CHAPITRE Y
DES ÉPREUVES POSITIVES
L’image négative, obtenue par une des méthodes précédentes, permet de reproduire un nombre indéfini d’épreuves directes ou positives, dans lesquelles les rapports des lumières et des ombres se trouvent précisément dans les mêmes relations que sur l’objet qui a servi de modèle. Plusieurs méthodes
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sont mises en usage pour atteindre ee résultat. La plus simple et la plus pratique est, sans contredit, celle qui est généralement usitée pour les reproductions qui sont du domaine de la photographie ordinaire; elle se prête à tous les cas qui peuvent intéresser le micrographe. 11 est cependant un procédé d’un usage beaucoup moins répandu, parce qu’il est d’une application un peu plus difficile et que, d’ailleurs, il satisfait moins aux besoins de l’industrie ; mais il rachète ces inconvénients par des avantages très-sérieux qui devraient le faire exclusivement employer pour les reproductions microscopiques; il permet, en effet, d’obtenir avec la plus grande fidélité les détails si délicats d’un négatif, qui disparaissent souvent par la méthode ordinaire de tirage ; de plus, les épreuves ainsi obtenues possèdent des conditions d’inaltérabilité qu’on ne retrouve dans aucun autre procédé. La première méthode sera décrite ici d’une manière tout à fait sommaire ; quant à la seconde, il ne sera pas sans utilité d’entrer dans quelques détails plus précis, sa description ne se trouvant pas indiquée dans les traités ordinaires de photographie.
MÉTHODES OPÉRATOIRES
1° Positif* sur papier.
Celle méthode de tirage repose sur la propriété que possède le chlorure d’argent de noircir spontanément à la lumière. Une feuille de papier recouverte d’une couche uniforme de cetle substance noircira donc rapidement si on l’expose aux rayons solaires ; mais si , pendant l’action lumineuse, on la recouvre d’une épreuve négative, celle-ci, jouant le rôle d’un écran , préservera la couche sensible par ses portions les plus opaques, tandis que la lumière exercera son action à travers les parties transparentes ; on obtiendra ainsi une image inverse de la négative et qui reproduira dans leurs rapports naturels les ombres et les clairs du modèle. On opère de la manière suivante :
Sensibilisation du papier . — Le papier est d’abord recouvert d’une couche d’albumine tenant un chlorure en dissolution ; la présence de l’albumine n’a ici d’autre but que de boucher les pores du papier et de donner un vernis à l’image définitive. Celte première opération s’effectue aujourd’hui industriellement, et l’on trouve dans le commerce des papiers préparés avec la plus grande perfection. La
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couche albuminée est ensuite posée à la surface d’une solution de nitrate d’argent à 15 pour 100, où elle doit séjourner quatre à cinq minutes. Le chlorure alcalin se transforme ainsi, par doubledécomposition, en chlorure d’argent insoluble qui reste sur le papier, et il suffit ensuite de laisser sécher la feuille dans l’obscurité pour qu’elle soit prête à servir. La seule précaution qu’exige la sensibilisation du papier consiste à éviter avec soin que le nitrate d’argent ne mouille en aucun point le revers delà feuille, ce qui produirait infailliblement des taches.
Exposition à la lumière. — Le papier est alors appliqué sur le négatif à reproduire, de façon que sa face sensible soit en contact avec la couche de collodion ; le tout est comprimé dans un petit appareil connu sous le nom de châssis à reproduction et exposé à la lumière solaire pendant un temps variable selon l’intensité du cliché. La construction du châssis permet d’ailleurs de suivre la venue de l’image sans déranger la position du papier, de sorte que cette opération ne présente aucune difficulté. On arrêtera l’action de la lumière lorsque l’épreuve aura acquis une intensité notablement supérieure à celle que l’on désire conservera l’image définitive,
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cette intensité s’affaiblissant beaucoup par les opérations ultérieures.
