'elle, et quelquefois ils masquent les détails importants du sujet principal. Toutes les préparations ne peuvent donc être utilement reproduites par la Photographie, elles doivent être d'une réussite complète, tout particulièrement choisies et colorées.
Dans tous les cas, les épreuves microphotographiques seront extrêmement utiles au dessinateur, car il sera facile alors de rétablir dans leur état normal les parties de l'image qui laisseraient à
( ' ) llooiN, Op> cit., p. 609.
désirer; de rendre net un contour trop peu accusé, d'éliminer tout ce qui est inutile.
Le microscope photographique peut représenter les préparations de toute sorte, à sec, au baume, dans des liquides; mais il faut autant que possible faire choix de préparations aussi parfaites que possible. Nous ne pouvons entrer ici dans de plus amples détails, et nous renverrons le lecteur à la seconde Partie de notre Traité élémentaire du microscope, dans laquelle il trouvera toutes les indications nécessaires sur cette question des préparations microscopiques.
Avant de décrire les différentes formes d'appareils usités en Photomicrographie, nous aurons à étudier une question importante, celle de l'éclairage ; et ce que nous allons en dire trouvera à s'appliquer à tous les systèmes, quels qu'ils soient, dont nous aurons à parler.
Éclairage.
L'éclairage est tout différent de ce qu'il est en Microscopie ordinaire. En effet, la lumière diffuse est absolument insuffisante en Photographie, et il faut avoir recours à la lumière solaire, ou à une source puissante de lumière artificielle.
La lum^ière du soleil. — Elle serait de beaucoup supérieure à toutes les autres si l'on pouvait toujours être assuré de sa présence; enfin elle a le grand inconvénient d'être mobile. Un simple miroir
à double mouvement, tantôt monté sur un pied isolé, tantôt adapté au volet d'une chambre noire, comme dans le microscope solaire {fig* aS) et mû
Fig. 23.
à la main, peut suffire à la rigueur pour ramener dans Taxe des appareils les rayons solaires.
Héliostat, — Mais, dans les expériences un peu suivies et qui demandent de la précision, il est de toute nécessité de faire usage d'un héliostat ^ miroir mû par un mouvement d'horlogerie qui maintient les rayons lumineux dans une direction constante.
Le modèle le plus commode, en même temps que le moins coûteux, est celui de Prazmowski
{fig- 24).
« L'instrument se compose d'un solide mouvement d'horlogerie faisant tourner, avec une vitesse d'un tour en quarante-huit heures, un axe sur lequel on peut établir à frottement le miroir carré qui va être ainsi mis en rotation. Sur la circonférence du tambour contenant ce mouvement, est disposé un cadran portant les heures espacées
les unes des autres par un intervalle divisé de lo en lo minutes. Ce tambour est lui-même porté par un support qu'on établit sur une surface horizontale, et qui permet de l'incliner de manière à faire coïncider l'axe du mouvement avec la direction de l'axe du monde dans le lieu où l'on opère.
)) Pour orienter l'instrument, après que le mouvement d'horlogerie aura été monté, on le place sur une surface bien horizontale, et, le miroir étant enlevé', on engage à frottement, dans l'axe du mouvement qui la traverse comme une broche, une règle métallique formant diamètre sur le cadran. Cette règle se termine à ses deux extrémités par un appendice perpendiculaire : l'un,
plus court, percé d'un petit trou, c*est une pinnule; l'autre, plus long, marqué d'une division représentant l'équation du temps et les déclinaisons du soleil, de dix. jours en dix jours, reliées par une ligne continue. Au pied de l'appendice pinnule, la règle est percée d'une fenêtre qui permet d'apercevoir, au travers, les chiffres des heures gravées sur le cadran. Pour mettre l'appareil à l'heure, on fait tourner la règle autour de l'axe, comme l'aiguille d'une montre, jusqu'à ce que le chiffre de l'heure et fraction d'heure à laquelle on opère, soit compris dans la fenêtre, et que la division qui la représente sur le cadran coïncide avec un index placé sur le bord de la fenêtre.
» Pour orienter définitivement, on n'a plus alors qu'à faire tourner l'instrument horizontalement sur la table, en l'inclinant plus ou moins sur son support, jusqu'à ce qu'un rayon de soleil, passant par le trou de la pinnule, vienne peindre sur la ligne des déclinaisons, placée sur la branche op pogée de la règle, une petite image du soleil qui tombe exactement sur le point correspondant au jour de l'année.
n Cela fait, l'instrument est orienté; on serre la vis réglant l'inclinaison sur le cercle des latitudes, on enlève la règle, et l'on glisse dans l'axe du mouvement la tige du miroir, qui peut y tourner à frottement sans agir sur le mouvement d'horlogerie, ce qui permet d'amener le rayon réfléchi
dans tous les azimuts. On obtient ainsi un rayon horizontal immobile, que Ton peut encore réfléchir sur un autre miroir plan, placé à quelque distance et mobile sur son pied, afin de diriger le rayon partout où il en est besoin. »
Il existe d'autres modèles d'héliostat employé en Astronomie ; mais, en général, ils sont compliqués, coûteux et d'un usage beaucoup moins commode que celui que nous venons de décrire.
