‹ La photographie en Amerique (volume 2)Chapitre 39 sur 131 · FONDS CHIMIQUES ARTIFICIELS · texte numérisé non relu

FONDS CHIMIQUES ARTIFICIELS

mirés, s’obtiennent avec des clichés sans retouche ou à peine retouchés, au moyen d’un châssis spécial dont nous donnons plus loin la description et la figure.

Ce châssis, qui a quelque analogie avec celui qu’on emploie pour le tirage des verres opales dont nous avons parlé page 211, est construit de telle sorte que le cliché et le papier sensible sont maintenus d’une façon parfaitement rigide, l’un sous la glace, l’autre sur le coussin qui forme pression.

Lorsque ce châssis est fermé, le papier sensible se trouve en contact parfait avec le cliché, l’image est imprimée aux

deux tiers de sa valeur; alors, au moyen d’un ressort adapté à l’intérieur on éloigne le papier du négatif d’environ deux à trois millimètres , et l’impression est continuée jusqu’à ce que l’image ait atteint la vigueur nécessaire ; on vire et on fixe comme pour les épreuves ordinaires.

Le résultat obtenu n’est peut-être pas aussi net dans les contours que celui auquel on est habitué par le tirage ordinaire ; mais l’ensemble est beaucoup plus doux, plus transparent et plus moelleux, c’est pourquoi les portraits faits par ce procédé charment l’œil comme un beau dessin à l’estompe.

Fonds chimiques artificiels.

Fig. 47. — Châssis spécial à ressort intérieur.

Dans bien des circonstances, le photographe de profession se trouve dans l’obligation de changer le fond d’un* portrait et de substituer à celui qui existait, très-souvent défec-

tueux, un autre fond plus en harmonie avec l'image ,* ou plus régulier d’aspect.

Les reproductions de vieux daguerréotypes, de photographies tachées nécessitent très-souvent ces changements. Voici comment on procède :

Le cliché est mis dans un châssis avec un morceau de papier sensible et l’image imprimée à moitié de sa valeur. Cette épreuve est alors retirée et portée dans l’atelier, où elle est placée sur une glace ; avec la pointe d’un canif bien acéré on découpe avec soin la silhouette du portrait dans tous ses contours, et la partie extérieure de cette silhouette est fixée au cliché du côté du vernis avec une goutte de gomme arabique à chaque coin, de façon'à masquer complètement le fond pendant l’opération qui doit suivre; une seconde feuille de papier est alors placée sous ce négatif et l’image imprimée comme à l’ordinaire, le portrait viendra seul et le fond restera blanc.

Si c’est un buste que l’on veuille tirer en dégradé, on aura soin de se servir d’un verre à dégrader ou des cartons dont nous avons parlé au chapitre des vignettes, afin que la tête et les épaules seules soient imprimées en se fondant dans les parties inférieures ; lorsque le portrait a atteint la vigueur voulue, on rentre le châssis duquel on retire le cliché; l’image est mise de nouveau dans le châssis-presse, le côté imprimé contre la glace; on masque cette image avec de la ouate pour arrêter l’action de la lumière ; les cartons à dégrader sont placés de nouveau sur la glace du châssis, on garnit le tour de l’ovale avec du coton cardé pour fondre graduellement la nuance autour du portrait, et on expose de nouveau pendant quelques instants, afin de teinter légèrement les contours de l’image.

Si, au contraire, on veut avoir un fond plein uni, lorsque le portrait est imprimé à sa valeur et le cliché retiré comme il a été dit précédemment, on le place dans le châssis, en

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