Fixage. — Lorsqu’à la fin de la journée on a obtenu un nombre suffisant de positifs, on procède à leur fixage ; cette opération peut, à la rigueur, être remise au lendemain, mais il ne faudrait pas attendre plus longtemps ; elle constitue la partie la plus difficile de la méthode, car c’est d’elle que dépend toute la beauté et la solidité des épreuves. Les papiers impressionnés sont d’abord immergés dans une cuvette remplie d’eau ordinaire, où ils abandonnent le nitrate d’argent libre qui se trouve à leur surface. Lorsque, après plusieurs lavages, l’eau ne devient plus laiteuse par la formation du chlorure d’argent, on plonge les feuilles, une à une, dans une dissolution de chlorure d’or dont le but est de transformer la couleur désagréable de l’image. Cette opération, désignée sous le nom de virage , est d’une haute importance et exige une surveillance attentive. Parmi les nombreuses formules de bains de virage indiquées par les photographes, la suivante donne d’excellents résultats.
Eau distillée
Phosphate de soude Chlorure d’or
1 litre.
20 grammes.
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L’épreuve doit séjourner dans ce liquide jusqu’à ce qu’elle ait pris un ton bleu violacé, franchement déterminé; cet effet exige pour se produire un temps qui, selon la nature du papier et la température extérieure, varie entre quelques minutes et un quart d’heure. L’action du bain est également d’autant plus énergique qu’il est moins épuisé ; aussi est-il préférable de ne l’employer que par petites quantités.
Au sortir du bain de virage, les épreuves sont plongées dans une dissolution d’hyposulfite de soude à oO pour iOO, et n’ayant jamais servi. Elles perdent pendant les premiersinslanls la teintequ’elles avaient acquise dans le bain d’or, mais au bout de quelques minutes, elles prennent de nouveau une couleur riche et agréable. C’est à ce moment qu’on doit les retirer du bain ; il ne reste plus alors qu’à les laver à grande eau de manière à éliminer entièrement les dernières traces d’hyposulfite qui pénètrent la pâte du papier. Ce lavage a une très-grande importance et doit être fait avec beaucoup de soin ; il est indispensable de renouveler très-souvent l’eau qui baigne les épreuves pour que le lavage se fasse le plus rapidement possible ; un séjour trop prolongé dans l’eau altérerait la pureté des blancs, et la solidité de
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l’image serait plus ou moins compromise. Enfin, les épreuves sont séchées, soit en les suspendant par un angle, soit en les épongeant dans des papiers buvards. Il est quelquefois utile de les chauffer modérément devant un foyer après leur dessiccation ; on augmente ainsi d’une manière notable la richesse de ton de l’image.
2° Positifs sur collodion.
Si l’on compare le positif le plus parfait, obtenu par la méthode précédente, au négatif qui a servi à le produire, on est toujours frappé de la différence de netteté qui existe entre les deux épreuves; tous ces détails si délicats, ces demi-teintes harmonieuses qui s’aperçoivent dans le cliché, disparaissent plus ou moins dans l’image positive la mieux réussie. Cet inconvénient, peu important quand il s’agit de la reproduction d’objets de grande dimension, est, on le conçoit, un obstacle sérieux pour les reproductions micrographiques ; il a pour cause la nature même du papier qui sert de support aux agents chimiques. Sa texture, nécessairement grenue, et sa porosité surtout, donnent toujours un aspect baveux aux contours les plus
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délicats de l’image qui perd ainsi une partie de sa finesse; la couche d’albumine dont on recouvre le papier remédie en partie, il est vrai, à ce défaut; mais le mal existe toujours quelle que soit la méthode mise en usage.
Le collodion, au contraire, par sa texture essentiellement homogène et son épaisseur extrêmement faible ne partage pas cet inconvénient, et c’est là la principale cause de la grande supériorité des négatifs. Les détails les plus fins y sont nettement accusés et les demi-teintes acquièrent une douceur et une transparence merveilleuses. A ces avantages il faut encore ajouter la facilité extrême avec laquelle on élimine, par quelques lavages, les composés chimiques devenus inutiles, tandis que la porosité et l’épaisseur du papier rend toujours cette opération difficile et incertaine ; de là l’altération si fréquente des positifs sur papier, tandis qu’on n’a pas d’exemple de l’altération spontanée de négatifs.
