‹ La photographie appliquée aux recherches micrographiquesChapitre 14 sur 21 · II · texte numérisé non relu

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sions, et avec un peu d’habitude ces petits accidents ne se présentent que bien rarement (1).

Enfin, quand l’image a atteint une vigueur suffisante, on la lave à grande eau et on la fixe par la méthode ordinaire, soit à l’aide du cyanure de potassium, soit au moyen de l’hyposulfite de soude. Elle est ensuite recouverte d’une couche de gomme arabique, ou d’un vernis protecteur lorsqu’elle est destinée à fournir directement des épreuves positives sans grandissement.

Le procédé au collodion sec, tel qu’il vient d’être décrit, est, sans contredit, celui qui convient le mieux pour la photographie des objets microscopiques, et il s’applique avec le plus grand succès à presque tous les cas qui peuvent se présenter. Il n’en est pas d’une exécution plus facile et d’une plus grande certitude dans les résultats, aussi doit-il

(I) On a conseillé, pour donner plus de solidité à la couche, de recouvrir les glaces, avant l’application du collodion, d’une couche mince de gélatine. Celte opération s’exécute en versant sur la plaque, nettoyée comme d’habitude, une dissolution, faite à chaud et fdtrée, de gélatine blanche à 'I pour 100 ; le liquide s’étend comme du collodion, et la glace séchée se conserve indéfiniment dans cet état. Le reste des manipulations ne présente aucune différence. Ce moyen est très-bon pour les verres de grande dimension; mais il nous a toujours paru inutile quand on ne dépasse pas la grandeur des plaques stéréoscopiques.

être conseillé d’une manière exclusive aux micrographes peu initiés aux manœuvres de la photographie ; on pourra même s’affranchir au besoin de la préparation des plaques sensibles, que le commerce fournit aujourd’hui dans de très-bonnes conditions, et tout se trouve alors réduit au développement de l’image, qui n’exige, comme on l’a vu, qu’un matériel insignifiant.

Il existe cependant une autre méthode photographique qui serait préférable au collodion sec, si elle n’était entourée de complications qui en rendent l’exécution difficile et peu pratique. Ce procédé, qui repose sur l’emploi de l’albumine comme support des substances impressionnables, donne des épreuves bien supérieures encore, par leur finesse et leur netteté, à celles que produit le collodion sec ou humide; c’est là un sérieux avantage pour la formation des petites images destinées à subir une amplification ultérieure. Aussi ne sera-t-il pas sans utilité d’indiquer sommairement ici la manière la plus commode d’obtenir des négatifs sur albumine, en faisant remarquer , toutefois , que ce n’est qu’après s’être familiarisé avec les opérations photographiques plus simples que l’on devra aborder cette méthode spéciale.

MÉTHODES OPÉRATOIRES

3° Epreuves sur albumine.

Dans la photographie sur albumine, on substitue à la couche de collodion une couche d’albumine indurée, dont la préparation s’effectue de la manière suivante : à des blancs d’œufs bien frais et complètement séparés du jaune, on ajoute un centième de leur poids d’iodure de potassium dissous dans le moins d’eau possible. Le mélange est alors battu en neige et abandonné au repos pendant douze à quinze heures. Le liquide qui se sépare, filtré à travers une toile fine, n’exige aucune autre opération et peut être immédiatement employé pour la préparation des glaces.

L’extension de l’albumine sur les plaques de verre est une opération délicate de laquelle dépend presque entièrement la réussite; il est surtout fort important d’éviter avec le plus grand soin les poussières qui, en se fixant sur la couche, produiraient des taches irréparables. Il est également nécessaire que l’albumine ait une épaisseur parfaitement uniforme sur toute sa surface afin d’éviter, dans l’épreuve, les inégalités de teintequecauseraient inévitablement les épaisseurs variables de la couche. On réalise avec assez de facilité ces conditions en

soumettant la plaque à l’action delà force centrifuge, pendant qu’on la dessèche rapidement. La manière la plus simple d’opérer consiste à verser sur le verre une quantité de liquide, suffisante pour le recouvrir entièrement, et à le suspendre ensuite parles angles dans quatre anneaux de laiton fixés à l’extrémité des cordonnets de soie; une torsion imprimée à ees derniers permet alors de donner à la plaque un mouvement rapide de rotation qui égalise très-régulièrement l’albumine. Si l’on fait cette opération au-dessus d’une plaque de tôle, modérément chauffée par un fourneau, la dessiccation est très-rapide et l’on n’a pas à craindre l’action nuisible des poussières, qui n’ont plus d’ai!leurs aucune influence dès que l’albumine est desséchée. 11 est toutefois important de ne pas continuer trop longtemps l’action de la chaleur afin d’éviter des fendillements de la couche qui, sans nuire d’une manière absolue pour les épreuves ordinaires, auraient de graves inconvénients pour celles qui sont destinées à un grandissement.

