CHAPITRE X
ACCIDENTS SDR LES CLICHÉS
Accidents qui peuvent se produire lors de l’obtention des épreuves négatives sur collodion; remède à y apporter. — Précautions à prendre dans la manipulation des substances chimiques dont on se sert en photographie. — Observations générales pour prévenir les accidents qui peuvent se présenter dans le cours des opérations. — Moyens d’y remédier.
Pour qu’un cliché soit dans les meilleures conditions possibles pour donner une bonne épreuve sur papier, il faut, comme nous l’avons déjà dit, qu’il soit très-transparent dans les noirs du modèle, les draperies, etc., etc., et d’une intensité, au contraire, qui permette moins facilement aux rayons actiniques de passer au travers de la couche dans les parties blanches de l’image, et cela avec une parfaite gradation dans les demi-teintes.
L’image, vue par transparence, doit donc être très-claire, bien détaillée, exempte de taches, de 'pointillés et de stries, les plus petits détails doivent se montrer nettement et bien dessinés.
Ce résultat est obtenu en se servant de collodion d’une épaisseur convenable, mais cependant assez fluide pour ne pas former de rides ; et d’un bain d’argent presque neutre, assez riche en argent pour donner une couche d’iodure d’un beau blanc opalin. '
Une exposition à la chambre noire un peu plus longue que le temps très-exactement nécessaire, en se servant d’un réducteur peu acide, produira souvent une intensité suffisante
qui évitera de renforcer l’image. Gela est préférable pour obtenir des épreuves claires, nettes, parfaitement détaillées et modelées.
Si cependant le temps de pose avait été dépassé de beaucoup, l’image serait floue et ne prendrait pas de vigueur par le renforçage, car la couche d’argent métallique se formerait également sur les parties opaques et sur les parties transparentes; le cliché serait alors gris et monotone, ce qu’il est très-important d’éviter.
Le négatif qui donne généralement les meilleures impressions est celui qui, vu par transparence, présente une couleur bleu noir ; nous avons remarqué qu’il donne des détails plus clairs et s’imprime d’une manière plus uniforme et plus rapide. Un cliché rougeâtre par suite de solarisation est toujours très-long à imprimer.
La couleur de la couche dépend de certaines conditions du bain, du temps d’exposition, de l’élévation de la température, de la nature et de la force de l’agent révélateur, de la quantité d’acide qu’il contient, etc., etc. Quelquefois, une matière organique dans la solution argentifère peut changer son apparence et sa couleur, de telle sorte qu’il est impossible de donner des indications positives à ce sujet; la pratique et un peu d’observation doivent seuls guider l’opérateur.
Insuccès des épreuves négatives sur collodion.
La photographie comporte des détails de manipulation si considérables et en même temps si minutieux, que, malgré tous les soins apportés dans le travail, il se produira souvent des accidents et des imperfections que nous allons signaler dans un chapitre spécial, en donnant les moyens
ACCIDENTS SUR LES CLICHÉS
d’y remédier , et , dans tous les cas , les précautions à prendre.
Les plus fréquentes de ces imperfections sont : les épreuves voilées, rayées et piquetées.
Les causes générales sont :
Une exposition trop longue à la chambre noire, un développement et un renforçage trop prolongés; l’impureté des produits chimiques en usage; un jour quelconque dans la chambre noire, le châssis ou le laboratoire ; un rayon de soleil donnant directement dans l’objectif; l’emploi d’un bain neutre, ou qui ne se combine pas bien avec le collodion, etc., etc.
Épreuves voilées.
Les causes qui peuvent occasionner des épreuves voilées sont de plusieurs sortes, que nous allons décrire.
Quand le voile provient d’an temps de pose trop prolongé, ou de ce que la plaque est restée trop longtemps dans le bain d'azotate d’argent, il présente, dans le premier cas, un aspect rougeâtre; dans le second, la couche est d’un gris cendré uniforme et épais; on y remédiera en abrégeant le temps de pose et en retirant du bain la plaque aussitôt la disparition des traces huileuses, enfin en réduisant la force du bain révélateur.
Le plus souvent, le voile provient d’un bain sensibilisateur neutre ou alcalin, qui ne se combine pas bien avec le collodion, surtout si ce collodion ne contient que de l’iodure de cadmium sans iode libre; dans ce cas, le remède est facile. Il suffira d’ajouter quelques gouttes d’acide acétique cristallisable au bain pour que neuf fois sur dix les épreuves suivantes soient parfaitement claires; l’addition d'un peu d’iode produit le même effet. Si le voile persistait, on pourrait ajou-
ter une petite quantité d’iodure de potassium au collodion ; cette addition ne doit être faite qu’après l’avoir au préalable dissous dans de l’alcool à 36°.