M. Derogy fabrique un grand miroir mû par un mouvement d'horlogerie et qu'il applique à sa chambre solaire d'agrandissement : il donne certainement des résultats moins précis que les héliostats astronomiques; mais il est suffisant en Microphotographie à cause de la grande dimengion du miroir.
Un instrument excellent à employer, lorsque l'on peut disposer d'un local suffisant, est l'héliostat de de Fahrenheit modifié par M. Van Monckhoven, celui que représente \^fig, 25.
Un plateau en métal porte tout l'héliostat qui peut tourner autour d'un axe vertical et être fixé dans la position voulue au moyen d'un écrou. Une pièce coudée en fer porte Taxe polaire H : un axe à glissement permet de donner à l'axe une inclinaison de 3o** à 60**; mais il est fixé convenablement par le constructeur pour la latitude à laquelle l'héliostat est destiné.
L'axe polaire H est terminé à sa partie inférieure par une pointe qui repose sur une crapaudine en
bronze dur; cet axe porte un cercle d'heures et une roue dentée de Zfio dents.
Un mouvement d'horlogerie, mû par un ressort puissant, agit sur la roue deatée de manière à faire exécuter à l'axe un tour complet en vingtquatre heures. Le. pignon moteur peut, à volonté,
Fig. 35.
être rendu indépendant de l'axe polaire, de façon à mettre en position les pièces qu'il supporte.
Une fourchette supporte le miroir, qui pivote sur deux tourillons de bronze : un cercle fixé à l'extrémité d'un des tourillons indique la hauteur du soleil dans le méridien ; deux pinnules fixées sur le miroir servent à l'orienter; enfin une règle à coulisse sert à orienter le miroir dans telle ou telle position exigée. Pour orienter l'instrument, on rend
d'abord le plateau-support horizontal, àTaided^un niveau. On tourne l'axe H jusqu'à ce qu'il offre l'heure vraie en face de l'index. On fait marquer la déclinaison du jour au cercle du miroir. Dans cet état, les rayons solaires entrant par le trou de la pinnule percée doivent former une image ronde au centre de la pinnule opposée; et si cela n'a pas lieu, on tourne tout l'instrument sur le plateausupport jusqu'au point où cette condition se trouve remplie.
Mais avec cet instrument le faisceau lumineux est réfléchi obliquement en haut et non dans une direction horizontale, ce qui est cependant nécessaire : il faut donc le ramener dans cette direction, ce qui se fait au moyen d'un miroir convenablement incliné et qui se place au-dessus du miroir de l'héliostat : celui-ci ramène le faisceau lumineux sur l'ouverture B du cabinet obscur, et là, se place un condensateur qui produit un cône lumineux de longueur variée suivant le foyer de la lentille condensatrice. Une planchette DC reçoit l'appareil microscopique.
Lumière électrique, — A défaut de la lumière solaire on peut avoir recours à certaines sources de lumière artificielle. La lumière électrique a une puissance photogénique presque égale à celle du soleil : elle est donc excellente, mais elle nécessite l'emploi d'un régulateur pour maintenir fixe le point lumineux; ceux de Serrin, de Duboscq sont excellents; mais, lorsque l'on veut restreindre la
dépense, la lampe électrique à main de M. Boudréaux {fig- 26), que conslruit M. Ducretel, est 1res suffisante, car le déplacement du point lumi-
Fig. î6.
neux pendant la courte durée de la pose est tout à fait insignifiant.
« Le charbon supérieur C s'appuie légèremenl sur le charbon inférieur plus gros C quand on desserre la vis B". Le charbon supérieur est guidé par
par un anneau b évasé en dessus et contenant un peu de mercure, qui ne peut s'échapper par les joints, trop étroits, et qui lui apporte l'électricité négative par PR6. Les boutons B, B' servent à régler la direction du charbon C; les pignons à crémaillère P, P' permettent de changer la distance des supports des charbons; et le pignon P', de déplacer verticalement tout l'appareil, pour mettre le foyer lumineux à la hauteur voulue (*). »
Si l'on peut employer un appareil régulateur, on n'aura plus à s'occuper de centrer le point lumineux : la disposition la plus commode sera celle représentée dansla^^. ay.
Un pied d'appareil en fonte B recevra un régulateur Serrin E solidement fixé sur la planchette A, B et mis de hauteur au moyen de la roue dentée C. Enfin, Ton pourrait ajouter en arrière de l'arc voltaïque un réflecteur argenté.
On commence maintenant à faire usage de la lumière électrique dans les observations microscopiques, et l'on a substitué avec grand avantage les lampes à incandescence à l'arc voltaïque.