Des avantages aussi sérieux feront accepter, sans aucune hésitation, une méthode capable de réunir sur une épreuve positive les qualités qui se trouvent à un aussi haut degré sur un négatif. La question peut être résolue d’une manière peu compliquée, et la méthode suivante réalise plusieurs
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conditions importantes qu’on ne retrouve dans aucun autre procédé.
Epreuves sur collodion transporté . — Au lieu de produire l’image positive en appliquant directement sur le cliché une surface sensible à la lumière, on fait usage de la chambre noire pour la reproduction du négatif, exactement comme s’il s’agissait de photographier une gravure. Il est bien évident que les résultats devront être intervertis, et puisqu’un modèle quelconque fournit directement une épreuve négative, celle-ci, photographiée à son tour, devra donner une image positive. On voit de plus que l’on obtiendra à volonté une épreuve d’une dimension quelconque, depuis des réductions infiniment petites jusqu’à des amplifications qui n’ont, pour ainsi dire, aucune limite.
Enfin, comme il est complètement indifférent que le cliché présente à l’objectif l’une ou l’autre de ses faces, on pourra, sans difficulté, redresser une image qui aurait été renversé par l’action des appareils amplificateurs. C’est là souvent un trèsgrand avantage que ne possède aucune autre méthode. 11 suffira donc, après avoir mis au foyer et pris toutes les précautions d’usage, de placer dans
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l’appareil une glace collodionnée et de la développer par les moyens ordinaires. 11 faut ensuite, pour terminer l’opération , substituer à la lame de verre un support moins fragile et susceptible de donner à l’épreuve un fond qui en fasse ressortir les détails. A cet effet, la couche de collodion est transportée sur une feuille de papier par des moyens spéciaux, et l’on obtient ainsi une image d’une perfection remarquable, et aussi peu fragile qu’un po * sitif ordinaire.
L’appareil destiné à la reproduction du cliché ne diffère en rien d’une chambre noire ordinaire ; il est seulement nécessaire que sa longueur soit double de la distance focale de l’objectif, si l’on veut obtenir des épreuves d’une dimension égale à celle du cliché. On verra d’ailleurs, dans le chapitre suivant consacré aux méthodes d’amplification, quelle est la disposition la plus convenable à donner aux instruments.
La préparation des glaces est exactement la même que celle qui a été décrite pour le procédé humide, et cette méthode sera appliquée, dans toute sa rigueur, sans modifications essentielles. Le collodion doit toutefois satisfaire à une condition importante qui constitue la principale condition du succès. Celui
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qui sert à la production des négatifs a l’inconvénient d’être trop fluide, de sorte que la couche ne possède pas une épaisseur suffisante pour être facilement transportée sur papier; il faut le rendre plus visqueux, en augmentant la proportion de pyroxyle qu’il renferme. Il est cependant difficile d’indiquer exactement la quantité de coton-poudre qui doit entrer dans sa composition , car on voit souvent des proportions égales de ce produit fournir des collodions de viscosités très-différentes; quelques essais préliminaires sont donc indispensables pour arriver à un dosage convenable. Il faut quelquefois porter à 2 pour 100 la quantité de pyroxyle tandis que 1 gramme est d’autres fois suffisant. Le collodion devra, dans tous les cas, être aussi épais que possible , pourvu qu’il conserve la propriété de s’étendre facilement.
La sensibilisation de la couche ne présente rien de particulier, il est seulement avantageux de faire usage d’un bain d’argent légèrement acide; on ajoutera au bain ordinaire 2 pour 100 environ d’acide acétique cristallisable.
La durée delà pose est extrêmement importante et ne peut être indiquée d’une manière précise. L’intensité de la lumière, le plus ou moins de trans-
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parence du cliché, la longueur focale de l’objectif, la grandeur des diaphragmes, etc., sont autanl de causes qui ont la plus grande influence sur la durée de l’action. Dans tous les cas elle est généralement très-courte etdépasse rarement dix à quinze secondes.