Si le voile, d’un aspect complètement noir, résulte de ce que le bain a été détérioré par la présence de sulfate de fer, d’hyposulfite de soude, de vapeurs ammoniacales, de savon, etc., etc., parce que l’opérateur n’a pas eu le soin de se rincer les mains avant la mise au bain : il n’y a pas de remède. On doit mettre ce bain au rebut pour le traiter comme nous avons dit p. 104.
Certains collodions produisent également des épreuves voilées, par suite de la mauvaise qualité du pyroxyle qu’ils contiennent. On s’en assurera en essayant un autre collodion dont on est certain, et en faisant usage du même bain et des mêmes réactifs. Dans ce cas, ce collodion doit être rejeté sans hésitation.
Si, au lieu d’être produit par la mauvaise qualité du coton, le voile provenait de l’alcalinité du collodion, comme cela arrive fréquemment lorsqu’il est sensibilisé au cadmium, on ajouterait quelques gouttes d’une solution d’iode.
Les épreuves seront toujours voilées, lorsque le moindre filet de lumière blanche peut pénétrer dans le laboratoire, ou bien que le châssis qui contient la glace sensibilisée pendant l’exposition ne la préserve pas de la lumière d’une manière complète ; le moindre jour, pénétrant dans la chambre noire, voile l’épreuve, soit partiellement en la marbrant de points qui paraissent opaques vus par transparence, soit totalement et d’une manière d’autant plus intense que le jour a agi plus fortement, il sera toujours facile de remédier à ces inconvénients, en s’assurant que le châssis et la chambre noire sont hermétiquement clos, et que le laboratoire ne reçoit le jour que par le verre de couleur jaune destiné à enlever à la lumière toute action sur la couche sensible.
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Lorsque le voile présente un aspect argenté sous la couche du collodion, il est dû au mauvais nettoyage de la glace.
Un bain neuf, lorsqu’il est alcalin, donne des épreuves voilées; dans ce cas, il est facile d’ajouter quelques gouttes d’acide azotique ou acétique cristallisable.
Lorsque le bain d’argent contient des matières organiques, il présente un aspect rosé et forme un dépôt d’argent sur les parois du flacon; pour le remettre en bon état, il suffira souvent de le rendre alcalin, puis de le faire bouillir dans une capsule en porcelaine; après filtration, on y ajoutera quelques gouttes d’acide azotique chimiquement pur, jusqu’à ce qu’il rougisse le papier bleu de tournesol.
L’eau distillée du commerce contient très-souvent des matières organiques en suspension, aussi n’est-il pas rare de voir les solutions argentiques faites avec cette eau noircir promptement lorsqu’elles sont exposées aux rayons du soleil. Ces matières organiques qui feraient voiler l’image 'seront éliminées par un bon filtrage après que le bain aura reçu une insolation de quelques jours.
Un négatif trop peu posé et développé longuement au fer et à l’argent se voile presque toujours, surtout si les lavages après chaque opération ne sont pas faits avec soin.
Par les grandes chaleurs, les épreuves ayant, une plus grande tendance à se voiler, on devra augmenter la proportion d’acide dans le révélateur, et ne pas préparer cette solution trop longtemps à l’avance.
Enfin, lorsque la lumière frappe sur les verres de l’objectif, soit directement, soit par réflexion, l’image sera solarisée partiellement et en grande partie recouverte d’un voile gris ; pour obvier à cet inconvénient, on placera en avant de l’objectif un cône dont l’intérieur sera noirci.
Pointillés, taches noires ou blanches sur la plaque.
Les pointillés à jour, les taches opaques, noires ou blanches, proviennent le plus souvent de la négligence de l’opérateur; par exemple, de la poussière ou du tripoli qui a servi au nettoyage de la glace, et qui n’a pas été enlevé avec assez de soin avant de verser le collodion. Ces impuretés restent le plus souvent attachées aux bords rodés de la glace, et s’attachent à la surface de la couche iodurée lorsqu’on la retire de la cuvette. Cette couche est alors, après le développement, criblée de trous.