Les plaques albuminées se conservent indéfiniment sans altération ; leur sensibilisation s’effectue un à deux jours avant leur emploi, en les

plongeant dans un bain de nitrate d’argent acidulé

MOITESSIElï. — PllotogT.

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par l’acide acétique, comme s’il s’agissait d’une glace collodionnée. La formule suivante convient très-bien pour cette opération :

Eau distillée 100 grammes.

Nitrate d’argent 7 —

Acide acétique cristallisable. . . 10 —

Au sortir de ce bain, la couche sensible est lavée à plusieurs eaux et séchée comme pour les plaques préparées au collodion sec. On peut aussi employer les plaques humides ; dans ce cas, leur sensibilité est beaucoup plus grande, et les lavages deviennent inutiles.

Le développement de l’image, toujours extrêmement long, est l’opération la moins pratique du procédé à l’albumine. Les agents révélateurs ordinaires doivent être remplacés par une dissolution d 'acide cjallique, saturée à froid et filtrée. La glace impressionnée est d’abord plongée dans une cuvette de porcelaine contenant assez de solution pour la couvrir entièrement ; elle doit y séjourner une heure au moins, mais clic peut sans danger y rester beaucoup plus longtemps.

L’image apparaît toujours avec très-peu d’intensité dans ce bain, et, souvent même, rien ne devient appréciable, mais il suffit d’ajouter au

liquide quelques gouttes de la solution de nitrate d’argent acidulé par l’acide acétique pour la rendre visible en quelques instants. Son développement complet ne s’opère toutefois qu’avec lenteur, et il faut avoir soin de renouveler le liquide révélateur toutes les fois qu’il devient brun et boueux ; sans cette précaution, un dépôt d’argent réduit se forme à la surface de l’épreuve et en altère la transparence. On évite en partie l’adhérence de ce dépôt sur la couche impressionnée, en disposant la glace, la face en dessous, sur deux cales de verre, de manière que le précipité ne puisse se former que sur le dos de l’épreuve. On évite ainsi bien des taches, mais ce moyen n’exclut pas cependant le renouvellement du liquide révélateur toutes les fois qu’il commence à se troubler. Enfin , dès que l’image a acquis une vigueur suffisante, elle est lavée à grande eau et fixée à l’hyposulfite de soude en observant les précautions d’usage.

Les épreuves obtenues par cette méthode possèdent dans leurs détails les plus délicats, une finesse et une netteté qu’on n’atteint par aucun autre procédé photographique ; la couche d’albumine présente, de plus, le grand avantage d'avoir une texture extrêmement homogène, qui ne rend visible le

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réseau moléculaire qui la constitue qu’à un grossissement beaucoup plus considérable que pour lecollodion; aussi, les négatifs obtenus par ce moyen se prêtent-ils mieux que tous autres à de grandes amplifications , et si l’usage des glaces albuminées n’offrait de sérieux inconvénients dans la pratique, il serait appelé à remplacer toutes les autres méthodes photographiques, qui se recommandent seulement par une plus grande simplicité.

à° De la durée de la pose.

C’est ici le lieu d’aborder une question de la plus haute importance, qui n’a pas encore trouvé sa place dans les descriptions qui précèdent. De la durée de la pose dépend en effet tout le succès de l’opération, et il est malheureusement impossible de rien indiquer de précis à cet égard, le temps pendant lequel doit agir la lumière variant avec un ensemble de circonstances que la pratique seule permet d’apprécier avec exactitude. Il ne sera pas cependant sans utilité d’examiner individuellement les conditions qui exercent le plus d’influence sur la rapidité de l’impression; celte étude permettra de poser quelques jalons qui serviront de base pour la solution du problème.