On peut, en faisant varier la durée de l’exposition, obtenir, avec un même cliché, des images positives de caractère très-différent, ce qui est, dans bien des cas , d’une grande utilité. C’est ainsi que, par une pose courte, on obtient une épreuve avec de vives oppositions et qui irait jusqu’à la dureté, si l’on réduisait par trop le temps de l’exposition. Au contraire, en prolongeant la durée de la pose, l’image acquiert beaucoup plus de douceur, les oppositions disparaissent, et l’on finirait même par détruire complètement l’effet et obtenir des épreuves tout à fait grises. On peut ainsi, par un excès de pose, modifier avantageusement la trop grande dureté d’un cliché, de même que, par le moyen contraire, on tirera souvent parti de négatifs faibles ou sans effet qui ne donneraient, par le procédé ordinaire de tirage, que des résultats inacceptables.
Le développement de l’image se fait à l’aide de l’acide pyrogallique comme pour les négatifs, avec
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cette seule différence qu’il y a ordinairement avantage à faire usage d’une dissolution plus faible. Les proportions suivantes sont celles qui conviennent dans le plus grand nombre de cas :
Acide pyrogallique 1 gramme.
Eau distillée 500 —
Acide citrique 3 —
Sous l’influence du révélateur, l’image doit apparaître presque immédiatement et arriver en très-peu d’instants à un développement complet. Si elle tardait à se montrer, ce serait un indice certain d’un défaut de pose, et le résultat définitif serait dur et manquerait de demi-teintes. Il ne faut pas toutefois que l’action soit trop prompte, car on verrait se manifester un défaut opposé; l’épreuve serait grise et sans oppositions. Les mêmes vices apparaîtraient encore si, avec un temps d’exposition convenable, l’action de l’acide pyrogallique était trop peu ou trop longtemps prolongée. Quoiqu’il soit difficile de donner à cet égard des indications précises, on peut dire cependant que une à deux minutes suffisent en moyenne à la venue de l’image.
La concentration du bain révélateur qui précède donne généralement de très-bons résultats ; elle peut cependant être modifiée avec avantage selon
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les conditions que remplit le cliché. A-t-on, par exemple, à reproduire un négatif à oppositions vives, très-vigoureux dans les noirs, il est préférable d’exagérer un peu la durée de l’exposition et de développer avec de l’acide pyrogallique plus faible; l’épreuve ainsi obtenue a beaucoup plus de douceur, car on donne aux demi-teintes le temps d’apparaître, avant que les noirs aient pris une trop grande intensité. S’agit-il, au contraire, d’un négatif faible et sans effet, il convient alors de diminuer le temps de pose et d’augmenter un peu la concentration du liquide révélateur. Il se passe ainsi un effet opposé au précédent, c’est-à-dire que les noirs du positif prennent de l’intensité avant que les demiteintes soient trop venues, et, en arrêtant à temps l’action de l’acide pyrogallique, on peut varier à volonté les oppositions de l’image.
Enfin, l’opération du fixage n’exige aucune précaution particulière ; on aura recours, comme d’habitude, soit à l’hyposulfite de soude, soit au cyanure de potassium.
L’image positive, obtenue par les moyens qui viennent d’être décrits, possède toujours une couleur désagréable qu’il est important de modifier. On y arrive facilement par une dernière opération
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tout à fait analogue au virage des épreuves sur papier. La couche de collodion, débarrassée par un lavage complet des dernières traces du fixateur, est recouverte d’une dissolution de chlorure d’or aussi neutre que possible. La meilleure manière de préparer ce bain consiste à dissoudre 1 gramme de chlorure d’or dans 30 ou 40 centimètres cubes d’eau et à y ajouter quelques grammes de craie en poudre fine. Lorsque toute effervescence a cessé, on filtre la liqueur et l’on por(e son volume à 1 litre, en l’étendant d’eau distillée. Ce bain se conserve indéfiniment sans altération, mais on doit rejeter la quantité qui a déjà servi à une opération.