Si on opère dans une atmosphère où voltige de la poussière , elle vient se fixer sur la couche de collodion, soit avant, soit après la sensibilisation, et forme des pointillés noirs ou à jour.
Le goulot des flacons à collodion mal nettoyé laisse, lorsqu’on verse le liquide sur la glace, échapper des pellicules de collodion desséché, qui forment sous la couche iodurée des taches opaques et épaisses.
Lorsque le bain d’argent est resté dans la cuvette, en repos, la nuit par exemple, il se forme généralement à sa surface une poussière de petits cristaux d’iodo-nitrate ou d’argent réduit qui s’attachent aux premières glaces immergées, et y produisent des taches, des veines et des pointillés de tout genre.
Si le collodion a été employé trop tôt après sa sensibilisation, et que les iodures et bromures, mal reposes, viennent se mêler avec la couche, l’épreuve sera entièrement criblée d'un pointillé à jour, dû à la dissolution dans l’eau des bains des cristaux d’iodure et de bromure.
Une trop grande quantité d’acide acétique dans l’agent ré-
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vélateur, ou une mauvaise qualité de cet acide, occasionne parfois aussi des pointillés et taches noires.
L’image est également criblée de trous lorsqu’on a attendu trop longtemps entre la sensibilisation et le développement, par suite de la concentration du nitrate, qui se cristallise sur la couche et se trouve ensuite entraîné pendant les lavages. Ce cas se présente le plus souvent lorsqu’on fait des reproductions qui demandent un temps de pose considérable; dans ce cas, nous conseillons d’opérer sur collodion recouvert d’un préservateur, comme il est indiqué plus loin. Par les grandes chaleurs-surtout, ce procédé sera trouvé excellent et d’une manipulation facile ; les épreuves auront également plus de vigueur et d’harmonie.
25 ou 30 grammes de sucre candi ajoutés dans 1 litre de bain d’argent permettent à la plaque sensible de se conserver beaucoup plus longtemps en bon état avant le développement.
Lorsqu’une image est criblée de petits trous à jour se produisant pendant le développement ou après le renforcement et le fixage, on doit le plus souvent attribuer ces accidents à la présence d’un excès d’iodure d’argent sur la couche, et, par suite, d’une trop forte proportion d’iodure dans le collodion pour la quantité du pyroxyle qui y est dissous, et pour la proportion d’argent contenu dans le bain; car si le bain sensibilisateur est déjà appauvri et saturé d’iodure d’argent, par suite de l’immersion d’un grand nombre de glaces, la couche sera trop mince pour retenir tout l’iodure qui s’y forme, et une partie de ce sel, se séparant en grains très-fins, viendra ensuite adhérer à la surface pendant l’exposition à la lumière ; ces grains s’impressionnant à la place de la couche inférieure, la laisseront à nu, et par conséquent transparente partout où ils auront adhéré, lorsqu’ils seront entraînés par le révélateur versé sur la plaque et par les lavages qu’elle aura à subir ; cette quantité innombrable de petits trous se
reproduira alors en autant de points noirs sur l’image positive. Il est facile de remédier à ces accidents , soit en employant un collodion moins chargé d’iodure, et, pour cela, il suffît de le couper avec un peu de collodion normal, soit en précipitant l’excès d’iodure d’argent contenu dans le bain, en y ajoutant de l’eau distillée, et en le rétablissant au titre voulu par une addition de nitrate lorsqu’il aura été filtré et clarifié. (Voyez page 99.)
Une des causes principales d’accidents fréquents est la concentration trop grande des solutions employées, et une ioduration trop forte des collodions ; on doit éviter les réactions trop brusques et la grande rapidité des opérations qui ont toujours lieu aux dépens de la finesse des détails de l’image.
On évitera la plupart des accidents de ce genre en filtrant fréquemment les bains, et en évitant les poussières qui viennent s'attacher à la partie sensible ; on aura donc soin que les châssis soient parfaitement propres et que l’intérieur des chambres noires soit épousseté fréquemment, ainsi que les étagères du laboratoire.
Marbrures, traînées, taches, etc., etc.
Des traînées du haut en bas de la plaque, formant des lignes ou des points huileux, proviennent de ce qu’on a retiré trop tôt la glace du bain d’argent. Les marques du même genre, mais dessinées d’une manière plus nette, sont souvent occasionnées par un révélateur ne se combinant pas parfaitement avec la couche sensible, ou qui n’a pas été étendu rapidement et d’un seul trait sur la surface; on peut, dans ce cas, ajouter un peu d’alcool au réactif pour faciliter son extension. Les lignes, bien tranchées, doivent être attribuées
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à un temps d’arrêt, lors de l’immersion de la glace collodionnée dans le bain sensibilisateur.