Mais dans l'un comme dans l'autre cas, reste la question de production de l'électricité; lorsque l'on aura un moteur à sa disposition, les machines magnéto-électriques seront préférables ; mais dans le cas contraire, on devra faire choix de la pile la
(') Daguin, Traité élémentaire de Physique, 4* édition,
t. IV, p. 154.
plus commode, à laquelle on adjoindra une série d'accumulateurs. Celle queslion est maintenant à
l'ordre du jour, et sans nul doute, nous posséderons bientôt une pile pratique (' ).
Lumière oxykydrique ou oxycalcique. — L'emploi en est plus .facile et peut-être préi'érable, à cause de sa plus grande fixité; elle nécessite seulement des poses un peu plus longues ; mais ceci ne peut être regardé comme un inconvénient grave,
( ' ) Voir, i ce sujet, noire Traité du Microscope, p. ï^8.
car le temps de pose est toujours très court avec les procédés actuellement en usage.
Il existe plusieurs modèles de chalumeau à gaz
Fig. a8.
oxyhydrogène ; les meilleurs sont ceux de M. Duboscq et de M. Molteni.
Le chalumeau Duboscq (fiff- 28) a l'avantage de former un tout complet qui peut se placer sur une table ou dans une boîte à lumière ; une crémail-
1ère permet de centrer exactement le point lumineux.
Celui de M. Molteni permet de graduer plus exactement la flamme, grâce à la disposition annulaire du bec à hydrogène, au milieu duquel est projeté le courant d'oxygène. Ce dernier est construit spécialement pour les lanternes à projectipn, mais, au moyen d'un simple pied à tige verticale, il peut s'employer dans toutes les conditions.
Lorsqu'on n'a pas à sa disposition le gaz d'éclairage, on peut employer une simple lampe à alcool avec courant d'oxygène; ce système donne une lumière moins puissante que le précédent, mais son intensité photogénique est encore considérable, et bien plus forte que l'on ne serait tenté de le croire à première vue.
Eclairage au pétrole, — Ce mode d'éclairage, convenablement mis en œuvre, donne d'excellents résultats. Le seul inconvénient à lui reprocher est son manque d'intensité dans les cas d'amplifications considérables. Les meilleures lampes sont celles à bec circulaire, du plus fort calibre; mais elles ne donnent tout l'effet dont elles sont susceptibles qu'à la condition d'user de pétrole convenablement rectifié, et sans mélange d'essence : falsification malheureusement très fréquente. C'est le système employé de préférence en Allemagne, et l'on trouve chez les constructeurs de ce pays des dispositions spéciales pour cet éclairage.
Avec l'une ou l'autre de ces sources de lumière
Trutat. — La Phot. appliq» à l'Hist. nat. 1 3
artificielle, il faut faire usage d'une lanterne à projection, démunie de son objectif : la kmpe électrique, oxyhydrique ou au pétrole étant placée dans l'intérieur de la lanterne, éclaire vivement les demiboules placées sur la face antérieure ; celles-ci régularisent alors le faisceau lumineux et permettent de l'amener dans l'axe de l'appareil; d'un autre côté, la rainure qui donne passage aux châssis à épreuves permet de placer sur le trajet des rayons lumineux une cuve à parois transparentes remplie d'un liquide bleu destiné à corriger le foyer chimique des objectifs microscopiques, si l'on ne fait usage d'instruments spéciaux.
La source lumineuse étant ainsi réglée permet de produire un éclairage très vif de la préparation qu'il s'agit de reproduire par la Photographie.
Appareils.
Les appareils de photomicrographie sont déjà assez nombreux, et chacune des formes adoptées par les divers auteurs possède des qualités diiférentes et quelquefois toutes spéciales. Nous ne pouvons entreprendre de les décrire tous, et nous renverrons le lecteur aux Ouvrages spéciaux; nous nous contenterons de résumer rapidement ce qu'il importe le plus de connaître, et des appareils et des manipulations ( * ).
( ' ) MoiTEssiER, La Photographie appliquée aux recherches micrographiques. J.-B. Baillière, éditeur. — Girard, La
Tantôt on fait usage d'un microscope vertical, tantôt d'un microscope horizontal : cette dernière disposition est la plus commode au point de vue photographique et la ^lus employée ; la première, cependant, est indispensable dans certains cas : préparations dans des liquides, emploi de la lumière polarisée. Enfin, une troisième méthode combine ces deux dispositions et rend horizontale, au moyen d'un prisme à réflexion totale, l'image donnée par un microscope vertical.
