TIRAGE DES ÉPREUVES EN VIGNETTES
visite, on ménagerait au carton servant à dégrader une ouverture par chaque portrait, et cela de façon à les faire concorder avec la position des images ; on l’appliquerait ainsi qu’il est dit plus haut et on aurait sans peine quatre ou huit épreuves à la fois.
Le tirage, par ce moyen, sera nécessairement un peu plus
long que par l’exposition des clichés à découvert, mais on produira des effets charmants ; les épreuves tirées ainsi ont surtout le mérite d’une grande douceur et d’une harmonie parfaite dans les tons.
Les clichés un peu faibles sont préférables pour la réussite de ces dessins, qui acquièrent surtout une grande finesse sur papier albuminé.
Les dégradés fonds noirs s’obtiennent très-facilement sur le cliché même, qu’il suffit alors de tirer comme les négatifs en fonds pleins. Pour cela, il suffit de placer un carton blanc percé d’un ovale de 3 à 4 centimètres à une petite distance en avant de la glace sensible pendant la pose du modèle ; ce diaphragme est fixé dans la chambre noire pendant l’opération.
Pour obtenir un effet semblable avec l’appareil solaire, on doit faire d’abord un cliché portant une épreuve d’un dégradé opaque. On arrive à ce résultat au moyen d’un écran tournant (fig. 45) interposé entre l’objectif et le modèle, en l’éloignant
ou en le rapprochant, selon les dimensions qu’on veut donner au dégradé. Cet écran est monté sur un pied à vis qui permet de l’élever et de l’abaisser de manière à placer le modèle au centre de l’ouverture dentelée. Au moment où on découvre l’objectif pour commencer l’opération, on fait tourner l’écran autour du cercle extérieur qui est garni de huit petits rouleaux, et on maintient le mouvement circulaire pendant tout le temps de la pose. Le négatif, par ce procédé, étant dégradé, donnera des positives également dégradées, quel que soit le mode de tirage.
On obtiendra, avec cet appareil, des dégradés essentiellement artistiques directement sur le cliché si, en employant un fond blanc, on place derrière le modèle, à la hauteur des épaules, une sorte d’écran en éventail dont les teintes, foncées vers le centre, s’éclaircissent graduéllement sur les bords pour se confondre avec le fond blanc (1).
Tirage des épreuves en médaillons.
Depuis quelque temps, la vogue s’attache aux portraitsmédaillons éclairés à la Rembrandt, avec les bords teintés par une double impression.
Nous avons indiqué, page 32, comment on peut produire ce genre d’éclairage; il nous reste à faire connaître le meilleur moyen d’imprimer les clichés obtenus ainsi.
Faites d’abord un certain nombre de caches en papier noir ayant au centre une ouverture ovale, ou coins ronds. Ces caches, de toutes dimensions, se découpent avec la plus grande facilité, au moyen d’un instrument très-simple, connu en Amérique sous le nom de Ifcobiiison’s trimiiicr,
(1) Si le cliché n’était pas tout d’abord dégradé et qu’on voulût néanmoins obtenir une épreuve agrandie avec des tons fondus, on pourrait appliquer sur le négatif un verre dégradé d’une dimension convenable, pour atteindre ce résultat. *
TIRAGE DES ÉPREUVES EN MÉDAILLONS 31b
et des jffletallic Guides du même fabricant ; ce petit instrument, représenté figure 46, peut servir également pour couper les épreuves photographiques et remplace avantageusement les pointes à couper et les ciseaux.
Lorsque vous voulez imprimer un portrait en médaillon, fixez un de ces caches sur le cliché, du côté du vernis, en mouillant légèrement le bord supérieur avec un peu de gomme arabique, mettez le papier albuminé par dessus, fermez le châssis et exposez absolument comme un cliché à fond plein; l’image s’imprimera dans toute la partie non recouverte par le papier noir, laissant le tour du portrait parfaitement blanc.
Fig. 46. — Robinson’s trimmer.
Pour teinter ce tour extérieur qui forme alors encadrement, on colle sur des morceaux de glace la partie intérieure du cache en papier noir, qui a été enlevé comme nous venons de le dire; on applique cette glace sur l’épreuve imprimée, de façon que l’image soit exactement couverte par le papier noir, afin de la préserver de la lumière; on place dessous un
morceau de verre quelconque et on expose pendant quelques secondes, qui suffisent généralement pour donner une teinte café au lait plus ou moins foncée qui convient le mieux pour faire valoir le fond en s’harmonisant avec lui.
Quelques praticiens impriment leur nom qui se détache en blanc sur cette teinte faite par une double impression. Voici comment on procède :
Sur une feuille de papier noir mesurant au moins 44 X 56 centimètres, collée sur bristol fort et satinée, faites calligraphier avec de la gouache blanche le nom, le chiffre ou toute autre chose que vous voulez imprimer. On doit calculer la dimension et la position des lettres, etc., etc., en raison de la réduction proportionnelle qui existe entre la feuille sur laquelle on opère et la glace qui doit servir à l’impression.
Faites alors des clichés de la grandeur carte ou cartealbum, en exposant très-peu de temps, pour que la glace conserve toute sa transparence partout, à l’exception des caractères blancs; vernissez puis collez sur le côté du vernis, après qu’il est sec, la partie intérieure du cache en papier noir, ainsi qu’il a été indiqué plus haut ; cette glace appliquée sur l’image laissera pénétrer la lumière qui forme la double teinte autour du portrait, tout en préservant le titre, qui restera blanc.
Tirage sur papier albuminé imitant les images sur porcelaine.
Une nouvelle méthode très-ingénieuse indiquée par M. H. Jacoby, de Mineapolis, permet d’obtenir avec beaucoup de facilité des portraits d’une douceur admirable sur du papier albuminé ordinaire. Ces portraits, qui ont une grande ressemblance comme exécution avec ceux produits par M. Denier de Russie, que presque tous les photographes ont ad-