‹ La photographie en Amerique (volume 2)Chapitre 20 sur 131 · CHAPITRE Xll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xll

Nouveau procédé pour obtenir des négatifs agrandis d’après des petits clichés, supprimant toute retouche. — Obtention du Positif par transparence sur verre opale, préparation du collodion chlorure d’argent. — Disposition de l’appareil pour agrandir les clichés. — Manipulations et observations, multiplications des négatifs au moyen d’une épreuve positive par transparence.

Tous ceux qui font de la photographie savent combien la question d’optique laisse à désirer lorsqu’il s’agit de faire des portraits dépassant le format de la carte ou de la cartealbum. La longueur du foyer qui nécessite un temps de pose extrêmement long, surtout en hiver, permet rarement d’obtenir de grands portraits directs possédant la netteté et la finesse de ceux dont la dimension ne dépasse pas le format carte de visite.

D’autre part, les agrandissements par la chambre solaire qui ont rendu de très-grands services sont bien souvent insuffisants, et dans tous les cas extrêmement dispendieux, par suite de la retouche sans laquelle ils sont inacceptables.

Voulant tourner la difficulté, des essais ont été tentés pour obtenir des clichés agrandis d’après de petits négatifs , au moyen de positifs sur transparence faits sur collodion humide ; malheureusement ces résultats n’ont pas répondu aux espérances, car les épreuves positives résultant de pareils clichés étaient toujours plates et grises dans les noirs, manquant de finesse, de profondeur et de relief, et ne devenaient acceptables qu’à force de retouches toujours très-coûteuses.

En présence de pareilles difficultés et des exigences toujours croissantes d’un public qui devient de plus en plus difficile à contenter, nous nous sommes mis à l’œuvre pour trouver ma procédé coaaaplcl «l’agraiadisseiiients par clichés ne nécessitant plais aucune retouche, ni sur le négatif, ni sur l’épreuve positive qui en résulte, et produisant néoBiEiioins des portraits irréprochables aussi bien comme photographie qaie comme fini artistique.

Ayant complètement réussi dans nos expériences, nous allons décrire ce procédé dans tous ses détails.

Ce procédé, comme on pourra s’en convaincre, est d’une grande facilité d’exécution; il demande seulement des soins et de la propreté pendant les opérations. La partie essentielle est l’obtention du positif par transparence, d’où dépend en grande partie la beauté des épreuves définitives; aussi devra-t-on apporter tous ses soins à sa bonne exécution.

Épreuve positive par transparence.

Le moyen que nous employons pour donner aux clichés agrandis la douceur et le moelleux que n’ont pas d’habitude les agrandissements faits par une autre méthode , à moins d’employer la retouche très-longue et très-dispendieuse sur de grandes surfaces, est l’interposition d’une couche opaline entre la lumière extérieure et l’image positive destinée à être agrandie.

Tous ceux qui ont fait des épreuves imprimées sur verre opale ont pu remarquer combien elles sont plus douces et plus harmonieuses, vues par transparence, que celles obtenues sur glaces ordinaires, même lorsqu’on les applique derrière un verre dépoli. C’est cette observation qui nous a amené à employer le verre opale comme support pour l’obtention des positifs destinés aux agrandissements.

Plusieurs essais nous ont prouvé l’excellence du principe, mais nous ont en même temps démontré les défauts des verres opalins qu’on trouve dans le commerce, défauts qui rendent impossible leur emploi pour ce genre de travail si on ne leur fait subir la transformation que nous avons indiquée au fabricant (1).

Le verre opale du commerce, dont on se sert pour le tirage ordinaire des épreuves positives devant être vues par réflexion, est dépoli sur le coté opalin, tandis que le côté opposé, bien que poli, est rempli d’aspérités que l’on peut remarquer en le regardant au jour frisant; ces aspérités, presque imperceptibles , traversent néanmoins la couche opaline et se traduisent en taches noires vagues et moutonneuses, mais d’autant plus grandes que le cliché agrandi est plus développé.

Le dépoli du verre sur lequel se fait la préparation produit également un grenu fâcheux qui gâte la finesse de l’image et enlève aux noirs le velouté et la profondeur qu’on obtient généralement lorsqu’on opère d’après nature.

Pour obvier à ces inconvénients, nous avons fait fabriquer du verre opale repoli du côté opalin, et finement douci du côté opposé; par ce moyen, les aspérités du verre disparaissent pour faire place à un verre dépoli qui tamise la lumière avant qu’elle n’arrive sur la couche opaline, transformée ellemême en une surface polie comme une glace, sur laquelle se fait la préparation que nous allons décrire pour obtenir l’image destinée à être agrandie.

On devra rejeter toutes les glaces dont la planimétrie ne serait pas parfaite, ou qui présenteraient des défauts de nuances visibles par transparence.

(1) La maison Demaria, k Paris, fabrique d’après nos indications des verres opales spécialement destinés aux agrandissements d’après notre système.

Préparation du collodion chlorure d’argent.

On prépare séparément les solutions suivantes :

S Ether sulfurique .. 200 c. c.

Alcool à 40 degrés 100 c. c.

Coton azotique 5 grammes.

Après un repos de quelques jours, on décante la partie claire.

| Alcool à 36 degrés 25 c. c.

' | Chlorure de magnésium o g. 75

Le chlorure de magnésium est mis dans un mortier en verre et broyé finement pour faciliter la dissolution qui sera ensuite filtrée.

L Alcool à 40 degrés 20 c. c.

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