Sous l’intluence du chlorure d’or, l’image prend immédiatement une couleur d’un noir bleuté, et au bout de quelques instants cette transformation gagne toute l’épaisseur de la couche; on est certain que l’action est terminée lorsque l’image, examinée à l’envers, ne présente plus en aucun point la teinte grise qu’elle possédait primitivement. Le temps qu’exige le virage est assez variable selon les conditions de l’épreuve; il est d’autant plus long que celle-ci a mis plus de temps à se développer et qu’elle est formée de noirs plus intenses ; il est rare cependant que l’action complète du bain
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d’or exige plus de trois ou quatre minutes, et souvent même, elle demande beaucoup moins de temps. Il est quelquefois nécessaire de renouveler une fois ou deux la solution de virage ; ce cas se présente surtout lorsque l’image possède des portions très-opaques. L’épreuve est enfin lavée à grande eau, et il ne reste plus alors qu’à la transporter sur papier.
Le transport de la couche de collod ion, qui semble au premier abord une opération extrêmement délicate, est, au contraire, de la plus grande simplicité et réussit d’une manière très-régulière, si lecollodion dont on s’est servi se trouve d’une viscosité convenable. Ce transport peut s’effectuer sur la couche humide, mais il exige alors une certaine habileté ; aussi, vaut-il mieux avoir recours à la méthode suivante qui réussit d’une manière presque infaillible.
Après le dernier lavage, la plaque est placée sur un support à vis calantes dans une position parfaitement horizontale. On verse alors à sa surface autant d’eau distillée qu’elle peut en retenir, puis on applique sur la couche une feuille de papier albuminé ordinaire, préalablement mouillée, en ayant soin de ne pas emprisonner de bulles d’air. On redresse alors la glace en maintenant le papier par deux angles afin de l’empêcher de glisser, et l’on
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maintient le tout pendant quelques instants dans une position verticale pour faire écouler le liquide. La plaque est alors abandonnée à elle -même jusqu’à ce que la feuille de papier soit complètement sèche ; on peut sans inconvénient la rapprocher d’un foyer ou la mettre au soleil pour hâter la dessiccation. Enfin, la glace est immergée dans une bassine pleine d’eau, et, au bout de dix à quinze minutes, la feuille de papier se détache presque spontanément, entraînant avec elle la couche de collodion qui y adhère de la manière la plus parfaite. L’épreuve une fois sèche est extrêmement brillante et les détails les plus délicats apparaissent avec toute la finesse qu’ils possédaient sur le négatif (1).
Comme on le voit par la description qui précède, celte méthode de tirage ne présente dans son exécution aucune difficulté sérieuse ; toutes les opérations
(1 ) On pourrait substituer au papier albuminé la carte-porcelaine, que nous avons indiquée depuis longtemps, comme donnant d’excellents résultats. L’image transportée sur celte substance est, en effet, plus brillante et d’un effet plus agréable ; mais sa surface est beaucoup plus fragile et s’éraille assez facilement. De plus, l’épaisseur du papier-porcelaine rend incommode le montage des épreuves, de sorte que, pour les applications à la micrographie, il y a tout avantage à se servir du papier albuminé qui conserve d’ailleurs au positif toute sa finesse.
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essentielles sont identiques avec celle du procède négatif, et un opérateur, déjà initié aux manipulations photographiques sera, après un petit nombre d’essais, au courant des quelques exigences qu’elle comporte. Bien qu’applicable sans exception à tous les cas qui se présentent, elle se prête d’une manière plus spéciale à l'amplification des petites épreuves, qui exige nécessairement l’emploi d’un objectif et une installation particulière. Enfin, lorsqu’on ne doit produire qu’un petit nombre de positifs, elle se recommande par le peu de temps nécessaire à son exécution, puisque quelques minutes suffisent pour arriver au résultat définitif. Il est à regretter seulement qu’elle ne puisse encore entrer, d’une manière régulière, dans la photographie industrielle ; on ne saurait refuser au procédé ordinaire de tirage des épreuves positives l’avantage d’être essentiellement plus pratique et d’êlre à la portée des ouvriers les moins exercés aux opérations délicates de la photographie.
