‹ La photographie des couleursChapitre 3 sur 13 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Au dernier congrès des Sociétés savantes de Paris et des départements (août 1898), M. Léon Vidal, professeur à l'Ecole nationale des Arts décoratifs, membre de l'Union nationale des Sociétés photographiques de France, a affirmé, dans un exposé de Y état actuel des procédés d'impressions trichromes, que ce Nouvel Art est en plein progrès et que l'heure sonnera bientôt où l'on n'imprimera qu'avec son concours les illustrations des ouvrages de science et d'art. A l'appui de cette affirmation, il a rappelé que, dès à présent, en France, quelques maisons, en tête desquelles on doit citer celles de MM. Délaye et L. Hemmerlé, de Lyon, Prieur,, Chevalier, de Paris, exécutent des travaux remarquables avec

trois clichés monochromes typographiques ; qu'à l'étranger, notamment aux Etat-Unis d'Amérique, en Autriche, en Allemagne, en Suisse, surtout en Angleterre, les impressions trichromes donnent lieu à des applications des plus intéressantes et déjà fort réussies. En résumé, a dit l'éminent conférencier, il est certain que, d'ici quelques années, remploi de la photographie en couleurs sera tout aussi courant que celui de la photographie monochrome.

Ces appréciations et cette prophétie sont un témoignage principalement rendu aux travaux accomplis dans les grands ateliers : le but de notre Manuel est de fournir à la généralité des gens de loisir et des artistes, autrement dit à tous les amateurs photographes, les moyens de prendre une part active a la mémorable évolution célébrée par M. Léon Vidal.

Ils n'ont pas, il est vrai, le dispendieux armement, les puissants moyens d'exécution que nécessitent les vastes entreprises, mais qu'importe ? Indépendamment des procédés d'imprimerie qui multiplient à l'infini, en un temps imperceptible, l'image trichrome dont il est question, il existe plusieurs modes de phototirages, entièrement à la portée du simple amateur', qui produisent cette image tout aussi belle, peut-être même plus prestigieuse encore que si

elle sortait, par innombrables exemplaires, des presses d'un établissement typographique. Quelques-uns de ces modes restreints de phototirages ont fait merveille en ces derniers temps. On tient ordinairement secrets les heureux tours de main ou les ingénieuses conceptions de mise en œuvre qui ont procuré le succès. En pareille affaire le secret est un droit à l'abri de toute controverse.

Mais en ce qui concerne le premier fondateur du système, Louis Ducos du Hauron, les préoccupations, les mobiles ne sont plus les mômes. Toute son ambition, à l'heure actuelle, est de voir s'affirmer, se vulgariser de plus en plus ses idées jusque dans les minuscules ateliers. Telles sont les visées de ce manuel, écrit sous son inspiration immédiate. Les modes de phototirage dont il contient les descriptions, pour la plupart inédites jusqu'à ce jour, sont réellement à la portée de tous. On reconnaîtra sans difficulté que l'inventeur met de son plein gré dans le domaine public plusieurs trouvailles dont il aurait pu se réserver le monopole. On jugera par là combien l'initiation offerte est, dans tout son ensemble, une initiation loyale. Aucune réticence calculée, aucune omission volontaire n'empêchera ou ne retardera le succès de quiconque aura eu confiance «n cet enseignement.

Le principe sur lequel tout repose, on le connaît. Trois phototypes, créés dans la chambre obscure par trois lumières différentes, la lumière ^leu-violet, la lumière vert-jaune, la lumière rouge-orangé, servent, moyennant une seconde action lumineuse, qui n'est autre que le travail du châssis-presse, à imprimer trois images, image jaune, image rouge, image bleue. Une telle définition indique la division de ce manuel en deux parties : première partie, qui se réfère à la production des trois phototypes ou négatifs; deuxième partie, qui traite des diverses sortes de phototirages proposés.

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