Les taches en forme de larmes à bords transparents et un peu indécis proviennent de la mauvaise qualité de l’alcool ou de l’éther employés pour le collodion, qui contient alors une trop grande quantité d’eau ; la même cause produit également des stries et des mailles. Nous rappellerons à ce sujet que la densité de l’éther doit être au moins de 62 degrés à l’aréomètre Cartier, et celle de l’alcool de 40 degrés pour être dans de bonnes conditions.
Les flacons destinés à contenir le collodion devront être rincés à l’alcool.
Les traînées en forme de comète, à partir d’un des coins de la plaque, proviennent le plus souvent de la saleté des châssis; on devra alors les nettoyer avec soin, les faire sécher, et leur donner une couche de vernis avec de la gomme laque dissoute dans l’alcool.
La couche de collodion se détache.
Quelquefois la couche d’iodure d’argent se détache de la glace sous l’action du réducteur ou des lavages, laissant le collodion seul adhérent. Alors, ou le collodion contient une quantité trop considérable d’iodures et de bromures, ou le bain, déjà trop vieux, est devenu trop faible en argent pour donner une couche suffisamment solide. Le remède est facile, puisqu’on peut toujours augmenter la quantité d’argent dans les bains, et diminuer la proportion des liqueurs sensibil isatrices dans le collodion, ou l’additionner d’une certaine quantité de collodion normal non sensibilisé.
La couche entière se détache lorsque la glace était humide ou sale, quand le collodion était trop sec lors de la mise au bain, et partiellement dans l’angle tenu pa r la main gauche ,
si on n’a pas eu le soin de placer un buvard entre le verre et les doigts. Lorsque le collodion est trop vieux ou trop neuf, ou bien encore quand il est trop mince ou trop épais, il est peu adhérent à la glace ; on doit alors prendre des précautions pendant le développement et le fixage, et surtout ne pas laisser tomber l’eau de trop haut pendant les différents lavages, surtout si les glaces ne sont pas rodées.
Quelques cotons azotiques de mauvaise qualité produisent des collodions qui n’ont ni consistance ni adhérence ; dans ce cas, il est préférable de le changer; pour les autres inconvénients signalés plus haut, il suffit de les énoncer pour en connaître le remède.
La non-adhérence à la glace de la couche de collodion, ou son exfoliation lors du séchage, proviennent également trèssouvent d’un mauvais nettoyage, ce dont il est facile de s’assurer en regardant l’envers de l’image, qui, après le fixage, présentera des réductions brillantes et métalliques si c’est à cette cause que la non-adhérence ou l’exfoliation doivent être attribuées. On pourra souvent sauver un cliché obtenu dans ces conditions, en le gommant pendant qu’il est encore humide.
S’il se produisait des taches rondes disséminées dans la couche pendant la sensibilisation, ce serait un indice que le collodion contient une trop grande quantité d’iodure, ou un excès d’iode libre : un bain d’argent trop concentré peut également produire les mêmes accidents. Dans le premier cas, on ajoutera du collodion normal au collodion sensibilisé; dans le second, on réduira la force du bain d’argent, en ajoutant un peu d’eau distillée.
Un collodion trop épais donne généralement des couches marbrées et ridées sur toute la surface ; si elles sont seulement partielles et coniques à partir du bas de la plaque, elles proviennent d’une immersion trop prompte de la glace dans le bain sensibilisateur, et parce que l’évaporation de l’excès
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d’éther n’a pu avoir lieu. Dans le premier cas, on réduira la densité du collodion en ajoutant de l’éther et de l’alcool; dans le second, on laissera un intervalle plus grand avant de mettre au bain : les collodions alcooliques demandent surtout un temps assez long avant la mise au bain, sans quoi ils peuvent se détacher et glisser sur le verre.
Une couche moutonnée et ridée est causée par un étendage imparfait du collodion sur la glace, les mouvements saccadés et irréguliers provenant du manque d’habitude de l’opérateur ou d’un défaut d’attention de sa part; le remède, comme on voit, est facile, puisqu’il s’agit seulement d’un peu de pratique ou d’attention.