Épreuves positives sur verre. — Il est dans bien des cas nécessaire d’obtenir une image positive sur verre, destinée à être examinée par transparence. C’est ce qui arrive par exemple pour les reproduc-
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lions stéréoscopiques pour lesquelles le papier ne saurait être employé. Le grenu de sa surface produit, sous le grossissement très-modéré cependant du stéréoscope, un effet très-désagréable. On peut également tirer un parti très-avantageux des positifs sur verre pour l’amplification des négatifs de petite dimension. Que l’on suppose, en effet, une de ces petites épreuves transformée, par un moyen quelconque, en une image positive transparente ; celle-ci, amplifiée par un moyen analogue à celui qui vient d’être décrit, fournira un négatif agrandi qui se prêtera au tirage de nouveaux positifs par toutes les méthodes; on pourra même, dans bien des cas, employer un système de grandissements successifs, c’est-à-dire produire d’abord, à l’aide du cliché, un positif transparent amplifié qui permettra d’obtenir par une seconde amplification un négatif grandi qui servira au tirage définitif. On comprend, d’après ces quelques mots, toutes les ressources nouvelles que peut créer la production de semblables épreuves, qui ont déjà, par elles-mêmes, des qualités précieuses, abstraction faite des applications spéciales qui viennent d’être énumérées.
Deux moyens peuvent être mis en usage selon qu’il s’agira de produire un positif d’une grandeur
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égale ou différente de celle du cliché. Dans le premier cas, l’opération est extrêmement simple et très-expéditive. 11 suffit d’appliquer contre le négatif, disposé dans un châssis à reproduction, la face sensible d’une glace préparée au collodion sec ou à l’albumine et d’exposer le tout pendant quelques instants à la lumière diffuse. L’épreuve, développée ensuite par les procédés ordinaires, donne une image positive d’une très-grande finesse, et reproduisant avec fidélité tous les détails du négatif. Le point le plus délicat de cette méthode est, comme toujours, la durée de la pose, qui doit être excessivement courte. Elle est subordonnée à l’opacité plus ou moins grande des négatifs et à l’intensité de la lumière, dix â vingt secondes suffisent ordinairement, et il est bien rare qu’il faille aller jusqu’à une minute.
Il est très-important, pour le succès de cette opération, que les deux surfaces collodionnées soient exactement appliquéesl’une contre l’autre. Ce résultat s’obtient d’une manière certaine si l’on a fait usage de glaces planes, mais comme le plus souvent on aura recours à des verres ordinaires, il est important d’appliquer le collodion sur le côté concave de ces derniers. Il suffit alors d’exercer une légère
pression dans le châssis, sur le milieu des plaques, pour assurer un contact qui, sans être parfait sur toute la surface, est cependant toujours assez complet.
Lorsqu’on devra obtenir une image positive plus grande ou plus petite que le cliché, l’opération sera conduite d’une manière identique avec celle qui a été précédemment décrite pour les épreuves sur collodion transporté. On pourra employer avec un égal avantage le procédé humide ou le procédé sec ; celui-ci est toutefois préférable à cause de sa moins grande rapidité qui permet de régler plus aisément le temps de la pose. Un seul point diffère d’une manière nolable dans cette méthode, c’est le développement qui sera beaucoup plus vigoureux que si l’épreuve devait être transportée sur papier. On se guidera à cet égard sur T intensité de l’image, qui doit produire tout son effet par transparence. Il est inutile d’ajouter que toutes les opérations qui suivent le fixage de l’épreuve doivent être supprimées.