Appareil horizontal, — Un microscope inclinant est nécessaire lorsque l'on adopte la disposition horizontale {fig- ap). Voici comment M. Moitessier opère dans ce cas :
A, chambre noire à soufflet, de format demiplaque, et de 1°^ de tirage environ;
B, microscope renversé sur son axe, et dont l'oculaire a été enlevé. L'extrémité du tube entre Ubrement dans une ouverture pratiquée au centre de la planchette de la chambre noire ; un cône en étofie noire et opaque relie la planchette et le tube en laissant à ce dernier une certaine liberté, et empêche l'entrée de toute lumière; ce cône n'est pas figuré dans notre dessin ;
C, porte-diaphragme;
M, miroir réflecteur rejeté en dehors de l'appareil;
Chambre noire et le Microscope : Pkotomicrographie pratique. Savy, éditeur.— HuBERSON, Prccw de Microphotographie. Gauthier-Villars, éditeur.
D, cuve à sulfate de cuivre;
E, lentille destinée à concentrer les rayons lumineux sur la préparation; cette lentille doit avoir o-.ofi ou o^joS de diamètre et o^iSO de fojfer environ; elle peut ne pas être achromatique;
Fip. 39.
F, diaphragme en carton noirci, destiné à éliminer les rayons les plus extérieurs ;
H, miroir réflecteur à double mouvement. La règle horizontale qui supporte l'appareil éclaireur doit être plus longue que ne l'indique la figure. Le miroir H doit être manié à la main et recevoir directement la lumière du Soleil; mais il est de
beaucoup préférable de projeter sur lui un faisceau lumineux réfléchi par un héliostat.
En Allemagne, on trouve plusieurs dispositions établies spécialement pour la photo micrographie. Une des plus simples est celle que nous a fournie M. Talbot, de Berlin (') {fig. 3o).
Fig. 3o.
Sur la planchette d'une chambre obscure ordinaire se visse une monture, analogue à celle d'un objectif photographique, qui se compose de deux tubes coulissant l'un dans l'autre au moyen d'une crémaillère : à la partie antérieure peuvent se placer les objectifs microscopiques. Sur celle même planchette est fixée une colonne à mouvement lent comme celle des microscopes ordinaires; à l'extrémité se trouve fixée une platine porte-objet munie de volets; celle-ci porte à son tour une tige sur
- IftO laquelle glissent un verre bleu, un diaphragme et une lentille condensa tri ce.
Ces dispositions, d'une grande simplicité, sont très commodes dans la pratique.
En Angleterre, également, les constructeurs se
Fig. 3..
sont occupés de combiner des appareils spéciaux pour la Photographie, et je citerai celui de M. S, Highley, installé, à peu de chose près, comme celui de Talbot, mais plus complet, surtout comme porte-ohjet; celui-ci, étant à tourillon, permet de placer e'sactement la préparation dans la position voulue.
Nous avons déjà vu que l'on enfermait le plus ordinairement les foyers de lumière artificielle dans une lanterne semblable à celles employées pour les projections. Dans ce cas, le microscope, de forme spéciale, se place en avant des lentilles condensatrices.
Telle est la lanterne de Duboscq, que représente la fig, 3i et dont les dispositions sont faciles à comprendre.
M. Molteni construit aussi un microscope de cette espèce qui se fixe sur ses lanternes.
Appareil de M. A, Girard. — La disposition adoptée par M. Girard est un peu différente ; elle lui permet de photographier des préparations dans des liquides, ce qui oblige à rendre horizontale la platine du microscope : cet appareil, construit par MM. Molteni et Nachet, fonctionne parfaitement. Voici, d'après l'éminent professeur, les dispositions principales de son instrument.
« L'appareil d'éclairage que j'emploie est extrêmement simple. Je ne l'ai pas fait construire exprès pour mes besoins, je l'ai pris dans le commerce : c'est un double chalumeau ^fig» Sa), construit dans d'excellentes conditions par M. Molteni, muni de deux tubes latéraux, dont l'un reçoit le gaz oxygène dont on a enfermé une provision suffisante dans un grand sac de caoutchouc bien étanche A, sur lequel, au moyen de volets et de poids B, on exerce une pression suffisante pour obtenir une émission régulière.
« Les deui gaz s'échappent à l'extrémité du tube à double enveloppe qui termine le chalumeau, et là, une fois enflammé, le gaz de l'éclairage, brûlé complètement par l'excès d'oxjgène, fournit une flamme bleue à peine colorée, à peine visible, mais douée d'un pouvoir calorifique considérable,
» Le dard que ce chalumeau fournit vient frapper alors un petit cylindre de chaux vive D, monté sur
Fig. 3i,
une tige métallique à laquelle, au moyen de deux vis de rappel, on peut imprimer un déplacement de quelques centimètres, soit en verticale pour remonter ou abaisserle point lumineux produit par l'incandescence de la chaux, soit eu horizontale pour faire varier son éloignement de l'appareil d'agrandissement.
» En avant du cylindre de chaux est placée une grosse lentille plan convexe chargée de concentrer sur le miroir de cet appareil la lumière qu'émet la chaux sous l'influence de la haute température que
lui communique la combustion du gaz à la sortie du chalumeau.