Un mauvais étendage du collodion peut encore fournir une couche dont l’intensité et la sensibilité ne seront pas uniformes, par suite de l’évaporation trop considérable de l’éther à l’une des extrémités de la glace; la partie qui a trop séché avant l’immersion dans le bain reste alors beaucoup plus transparente que l’autre après la sensibilisation, et l’image qui résulte, manquant d’intensité dans ces parties, n’est plus régulière.
L’humidité de la glace avant le collodionnage, lorsqu’on emploie un collodion trop épais, produit des épreuves couvertes de lignes dites vermicelle. Gomme c’est en hiver surtout que ce fait se produit, on fera légèrement chauffer les glaces, au moment de s’en servir, pour en chasser l’humidité.
Épreuves faibles, uniformes et grises.
Lorsque le temps de pose a été exagéré, l’image se développe avec une grande rapidité, mais il n’y a plus aucune opposition entre les blancs et les noirs, et l’épreuve reste
faible, maigre et uniforme; le même effet se produit lorsque le eollodion est trop bromure ou alcalin.
Lorsque le révélateur contient trop peu d’acide ou qu'il est maintenu longtemps sur la plaque, surtout après une pose trop prolongée, les blancs de l’image deviennent gris et le cliché manque de vigueur.
Épreuves dures et heurtées sans demi-teintes.
Le manque de pose ou un éclairage trop vif d’un côté du modèle, surtout si les couleurs ont un grand contraste, produisent des épreuves dures et heurtées; le manque de bromure dans le eollodion, ou un eollodion trop vieux, un bain d’argent trop faible, un révélateur contenant trop d’acide ont le même inconvénient.
Certains collodions faits avec du coton azotique préparé à une trop haute température donnent des images dures et heurtées ; dans ce cas, il n’y a d’autre remède qu’en changeant de coton pour la fabrication du eollodion.
Précautions à prendre dans la manipulation des substances chimiques dont on se sert en photographie. — Observations générales pour prévenir les accidents qui peuvent se présenter dans le cours des opérations.
En photographie, les plus grandes précautions doivent être prises pour l'emploi des différentes substances chimiques dont on fait usage ; les unes sont éminemment combustibles et explosibles, les autres sont des poisons violents contre lesquels on ne peut trop se tenir en garde.
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La combinaison des acides et du nitrate de potasse pour la fabrication du coton-poudre laisse échapper des vapeurs rousses très-délétères; aussi faut-il avoir le soin de placer le vase dans lequel on opère sous le manteau d’une cheminée tirant bien.
Lorsque le coton azotique est sec, évitez de l’approcher du feu, car il est explosible à une température de 130 degrés Réaumur, tandis que la poudre ordinaire ne prend feu qu’à 150 degrés. Le coton-poudre, maintenu longtemps et comprimé dans des flacons ou des boîtes qui en contiennent une certaine quantité, peut faire explosion spontanément; il est donc prudent de le renfermer, sans être pressé, dans des boîtes en carton percées de petits trous de distance en distance, et de le conserver dans un endroit sec et à une température moyenne.
Lorsqu’on se sert d’éther et d’alcool, comme ces matières sont très-inflammables, il faut avoir soin de se tenir éloigné de la lumière ou du feu. Cette précaution ne fait même pas disparaître tout danger, car l’inflammation peut avoir lieu à une certaine distance, à raison des vapeurs qui se dégagent et qui peuvent prendre feu.
Le cyanure de potassium, que l’on emploie pour fixer les épreuves et pour enlever les taches de nitrate d’argent qui noircissent les mains, est un des poisons les plus violents, non-seulement par absorption lorsqu’il est en dissolution, mais encore à raison des vapeurs d’acide cyanhydrique qui se dégagent de cette substance. On doit donc éviter autant que possible de respirer ces vapeurs : pour cela, il faut se servir d’unè solution très-faible , et encore dans une pièce bien aérée ; on évitera avec le plus grand soin de se nettoyer les mains avec ce toxique, si elles étaient gercées ou coupées en quelque endroit, car il pourrait résulter de graves accidents, la mort même, par suite de son absorption.
Une dissolution d’iode dans l’alcool enlève parfaitement
les taches de nitrate d’argent sans danger pour la santé ; l’iodure d’ammonium rempli le même but, mais il faut terminer par un lavage abondant dans un bain concentré d’hyposulfite de soude.