Dans bien des cas cependant, une image obtenue par les moyens qui précèdent possède une couleur plus ou moins rougeâtre qu’il est très-important de modifier; non-seulement ce ton est désagréable
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lorsque l’épreuve est destinée à être eonservée dans cet état; mais si elle doit servir à produire, par amplification, un nouveau négatif, elle présenterait de très-graves inconvénients. La lumière rouge étant, en effet, très-réfractaire à l’impression photographique, une pareille épreuve, quoique en apparence douce et harmonieuse, ne serait capable de fournir qu’un négatif dur et heurté, puisqu’elle ne laisserait passer à travers ses demi-teintes que des rayons très-peu photogéniques. L’emploi du bain d’or, qui a été indiqué pour le virage du collodion destiné au transport, convient mal aux épreuves sur verre, car, au défaut d’en affaiblir notablement l’intensité, il joint celui de leur donner une teinte bleue qui aurait un inconvénient opposé à celui que l’on cherche à éviter.
Il vaut mieux avoir recours au bain de virage qui a été indiqué pour les épreuves positives sur papier. Le mélange de chlorure d’or et de phosphate de soude est versé à la surface de l’épreuve qui ne tarde pas à changer de ton , en perdant toutefois une partie notable de son intensité; aussi, doit-on suivre attentivement son action, pour ne pas trop affaiblir la vigueur de l’image, et arroser rapidement la plaque avec de l'eau, afin d’arrêter
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reffct du virage dès que l’image est parvenue à la teinte que l’on désire obtenir.
On peut, sans ineonvénient, remplacer dans cette opération le chlorure d’or par le bichlorure de platine dont le prix est beaucoup moins élevé et qui fournit des tons aussi harmonieux que le sel d’or. Dans tous les cas, toute épreuve destinée à subir l’action d’un bain de virage doit avoir été fortement développée à l’acide pyrogallique, sans cette précaution l’image manquerait d’opacité dans les noirs et posséderait une uniformité désagréable qui nuirait beaucoup à l’effet général.
Les épreuves positives sur verre sont surtout applicables à la reproduction des clichés stéréoscopiques qui exigent toujours une très-grande finesse. Dans ce cas, la couche de collodion doit être protégée par un verre dépoli, et l’image est alors examinée au travers de la glace qui la supporte ; il en résulte un renversement qui n’offre souvent aucun inconvénient, mais qu’il est quelquefois très-important d’éviter. On peut alors faire l'épreuve sur le verre dépoli lui -même, ce qui donne beaucoup de solidité à la couche, qui devient très-adhérente et n’est plus susceptible de se soulever pendant les diverses opérations qu’elle doit subir.
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On peut également, dans ce cas particulier, substituer aux glaces dépolies des verres cirés dont le grain est extrêmement fin et très-uniforme. L’opération du cirage se fait, d’ailleurs, très- aisément de la manière suivante (t).On dissout dans 100 grammes de benzine du commerce 12 à 15 grammes de cire blanche, et l’on chauffe le mélange à 40 ou 50 degrés; cette dissolution est ensuite versée sur les plaques de verre que l’on a soin de maintenir à peu près à la même température; au bout de quelques instants elles se trouvent recouvertes d’une couche uniforme de cire qui leur donne l’aspect d’une glace finement dépolie. Après quelques heures de dessiccation, on les recouvre de collodion ; et le reste des opérations ne diffère en rien de ce qui a été précédemment indiqué. On obtient, par ce moyen, d’excellentes épreuves qui possèdent souvent, sans qu’il soit besoin de recourir aux bains de virage, un ton plus agréable que celles que fournissent les procédés ordinaires. De plus, le collodion est d’une très-grande adhérence sur la couche de cire, ce qui le met à l’abri des déchirures qui se produisent avec tant de
(1) Cetle mélhode m’a été communiquée par M. Ernest Dumas, qui l’applique avec le plus grand succès à la production des épreuves stéréoscopiques.
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facilité dans le procédé sec. Le seul reproche qu’on pourrait adresser à cette manière d’opérer consiste dans la difficulté de nettoyer les plaques qui ont déjà servi à des épreuves non réussies.