» L'appareil d'agrandissement est le microscope ordinaire ; sa construction n'offre rien de particulier ; je lui ai conservé la position verticale. Divers opérateurs préfèrent agir autrement et placer horizontalement l'appareil d'agrandissement qu'ils emploient. Je ne crois pas que cette disposition soit bonne; elle oblige, en effet, à placer dans une position verticaleles préparations micrographiques, et ces préparations sont alors sujettes à se déplacer par leur seule gravité, au milieu du liquide dans lequel elles sont noyées ; elles glissent et s'échappent en dehors du champ d'observation, tandis qu'avec le microscope à tube vertical les préparations, reposant sur la platine horizontale, restent dans un repos parfait et donnent à l'observateur toute sécurité.
» Pour approprier le microscope au travail photographique, il suffît alors d'en placer le miroir en face de la lentille qui concentre la lumière émise par la chaux incandescente, et à courte distance de cette lentille, puis de l'orienter de telle sorte que le faisceau lumineux qu'il réfléchit vienne frapper normalement la préparation placée au-dessus du trou de la platine.
)) Cela fait, on enlève l'oculaire, et, au moyen d'une petite pièce supplémentaire (c'est un tube formé de deux bouts soudés, de diamètres différents), on place le tube du microscope dans
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Taxe de l'appareil photographique proprement dit.
» Celui-ci se compose d'une chambre noire ordinaire, surélevée au moyen d'un plateau horizontal, munie à son extrémité postérieure d'une glace dépolie que l'on choisit aussi fixe que possible ('), et portant à l'avant, à la place qu'occupe habituellement l'objectif, un tube de cuivre, bien centré, de o™,o6 de diamètre environ.
» Le raccordement entre l'appareil photographique et le microscope pourrait à la rigueur avoir lieu en disposant verticalement, dans l'axe même du microscope, et la chambre noire et le tube métallique qui la termine ; mais cette disposition a le grave inconvénient d'éloigner l'observateur, placé près de la glace dépolie, de l'objet qu'il doit étudier ou reproduire.
» Pour parer à cet inconvénient, j'ai donné à mon appareil une disposition analogue à celle du microscope d'Amici ; la ligne focale a été brisée au
tiers environ de sa longueur et au coude même
formé par cette brisure. M. Nachet a disposé un petit miroir plan en verre argenté qui, placé à 45®, renvoie horizontalement et sans déformation, sur la glace dépolie de la chambre noire, l'image agrandie par l'objectif microscopique.
» Grâce à cette disposition, l'appareil, dans toute sa longueur, ne mesure guère plus de o™,5o, quoi-
( • ) Nous verrons, un peu plus tard, qu'il est préférable de remplacer le Terre dépoli par une feuille de papier blanc.
qu'en réalité il ait o^^j^o de longueur focale. L'observateur assis tranquillement en face de la glace dépolie peut alors faire mouvoir les différents organes dont l'ensemble se compose, modérer ou activer la flamme, déplacer la préparation sur la platine du microscope, faire avancer ou reculer la glace dépolie, de manière à varier les dimensions de l'épreuve, mettre au point enfin, en levant ou en abaissant l'objectif ( * ). »
Appareils verticaux. — Lorsqu'on doit faire usage de lumière polarisée, il faut rendre le microscope vertical, dans sa position ordinaire ; de plus, il est utile de laisser en place l'oculaire et de le couvrir avec l'analyseur; c'est ainsi qu'opère M. Bertrand, et il parvient ainsi à éviter la trop grande perte de lumière que cause l'emploi des prismes de Nicol, en même temps qu'il conserve sans difficulté le parallélisme entre les différents organes de l'appareil.
Au-dessus du microscope se place la chambre obscure. Voici quelle est la disposition adoptée par M. Moitessier :
« Le microscope et l'appareil d'éclairage 5ont assujettis sur une table basse et solide {fig* 33)^ trois règles en bois A, A, portant une rainure dans les deux tiers de leur longueur, sont fixées sur cette table et maintiennent dans une position verticale
(*) GiKÀRD, Bull, de la Soc. franc, de Phot.f t. XXI, 1875, p. ia5.
une chambre noire à soufQet de petite dimeosion, demi-plaque. A la place de la glace dépolie, s'a-
juste une rallonge en bois de 0*^,20 de hauteur environ, et munie latéralement d'une porte qui doitjlorsqu'elieestfermée, s'opposer d'une manière complète à l'entrée de toute lumière extérieure. Le
châssis et la glace dépolie s'engagent dans une rainure ménagée à l'extrémité de la rallonge.
» Mais l'emploi de la glace dépolie rend la mise au point très difficile, car le grain de ce verre donne lieu à des phénomènes de diffraction extrêmement gênants, et qui souvent empêchent d'apprécier avec précision la netteté des objets délicats.