Dans les reproductions photographiques ordinaires, le temps d’exposition à la lumière est d’autant plus court que, toutes choses égales d’ailleurs, la longueur focale de l’objectif est moins considérable; ce résultat se conçoit aisément, puisque la même quantité de lumière, émise par un objet, se trouve concentrée sur une surface d’autant plus petite que l’objectif a un foyer plus court. Les choses se passent d’une manière inverse pour les reproductions microscopiques; il est évident, en effet, que plus le grossissement sera considérable, moins l’image sera éclairée, puisque à une même intensité lumineuse correspond une image d’une surface plus grande ; de plus, le diamètre des lentilles croît avec leur longueur focale, ce qui augmente la quantité de lumière utile qui traverse l’objectif.

On voit également que, pour un même objectif, la durée de la pose devra augmenter avec la longueur de la chambre noire; et s’il était permis d’apprécier mathématiquement le temps de l’impression, on pourrait dire que toutes choses égales, il serait sensiblement proportionnel au carré de la distance qui sépare l’objectif de la plaque sensible.

La cause qui exerce la plus grande influence est,

certainement, l’intensité de la lumière qui éclaire

l’objet à reproduire. Dans le cas le plus général, où l’on fait usage de la lumière solaire convergente, la pose est toujours extrêmement courte, subordonnée à la sensibilité de la substance photogénique. Pour le collodion sec et la lumière blanche, elle varie généralement de quelques secondes à une minute, selon la puissance de l’objectif et la dimension de l’image. Avec l’objectif n° 3 des microscopes Nachet, il est rare qu’on soit obligé de la prolonger au delà de 10 à 15 secondes, lorsqu’on fait usage d’une boite d’un mètre de longueur; elle sera un peu plus longue avec les objectits plus puissants et atteindra son maximum dans le cas d’un éclairage oblique, où elle exige généralement une minute et souvent plus.

Dans les appareils à petites épreuves, la rapidité augmente d’une manière très-notable, et une ou deux secondes suffisent, le plus souvent, pour produire une impression assez intense. Si toutefois on adopte le procédé spécial d’éclairage qui a été décrit page 6û, on devra prolonger plus ou moins l’action de la lumière selon le diamètre du condensateur ; cette disposition exige généralement huit à dix fois plus de pose qu’un éclairage convergent direct. Enfin, si au collodion sec on substitue le collodion humide, la rapidité de l’impression augmente néces-

sairement avec la sensibilité du procédé, et sa durée se réduit même à l’instantanéité absolue dans les conditions les plus favorables.

La nature de l’objet à reproduire a aussi son importance dans le temps de pose ; on conçoit, en effet, que les corps très-diaphanes devront laisser passer avec plus de facilité les rayons lumineux qu’une préparation plus ou moins opaque qui exigera toujours une exposition plus longtemps prolongée. La couleur propre des objets exerce surtout, à cet égard, une puissante influence; ceux qui sont colorés en jaune ou en brun, les organes cornés de certains insectes, par exemple, sont très réfractaires à l’impression photographique; il est souvent même très-difficile d’en obtenir de bonnes reproductions, et il devient nécessaire de prolonger beaucoup l’action de la lumière afin de contrebalancer l’influence de la couleur.

L’emploi de la lumière polarisée est aussi une cause puissante de ralentissement; d’une part, l’appareil polarisateur ne transmet, à cause des doubles réfractions, qu’une portion des rayons incidents, et de plus la lumière éprouve une absorption inévitable, en passant à travers deux nouveaux milieux réfringents. Aussi, est-il généra-

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lement nécessaire de prolonger la pose pendant un temps cinq à six fois plus considérable que dans les conditions ordinaires.

L’interposition si utile d’une cuve à sulfate de cuivre, sur le trajet des rayons solaires, influe aussi d’une manière appréciable sur la durée de l’impression. Le ralentissement qui se produit dans ces conditions est cependant bien loin d’être en rapport avec les différences qui se manifestent dans l’intensité apparente de l’image; il suffit, en général, d’une exposition deux ou trois fois plus considérable que dans la lumière blanche pour produire des résultats identiques. Un fait assez curieux, qui mérite d’être mentionné, se manifeste dans ces conditions (l 'éclairage ; un excès de pose est, en effet, bien moins à redouter que par l’emploi de la lumière ordinaire. Les rayons bleus paraissent exercer, au bout d’un certain temps, une action maximum qui correspond à celle qu’exige l’impression photographique, et que l’on ne dépasse qu’en exagérant beaucoup le temps nécessaire à celle impression.

On peut se convaincre de ce fait en produisant, sur une même plaque, plusieurs épreuves du même objet avec des temps de pose très-différents ; on verra qu’après le développement, l’intensité des

DES CLICHES PHOTOGRAPHIQUES.

images est loin (Velue en rapport avec la durée de l’action lumineuse. Il résulte de cette observation que, s’il faut éviter un excès de pose avec la lumière blanche, il est, au contraire, préférable de prolonger la durée de l’impression lorsqu’on fait usage des rayons bleus.