Evitez donc autant que possible de vous noircir les mains avec le nitrate d’argent, afin d’avoir à employer le moins possible le cyanure de potassium ; on y arrive en se servant de doigtiers en caoutchouc.
L’antidote le plus efficace à employer en cas d’empoisonnement, et celui qui se trouve toujours sous la main des opérateurs, est le proto-sulfate de fer non acidulé; on devra l’appliquer immédiatement, car les effets de ce poison sont très-rapides : l’eau de javelle est également un bon antidote du cyanure de potassium.
Précautions.
1. — Ayez toujours soin de boucher les flacons contenant les liqueurs en usage, afin d’éviter la poussière et l’évaporation ; ne découvrez les bains d’argent que pendant l’introduction de la plaque.
Employez de préférence les cuvettes en verre ou en porcelaine pour les bains négatifs.
2. — Lavez-vous les mains dans l’eau pure, après avoir développé chaque épreuve, sans quoi la suivante pourra être tachée, et peut-être le bain détérioré.
3. — Le châssis qui reçoit les glaces au sortir du bain d’argent doit être séché et essuyé après chaque épreuve, si l’on veut éviter les taches aux coins des plaques suivantes.
4. — Lavez souvent les bouteilles contenant la solution révélatrice et les cuvettes à bains d’argent.
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5. — Evitez de vous servir de savon pour vous laver les mains pendant les opérations, et assurez-vous que les serviettes qui servent à vous essuyer ne contiennent aucune substance et ne servent à aucun usage capable de produire une décomposition dans les bains en s’attachant aux mains.
6. — Enlevez avec soin les pellicules de collodion qui se forment au goulot des flacons en usage.
7 . — Observez la plus scrupuleuse propreté dans la manipulation de tous les produits en usage pour la photographie; que chaque flacon soit étiqueté avec soin, afin d’éviter la confusion dans le laboratoire.
8. — Décantez chaque soir, dans de petits flacons, une quantité suffisante de collodion pour l’usage du lendemain ; si le collodion était trop épais, additionnez-le d’éther et d’alcool avant de le décanter : il aura ainsi le temps de se reposer.
9. — Evitez avec soin de remuer le collodion ou le vernis. Le collodion, lorsqu’il a été troublé , demande plusieurs heures de repos avant de pouvoir donner de bons résultats, car les corpuscules qu’il peut tenir en suspension et les bulles d’air produisent toujours des taches, soit opaques, soit transparentes.
10. — Maintenez avec soin les bains d’argent, les solutions révélatrices, et les collodions à une température m'oyenne.
11. — Faites sécher la moiteur des glaces en hiver, et rafraîchissez-les en été.
12. — Evitez les émanations sulfureuses et ammoniacales dans la partie du laboratoire où se trouve le bain d’argent, et où s’opère le développement des épreuves.
13. — Lavez avec le plus grand soin les épreuves, après leur avoir fait subir l’action des divers réactifs chimiques, et surtout après le fixage à l’hyposulfite, si vous voulez éviter
la cristallisation de ce sel, qui les détruirait infailliblement si elles n’en étaient pas parfaitement débarrassées.
14. — Filtrer chaque solution avant et après son emploi est un moyen facile d’éviter beaucoup de mécomptes.
15. — Le papier bleu de tournesol sera enfermé continuellement dans une boîte à l’abri de la lumière et de l’air, de crainte que l’acide carbonique -contenu dans l’atmosphère n’occasionne sa coloration en rouge; si cette coloration avait lieu, on pourrait le ramener à la couleur primitive bleue en le plongeant dans 120 grammes d’eau additionnée d’une goutte d’une solution de potasse caustique. On choisira de préférence le papier de tournesol non glacé, parce qu’il est plus sensible.
16. — Le collodion doit être sensibilisé par petite quantité, car il perd rapidement ses qualités.
17. — Avoir toujours plusieurs bains d’argent préparés d’avance pour parer aux accidents qui arrivent fréquemment.
18. — Ajouter quelques gouttes d’acide azotique chimiquement pur aux bains d’argent, qui donnent des images trop intenses et trop dures.
19. — Les clichés précieux devront être conservés par paquets de douze ou quinze au plus appliqués l’un sur l’autre, avec une feuille de papier buvard entre chaque glace, pour absorber l’humidité qui pourrait les détériorer.
20. — Pour faire des reproductions, on doit toujours placer la chambre noire horizontalement et parallèlement avec l’objet à reproduire.