» Le verre dépoli est donc remplacé avec avantage par une feuille de carton blanc qui en occupe exactement la position, et l'opérateur observe l'image en regardant dans l'intérieur de la boîte (*). »
Appareil Chevalier. — Une disposition plus simple encore est celle adoptée par M. Chevalier LfiS' ^4) • celle-ci a l'avantage, sur la précédente, de dégager plus complètement le microscope; une colonne supporte l'appareil photographique et deux colliers à boutons de serrage permettent de mettre à la hauteur voulue les deux extrémités de la chambre obscure.
En Allemagne, plusieurs opticiens construisent des appareils de ce genre ; nous citerons particulièrement MM. Siebert et M. Bœcker.
Enfin, on peut encore employer le physiographe de M. Donnadieu en le disposant comme l'indique \à fig. 35.
La. chambre obscure est munie d'un cône en bois, qui se met au lieu et place de la planchette
(*) MoiTEssiER, Loc, cit.f p. 127
porte-objectif. Le microscope est installé sur la planchette inférieure, et le tout éclairé convenable-
ment. La mise au point se fait par l'ouverture latérale de la boite qui termine la cbambre obscure.
Lorsqu'il faut employer la lumière polarisée, il est fort utile de se servir du microscope pétrolo-
giqne de M. Nachet {^fig- 36), car on peut alors faire varier la position de la préparation sans avoir à toucher aux niçois ; ce qui est important quand
on opère sous les niçois croisés de façon à obtenir une extinction totale. Enfin, la platine divisée est extrêmement utile dans ce cas. Le modèle moyen . est sufïïsant la plupart du temps.
Fig. 36.
Appareils àpetites épreuves. — Dans certaines circonstances on peut se contenter d'épreuves de petites dimensions et ne dépassant pas le diamètre du tube du microscope : ces images ont
l'avantage de pouvoir être obtenues très facilement, en substituant simplement à l'oculaire un petit châssis ; elles sont donc utiles surtout comme moyen de conserver l'image d'une préparation à l'étude. Mais elles peuvent aussi être agrandies à la lanterne, de façon à obtenir des épreuves dix et vingt fois plus grandes. C'est le système préconisé par M. Moitessier et trop négligé peut-être par les observateurs, auxquels il peut rendre les plus grands services.
Dans ce cas, tout l'appareil se réduit à un petit châssis destiné à recevoir la plaque sensible, et qui se fixe sur l'instrument à la place de l'oculaire. Il se compose d'un cadre de bois qui reçoit intérieurement une glace de o"*,o9 de longueur sur o",o4 de largeur. Ce châssis s'engage entre deux coulisses métalliques fixées sur une platine de cuivre parfaitement dressée. Celle-ci est percée au centre d'un trou circulaire de o™, oa de diamètre, et porte inférieurement un tube dont les dimensions sont celles des oculaires du microscope. Enfin un petit ressort fixé sur la platine s'engage, par son extrémité, dans des ouvertures ménagées sur une des faces latérales du cadre, ce qui permet de faire coïncider exactement les ouvertures du châssis avec celle de la platine (*).
La fig. iy montre l'appareil en place sur un
(*) M. Nachet construit ce châssis avec tout le soin désirable.
microscope. L'instrument est maintenu dana une position invariable sur une planchette qui peut être fixée elle-même sur une table au moyen d'uo boulon. Une règle horizontale B, reliée à la plau-
Fig. 37.
chette, reçoit les diverses pièces de l'appareil d'éclairage.
L'instrument qui vient d'être décrit, très convenable pour les exigences habituelles de la micrographie, peut subir une modification avantjigeuse, applicable au cas où l'on aurait à exécuter un grand nombre d'épreuves. Le petit châssis à deux
épreuves sera alors remplacé par un appareil semblable, mais de plus grande dimension et pouvant recevoir une glace de 9 x 12, dile quart de plaque. Mais ce châssis serait trop lourd pour qu'il fût possible de le fixer sur le corps même du micro-
Fig. 38.
scope; et voici le système proposé par M. Moitessier. Quatre colonnes A, A, de bois ou de cuivre (,fig- 38), supportent une planchette B, percée en son centre d'une ouverture circulaire de o",©» de diamètre. Le châssis C vient s'appliquer sur cette platine, où il est maintenu par deux coulisses métalliques, disposées de telle façon que les sis ou-
vertures du châssis peuvent se présenter successivement au-dessus de la platine. Un ressort, dont rextrémité s'engage dans des ouvertures convenablement disposées, en assure la coïncidence.
A sa partie inférieure, la tablette est munie d'un tube de cuivre qui s'engage dans le corps du microscope. Ce tube est noirci intérieurement (*).
Mais avec l'une de ces deux dispositions il faut régler la mise au point de telle sorte que l'image, nette à l'oculaire, soit également au point pour la glace sensible. Une disposition très simple permet de faire ce réglage à l'avance et sans trop de difficulté.