La reproduction des corps opaques exige toujours une exposition à la lumière beaucoup plus longue que celle des corps transparents, quelle que soit la puissance de l’éclairage dont on dispose. Dans ce cas, l’image est formée par la lumière que réfléchit la surface toujours très-petite de l’objet, ce qui lui donne une intensité relativement très-faible. Aussi la durée de la pose doit-elle être prolongée pendant cinq à dix minutes, selon la couleur plus ou moins favorable de l’objet, lorsqu’on se sert du collodion sec. Par le procédé humide, ce temps peut être réduit au tiers ou au quart, et même moins, selon la sensibilité du collodion.

Quant aux épreuves stéréoscopiques, l’action lumineuse sera pluslongue encore, si Von adopte l’emploi du demi-diaphragme, qui ne laisse pénétrer dans l’objectif que la moitié de la lumière qui forme l’image dans les conditions normales. Mais on a vu précédemment que cet inconvénient disparait quand

on fait usage de la bascule stéréoscopique ; dans ce cas, l’objectif agissantpar toute sa surface, l’image conserve l’intensité qu’elle possède dans les circonstances ordinaires.

Lorsque, pour une cause quelconque, on aura intérêt à se servir de la lumière diffuse comme moyen d’éclairage, on ne devra pas perdre de vue que sa faible intensité nécessite toujours une pose extrêmement longue, et il est bien rare que, dans ces conditions, on pècbe par un excès. L’emploi du collodion sec est ici bien peu avantageux, quoiqu’il puisse encore être usité pour la reproduction d’objets bien transparents, qui n’exigent que de faibles grossissements; mais presque toujours c’est au procédé humide que l’on devra avoir recours. On obtient par ce moyen des épreuves satisfaisantes en cinq ou six minutes, avec l’objectif n° 3 ou n° h de Nachet, si l’on a réuni les conditions d’éclairage les plus favorables. Toutefois la durée de la pose est ici soumise à de très-larges variations, liées à celles que peut

éprouver l’intensité de la lumière.

Enfin, l’emploi des lumières artificielles ne permet pas de définir, pour chaque cas particulier, la durée de l’exposition. Non-seulement l’action chimique des diverses sources lumineuses varie

avec chacune d’elles, mais elle peut encore être très-différente pour une même source, d’après les conditions de l’expérience. C’est ainsi que l’intensité de la lumière électrique dépend du nombre des éléments de pile; celle du magnésium varie a\ec le diamètre des fils, etc., etc. Il serait même assez difficile de classer ces sources artificielles d après leur action photogénique, car on conçoit qu’en brûlant, par exemple, en un temps donné, une grande quantité de magnésium, on puisse produire une action plus rapide qu’avec une lumière électrique peu intense, tandis que l’effet inverse se manifestera si l’on compare l’effet d’une pile puissante à celui que fournirait la combustion d’une petite masse de métal. Chaque cas particulier exige donc quelques expériences préliminaires.

5° Des épreuves instantanées.

Parmi les causes d’insuccès qui se présentent dans la îepioduction des objets microscopiques, on a particulièrement signalé la difficulté que l’on éprouvait à donner à tout l’appareil une stabilité assez grande pour qu’il ne soit pas ébranlé, pendant l’opération, par les mouvements qui se pro-

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(luisent autour do lui; pour obvier à cet inconvénient, on a proposé d’avoir recours à des procédés photographiques aussi sensibles que possible et de se servir d’ obturateurs instantanés , ne donnant accès à la lumière solaire que pendant un temps suffisamment court pour que les vibrations de l’instrument n’aient pas d’influence fâcheuse sur les résultats.

11 n’est pas douteux qu’un appareil installé dans de mauvaises conditions ne soit sujet à être ébranlé par des causes en apparence insignifiantes; c’est ce qui arriverait par exemple avec l’emploi du microscope solaire, monté comme d’habitude sur le volet d’une chambre obscure; dans de pareilles circonstances, il est presque impossible d’opérer avec certitude si l’impression de la plaque sensible n’est pas instantanée. Mais si l’on fait usage d’une disposition convenable, celte cause d’insuccès devient facile à éviter et l’on obtiendra d’excellents résultats par des temps de pose relativement très-considérables. il est même toujours préférable, lorsqu’on a recours à la lumière si active du soleil, de faire usage de procédés photographiques aussi lents que possible, afin de pouvoir mesurer avec plus de précision le temps nécessaire à l’impression.

