POUR LA RETOUCHE DES CLICHÉS
L’une des deux épreuves a été tirée sur un cliché gommé puis retouché au crayon et verni ensuite.
L’autre, sur la seconde partie du cliché non retouché.
Le tirage a été fait par le Procédé Woodbury, dans l’Etablissement de MM. Goupil & Cie à Asnières, d’après un cliché de M. A. Liébert.
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peut le voir, d’un cadre en glace depolie A, B, C, D, fig. 29, sur laquelle on place le cliché à retoucher. Ce cadre à charnière sur le devant peut recevoir telle inclinaison qu’on juge nécessaire ; le fond de l’appareil est muni d’une glace étamée qui renvoie la lumière derrière le cliché et en permet l’examen par transparence pendant la retouche. Ce pupitre, mis
à plat sur une table, est ^ placé autant que possible
devant une fenêtre exposée au nord ; mais comme il est indispensable que le cliché aussi bien que celui qui retouche se trouvent dans l’obscurité pour ne recevoir d’autre lumière que celle provenant du miroir placé au fond du pupitre , on disposera un grand voile en lustrine noire sur le volet supérieur B, C, F, E, de telle sorte qu’il puisse envelopper le retoucheur pendant son travail. La planchette mobile G H sert d’appuimain, elle peut descendre et monter à volonté, et se
Fig. 29. — Pupitre pour les retouches des clichés, fixe au moyen de deuxtetes
de vis qui se trouvent aux extrémités ; enfin un tiroir placé au fond du cadre sert à renfermer les crayons, les pinceaux et tous les ustensiles employés pour la retouche.
La glace dépolie du pupitre devra être un peu plus grande que les plus grands clichés qui se font dans l’atelier, et on
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aura une série de cartons noirs épais couvrant toute la surface de cette glace, dans lesquels on découpera toutes les dimensions des clichés qu’on veut re loucher, ces cartons servent à couvrir la partie non occupée par les négatifs, de telle façon que la lumière ne puisse pénétrer par ailleurs.
La retouche des clichés se fait le plus généralement avec les crayons en graphite de Sibérie, de la mine Aliberf, marqués : N° 1, BB ; N° 2, HB; N° 3, H, et N° 4, HH. Ces quatre sortes de crayons répondent à presque tous les besoins, selon que la gomme offre plus ou moins de résistance. Néanmoins la série se compose d’un plus grand nombre, que l’on devra employer selon les besoins. Lorsqu’on retouche sur vernis, ainsi qu’il sera indiqué plus loin, les crayons plus durs sont souvent nécessaires ; on pourra employer alors les Nos 4, H H H, et quelquefois H H HH H IL Avec un peu d’expérience et d’habitude, il est facile de déterminer le crayon qui convient le mieux à chaque cliché.
Lorsque le crayon ne peut pas couvrir suffisamment les parties trop transparentes, on emploie l’encre de Chine appliquée au pinceau, dans certains cas encore on se sert de laque carminée étendue en couche mince et aussi unie que possible, au dos du cliché, afin de retarder l’impression des parties qui viendraient trop noires sur l’épreuve positive lors de l’insolation.
Un autre moyen très -bon encore, consiste à couvrir le dos du cliché d’une couche de vernis mat à la henzole décrit page 174; lorsque ce vernis est bien sec, ce qui demande peu de temps, on peut faire des retouches qui sont alors aussi faciles à exécuter que sur le verre dépoli, et comme elles se trouvent derrière la couche de collodion, et non dessus, ces retouches auront une douceur beaucoup plus grande sur l’image positive, et le cliché ne pourra pas être endommagé.
La plupart des photographes français retouchent leurs clichés sur gomme, c’est-à-dire qu’après le dernier lavage
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qui suit le fixage, le cliché est recouvert d’une couche de gomme arabique et de dextrine, destinée, lorsqu’elle est sèche, à servir de mordant au crayon; on vernit ensuite pour préserver l’image et la retouche de tout accident pendant le tirage.
En Allemagne et en Amérique, le cliché n’est pas gommé après fixage, on vernit d’abord et on retouche ensuite sur le vernis.
Chacune des deux méthodes a ses 'avantages et s'es inconvénients.
La retouche sur gomme est la plus facile, bien que trèsdélicate ; mais il arrive parfois que le crayon se décompose sous l’action du vernis et produit une foule de taches non actiniques qui gâtent entièrement le cliché ; parfois aussi, lorsqu’il se rencontre des impuretés dans le crayon, on s’expose à rayer ou à déchirer la pellicule de collodion que la gomme est impuissante à protéger. Mais l’inconvénient le plus grave, .surtout lorsqu’on a des clichés précieux qu’on tient à conserver, c’est que la gomme, étant essentiellement hygrométrique, absorbe l’air ambiant et soulève la pellicule de collodion et le vernis par veines qui sillonnent le cliché ; aucun remède n’étant possible dans ce cas, le cliché est perdu.
La retouche sur vernis est plus difficile à exécuter, mais elle offre plus de sécurité, non-seulement pendant l’exécution du travail, mais surtout pour la conservation en bon état du cliché pendant une durée indéfinie.