Il suffit pour cela d'adapter au microscope le porte-oculaire à crémaillère de Vérick {fig. Sg).
Dans ce cas on met au point, la crémaillère étant descendue à fond ; puis on met en place le châssis à épreuve et l'on remplace la glace sensible par une glace recouverte de coUodion sur lequel on a produit de légères éraillures au moyen d'un pinceau ; le plus ordinairement l'image donnée par ce verre dépoli n'est pas nette, et il faut faire monter la crémaillère d'une petite quantité. C'est là une affaire de tâtonnements et d'essais ; quelquefois même il faut au contraire abaisser tout le système. Quoi qu'il en soit, on vérifie la mise au point en faisant un cliché et l'on cherche à rectifier les défauts de netteté que révélerait le cliché. Une fois
(*) MotTKSsiER) Op, cit., p. 330 et suiv.
cette miseau point obtenue, on marque un point de repère sur le tube à crémaillère ; il suffira dès lors démettre au point avec l'oculaire, puis de remplacer celui-ci par le châssis à épreuve et de rectifier la mise au point par la crémaillère.
Fig- 39.
Dans les microscopes binoculaires anglais, les oculaires sont toujours mobiles de bas en haut par une crémaillère; et ici le tube porte une graduation qui facilite beaucoup cette correction. De plus, le diamètre du tube est plus grand que celui des instruments français ; aussi obtient-on avec ces instruments des résultats plus complets.
Système Fayell et Vogel. — Il nous reste enfin
à signaler la disposition indiquée en France par le D' Fayell et en Allemagne par M. Vogel; l'oculaire reste en place et l'image qu'il donne est reprise par un objectif photographique placé immédiatement au-dessus de lui : M. Fayel a produit ainsi de superbes épreuves; mais jusqu'à présent cette méthode est peu employée.
Photographie des objets opaques. — Les objets opaques n'exigent en général que de faibles
Fig. 4o-
grossissements, et ceux-ci doivent être éclairés pardessus; il faut donc user, dans ce cas, de dispositions particulières.
Il est préférable ici de rendre l'objectif fixe, et de faire mouvoir l'objet lui-même : voici une disposition proposée par M. Moitessier.
L'objectif est vissé sur un tube vertical A(^^. 4o)
surmonté par un prisme ou un miroir incline à 4^°- L'objectif se place sur la platine mobile au moyen d'une crémaillère 6 et d'une vis micro m étriqué. Il est alors facile de disposer sur la tablette C l'appareil d'éclairage et de l'orienter de la façon la plus convenable.
Quand les grossissements à obtenir sont faibles,
Fig. 4i.
il est préférable de faire usage d'objectifs photographiques. Un excellent modèle est celui que construit Steinheil, et qui est désigné sous le n" 1 , aplanat, 3' série. Il mesure o",o07 d'ouverture et o",o4 de foyer, ce qui permet d'obtenir des amplifications de cinq et six diamètres d'objets assez gros, et cela sans exagérer outre mesure la lonpieur de la chambre obscure.
On peut alors disposer l'appareil comme daas le cas précédent; mais il est préférable de placer à l'avant de l'objectif A le prisme ou le miroir B. Dans hi fig, 4i on a ii^ré une lentille condensatrice G et un miroir M, qui permet de renvoyer la lumière sur l'objet.
Un petit miroir placé au-dessous de l'objet permet d'éclairer le fond de la préparation, et d'éviter ainsi des fonds noirs trop durs et d'un mauvais eflFet.
Objectifs. — Il n'est pas indifférent d'employer les premiers objectifs venus ; les instruments ordinaires obligent à un mode d'éclairage tout particulier, et dont nous avons déjà incidemment parlé : la lumière bleue.
En effet, les objectifs uniquement destinés aux observations microscopiques sont corrigés par l'opticien de façon à donner « une image qui présente à l'œil son maximum de netteté en même temps qu'une très vive lumière : ce sont les rayons les plus lumineux, c'est-à-dire le rouge et le jaune, qui doivent être achromatisés, sans qu'on ait à se préoccuper des autres, qui n'impressionnent que très faiblement la rétine. Aussi ces objectifs présentent-ils souvent un foyer chimique, et la netteté de l'épreuve photographique est bien loin de correspondre alors à celle examinée sur l'écran » (*)•
Le moyen le plus sûr d'éviter tous les mécomptes
( ' ) MoiTissiER, Op. cit., p. 178.
que donne la correction de ce foyer chimique est de faire usage d'objectifs spécialement construits pour la Photographie. Nous employons avec le plus grand succès une série que nous a fournie M. Siebert, de Vetzlar ; celle-ci se compose de cinq objectifs ayant les distances focales suivantes : 2^, I, ^, j, -j. Chacun d'eux est muni de diaphragmes mobiles qui servent à modérer la lumière et à donner du brillant aux épreuves.