L’obturateur le plus commode pour les cas ordi-

naires consiste en un simple écran de carton monté sur un support, que l’on interpose en un point quelconque du trajet des rayons solaires. Il n’est pas nécessaire ici, comme pour la reproduction des paysages ou des portraits, d’obturer exactement l’objectif de manière à éliminer toute lumière extérieure, car le peu de lumière diffuse qui pénètre par l’ouverture toujours très-étroite d’un objectif de microscope ne saurait exercer aucune influence sur la glace collodionnée. 11 est même utile de placer l’écran obturateur sur un support complètement indépendant del’appareil microscopique, afin de ne pas modifier la mise au point par une secousse due à quelque manœuvre mal combinée.

Dans quelques cas cependant, la formation d’images instantanées peut avoir une très-grande importance, et il est même quelques objets qui ne sauraient être reproduits que dans de semblables conditions. C’est ce qui arrive, par exemple, pour certains animaux vivants qui se déforment immédiatement après la mort, et qu’il est souvent possible de photographier malgré leurs mouvements; d’autres fois, des cristaux en voie de formation grandissent sous le champ du microscope ; souvent enfin, il est difficile de fixer certains corpuscules qui, ne

MOITESSIER. — PhotOgT.

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pouvant être comprimés, nagent dans le liquide qui les baigne. Dans ces circonstances exceptionnelles, l’emploi des procédés instantanés est d’un trèsgrand secours, et l’expérience est toujours facile à réaliser, pourvu qu’on n’atteigne pas les grossissements extrêmes que donnent les plus puissants objectifs.

La principale difficulté consiste alors, non dans le défaut de sensibilité des substances impressionnables, mais dans le choix d’un moyen permettant de réduire à un temps aussi court que possible l’action de la lumière. M. Bertsch emploi dans ce but un petit instrument d’un usage très-commode et qui permet de réduire la pose à l’instantanéité presque absolue. Cet „ obturateur est essentiellement formé d’un disque de laiton norci, monté sur un axe portant un barillet à ressort, et percé en un point de sa surface, et vers le bord, d’une ouverture circulaire. Au moyen d’une détente, le disque accomplit une révolution sur son axe, et l’ouverture laisse pénétrer, pendant un temps inappréciable, les rayons solaires sur l’appareil amplifiant. On arriverait au même résultat à l’aide d’une détente de pistolet dont le chien porterait un écran de carton percé d’une ouverture donnant passage au faisceau lumineux pendant l’abaissement très-rapide du chien.

Un autre système, très-simple dans sa construction et suffisant pour le plus grand nombre des cas, est celui qui a reçu le nom d’obturateur à guillotine. Il se compose d’une planchette fixe, placée verticalement devant l’appareil, et percéed’une ouverture qui laisse passer le faisceau de rayons solaires; elle porte latéralement deux coulisses verticales , dans lesquelles glisse très-librement une autre planchette également percée en son milieu. 11 suffit de laisser tomber celle-ci sous son propre poids pour que, pendant sa chute, elle découvre l’ouverture qui donne accès à la lumière.

Un appareil ainsi construit ne réalise pas , il est vrai, une instantanéité aussi rigoureuse que les précédents, mais il est rare qu’on soit obligé d’avoir recours à une impression plus rapide. On peut toutefois accélérer beaucoup la chute de la coulisse mobile par l’addition d’un simple ressort à boudin agissant dans le même sens que la pesanteur. Enfin, dans les circonstances où les mouvements de la préparation sont assez limités pour ne pas exiger une aussi grande rapidité d’action, il suffit de découvrir et d’obturer l’appareil au moyen d’un simple écran tenu à la main et qu’on fait mouvoir très- rapidement.

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La sensibilité du procédé photographique que l’on devra choisir sera nécessairement en rapport avec la durée d’action de la lumière ; mais dans tous les cas, on devra avoir recours aux modes d’éclairage les plus énergiques. L’appareil destiné à la production de petites épreuves convient particulièrement à ce genre d’expériences. Non-seulement, en effet, l’image, très-petite, est toujours très-vivement éclairée, mais on a de plus l’avantage de pouvoir faire successivement plusieurs épreuves sur la même plaque, et d’augmenter ainsi les chances de succès dans des conditions où le hasard joue toujours un rôle trop important.

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