Le cliché après fixage sera placé dans le casier pour égoutter et sécher sans avoir été gommé. Il sera recouvert d’une couche de vernis à la gomme laque, qui est plus dur et plus adhérent que ceux au benjoin, à l’ambre, etc., etc. Lorsque le vernis est sec on saupoudre les parties à retoucher de poudre d’os de seiche ou de pierre ponce très-fine, puis avec le bout du doigt on frotte cette poussière sur le cliché jusqu’à
ce que le vernis offre une surface mate et lisse sur laquelle le crayon mordra très-facilement.
On peut employer également l’huile de térébenthine pour donner du mordant à la couche de vernis, mais dans ce cas la retouche doit s’effectuer avant dessiccation complète de la térébenthine.
M. Beattie indique une combinaison basée sur les deux principes que nous venons d’indiquer; il applique sur les parties du cliché qu’on veut retoucher, à l’aide d’un tampon de coton très-doux, un mélange composé de :
Huile de térébenthine 90 e. c.
Os de seiche 15 grammes.
Cette mixtion est étendue doucement surle négatif pendant que l’os de seiche en poudre impalpable est en suspension dans le liquide.
Si ce mélange produisait des stries, on les ferait disparaître par le tamponnement opéré avec le bout du doigt.
On commence par égaliser tous les défauts du cliché en remplissant avec un crayon très-effilé toutes les parties transparentes pour leur donner la même valeur que les parties opaques du cliché, on procède pour cela par petits traits en sens divers en se servant d’une loupe puissante ; lorsque toute la surface est bien unie on commence le modelage ; pour cela on promène le crayon sur toutes les parties dont les lumières demandent à être relevées.
La retouche des clichés se fait absolument de la même façon que la retouche des épreuves positives sur papier, avec cette différence qu’on opère en sens inverse, ce qui présente de bien plus grandes difficultés ; aussi faut-il une habitude et une sûreté de main que peu de retoucheurs possèdent.
Beaucoup abusent de l’estompe et croient avoir fait un chef-d’œuvre lorsqu'ils ont barbouillé de plombagine le
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cliché qu’ils ont la prétention de rendre plus parfait et qu’ils réussissent, le plus souvent, à gâter complètement, car si l’estompe peut aider quelquefois à fondre certaines parties trop heurtées , après toutefois que le crayon a égalisé les défauts, on doit en user d’une façon très-modérée, si on ne veut que les clichés traités ainsi produisent des épreuves fades et sans vigueur, n’ayant plus aucune valeur au point de vue artistique.
Gomme nous l’avons dit au commencement de ce chapitre, il faut éviter de toucher au caractère anatomique du portrait, on doit se borner à unir le visage en faisant disparaître tous les défauts de la peau; on peut également atténuer certaines rides que la lumière exagère parfois, sans cependant les faire disparaître entièrement.
Faite dans ces limites, la retouche donne beaucoup de charme à la photographie, sans altérer la ressemblance; lorsqu’elle est exagérée, la retouche détruit non-seulement la ressemblance, mais enlève à la photographie toute sa valeur artistique.
Lorsqu’un négatif présentera quelques pointillés à jour qui formeraient des taches noires sur le positif, on bouchera ces trous avec de l’encre de Chine mêlée de carmin délayé dans un peu d’eau gommée, et 'appliquée délicatement avec un petit pinceau. Il faut éviter de faire cette encre trop épaisse, parce qu’alors les taches, au lieu de s’imprimer en noir, laisseraient des points blancs sur l’image. Ces retouches doivent se faire après l’application du vernis sur le cliché.
Dans les paysages, le ciel vient rarement bien; son intensité laisse souvent à désirer, surtout si on a opéré par un temps sombre et orageux. Les épreuves positives, obtenues avec un semblable cliché , acquièrent alors une teinte , désagréable dans cette partie. Pour corriger ce défaut, on étend au pinceau, avant l’impression, du vernis au bitume de
Judée sur le côté opposé au collodion, dans toutes les parties qui demandent plus d’opacité ; on arrive même, avec un peu d’habitude et de soin, à produire par ce procédé des nuages d’un effet très-artistique dans le dessin.
Vernis granulaire.
Ce vernis, qui a la propriété de dépolir en apparence le verre sur lequel on l’applique, est excellent pour faire au dos des clichés les retouches dans les grands noirs qui ne peuvent être faites au crayon, sur l’image elle-même, il donne également à l'épreuve plus de douceur et d’harmonie. Il se fabrique de la manière suivante :
Faites dissoudre dans :
Éther sulfurique 500 grammes.
Gomme sandaraque 30 —
Comme mastic 30 —
Ajoutez par petite quantité de la benzole pure jusqu’à ce que ce vernis, étendu sur une lame de verre, prenne l’aspect du verre dépoli le plus fin. Un excès de benzole précipitant les gommes, il faut verser avec la plus grande précaution en ayant soin d’essayer plusieurs fois pendant le mélange ; il est prudent de préparer ce vernis par petite quantité à la fois.
Graver un nom sur un négatif.
Rien n’est plus aisé que de graver un nom, une signature, sur un cliché; pour cela, on se sert d’une pointe acérée, et, avant de le vernir, on trace sur le négatif ce que l’on veut voir apparaître sur la feuille positive, mais on doit comprendre que c’est en sens inverse que cette gravure sera appliquée.