Les numéros faibles marchent très bien sans condensateur, et ceux de plus grande puissance donnent d'excellents résultats combinés avec un condenseur convenable, celui d'Abbe par exemple ou mieux encore celui de Vérick.
J'engage vivement les naturalistes qui voudront faire de la photomicrographie à faire usage de ces objectifs, car ils obtiendront sans difficulté sérieuse des résultats bien supérieurs à ceux que donneront les objectifs ordinaires corrigés par la lumière bleue.
Toutd'abordM. Bertsch avait proposé de corriger ce foyer chimique au moyen de vis micrométriques qui devaient ramener la préparation au point voulu, et que Ton appréciait par voie de tâtonnements ; mais dans la pratique ce système était inapplicable. Plus tard M. Moitessier chercha à atteindre le même résultat en corrigeant la mise au point par un déplacement calculé de la plaque sensible. C'était déjà un progrès, et avec du soin on arrivait ainsi à une correction suffisante :
«c Une manière d'opérer beaucoup plus en har-
monie avec les exigences de la Photographie est celle proposée par M. l'abbé de Castracane. Elle consiste dans l'emploi d'une lumière homogène, . qui ne peut nécessairement donner qu'un foyer unique ; et si, de plus, cette lumière est susceptible par sa nature d'impressionner chimiquement la plaque sensible, il est évident que le foyer chimique coïncide rigoureusement avec le foyer visuel et il n'y aura aucune correction à effectuer (*). »
La lumière bleue est celle à employer ; elle s'obtient, soit en décomposant la lumière blanche, au moyen d'un prisme (mais cette méthode est incommode), soit en interposant entre la source lumineuse un écran transparent de même couleur ; celui-ci peut-être un verre bleu au cobalt, ou mieux une cuve en glace remplie d'une dissolution de sulfate de cuivre ammoniacal.
Manœuvre des appareils. — Quel que soit le système employé, la marche des opérations sera toujours la même : celles-ci ne sont ni longues ni difficiles, mais elles demandent beaucoup de soin : il ne faut jamais se contenter d'à peu près, car on n'obtiendrait alors que des épreuves vagues.» indécises et sans aucune valeur.
La préparation étant soigneusement nettoyée et fixée sur la platine au moyen des volets, on règle en premier lieu l'éclairage *, avec les objectifs forts I et j il sera nécessaire d'employer des condenseurs,
(*) MoiTEStiBSi Op» cit., p. i8o.
surtout si l'on veut faire usage de Féclairage oblique. Cette opération faite, il convient de choisir un objectif de force convenable ; ici, plus encore que dans les observations ordinaires, il convient d'employer des objectifs à long foyer. Non seulement la mise au point est alors rendue plus facile, mais l'objectif ayant plus de profondeur donnera des images plus complètes, et dans lesquelles il sera possible d'obtenir une netteté suffisante des objets placés sur des plans différents.
La grandeur de l'image se règle par la longeur plus ou moins grande donnée à la chambre obscure et se mesure au micromètre objectif que l'on projette sur- l'écran.
La mise au point s'effectue à l'aide de la vis micrométrique, comme dans les observations ordinaires.
Mais il faut corriger le foyer chimique des objectifs ordinaires en interposant sur le trajet du faisceau éclairant une cuve remplie d'une solution de sulfate de cuivre ammoniacal (*).
La mise au point doit être de nouveau corrigée après la mise en place de la cuvette à sulfate de cuivre, et toute cette opération est supprimée si l'on emploie les objectifs de Siebert.
( ' ) Cette solution se prépare en dissolvant 20^ de sulfate de cuivre pur dans loo^^ d'eau distillée, et ajoutant de Tammoniaque en léger excès, de manière à redissoudre le précipité bleu qui se forme d'abord. On amène ensuite le volume à 3ooc^ par de Teau distillée.
On masque alors la source éclairante au moyen d'un léger carton noir posé sur le trajet des rayons lumineux. La plaque sensible est mise en place, et l'on fait poser pendant quelques secondes ou quelques minutes suivant l'éclairage et le mode de préparation de la plaque photographique. Nous conseillons fort de laisser de côté les procédés au coUodion humide et d'user exclusivement des procédés secs, émulsion au coUodion ou à la gélatine.
Il faut chercher à obtenir des clichés un peu forts, afin de conserver blanc le fond de l'image; l'effet contraire, peu d'épaisseur de la couche, donnerait des images grises et sans valeur.
Lorsqu'on fait usage de la lumière électrique ou de la lumière Drummond, la chaleur développée par l'une et l'autre de ces sources lumineuses est telle que les préparations sont souvent endommagées ; celles au baume fondent rapidement. On évite facilement cet accident en interposant entre le foyer lumineux et la préparation une cuve en glace remplie d'une solution d'alun : tous les rayons calorifiques sont arrêtés.